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Une meilleure organisation des filières pour continuer d'installer", tel était le thème essentiel de l'assemblée générale des Jeunes Agriculteurs la semaine passée à St Allouestre. Pour cela, ils ont pris l'exemple de la filière laitière. En précisant cependant que "certaines des idées ont peut-être besoin d'être approfondies, davantage simulées mais elles ont l'avantage d'exister et d'avoir été proposées. Car sans idées nouvelles, sans remises en cause du système, c'est la fin de la profession".
Il y a bien longtemps que l'on parle de restructuration de la filière laitière. Pour la production, elle est largement entamée. Pour la transformation, c'est moins vrai. Ce n'est pourtant pas seulement des regroupements d'entreprises que les Jeunes préconisent mais une véritable remise en cause de l'organisation de la collecte et de la commercialisation des produits.
Une collecte gérée par les producteurs
Le premier volet des propositions concerne la collecte du lait qui ne serait plus sous la responsabilité des entreprises laitières, mais gérée par une interprofession, ou pourquoi pas même organisée par les seuls producteurs. Les entreprises continueraient bien sûr à assurer la collecte elle-même, mais il y aurait des gains au niveau de la logistique puisque dans un rayon donné, il n'y aurait plus qu'un seul camion à passer. Chaque producteur n'aurait donc plus aucun choix de son entreprise et réciproquement.
Les volumes et les prix (fonctions du mix produit ?) seraient contractualisés entre l'organisation interprofessionnelle et les entreprises, avec une caisse de péréquation qui permettrait de payer le lait au même prix pour tous les producteurs. C'est cette interprofession qui établirait les feuilles de paye des producteurs et qui facturerait aux entreprises.
Cette organisation de la collecte aurait pour tous les producteurs l'avantage de l'équité du prix (et donc de leur maintien sur tout le territoire) et pour les entreprises, en plus du gain logistique, de ne plus avoir de laits flottants et d'avoir par contre une sécurité d'approvisionnement et d'adaptation des volumes.
Des plates-formes communes de vente
Pour le volet concernant les entreprises de transformation, au-delà des restructurations nécessaires, les Jeunes préconisent tout d'abord une mise en commun des outils de production pour les produits industriels ou même la création d'un outil commun qui permette de dégager des volumes pour éviter de perturber les autres marchés.
Pour les produits de grande consommation de marques et AOC, les entreprises commercialiseraient comme actuellement. Par contre, pour les produits de grande consommation "basiques" (sans marques ou marques distributeurs), il y aurait une plate-forme de vente commune par produit (avec transfert de propriété), ce qui permettrait de rétablir un rapport de force avec la grande distribution et d'avoir plus de poids à l'exportation. Cette plate-forme commune serait chargée de répondre aux appels d'offre et de trouver de nouveaux marchés.
Ces propositions sont parfois qualifiées d'utopistes, reconnaissent les Jeunes Agriculteurs eux-mêmes. Mais pas par les jeunes qui participaient à l'assemblée générale et qui ont approuvé par un vote unanime. Il reste maintenant à convaincre les autres partenaires.
Jean Louis Le Rest
Paroles de Gaël Grosmaire (JA national)
- "Il est simple et facile de dire que tout va mal, mais ça ne fait pas avancer et à dire qu'il n'y a plus d'avenir, plus personne ne va vouloir s'installer. C'est en valorisant le métier que l'on fera venir les jeunes".
- "Les jeunes s'installent pour un revenu et l'on peut en récupérer en travaillant sur nos filières. On ne veut pas tout foutre en l'air mais les réorganiser".
- "Pour les DPU, le Ministre a affirmé que tout cédant qui ne les redonnera pas sera convoqué par la DDA et éventuellement par la CDOA. Il ne pourra jamais les revendre et ils seront perdus. Et toute personne qui gardera des DPU aura un contrôle de conditionnalité. Il faut arrêter les spéculations".
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