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Chez quatre jeunes installés sur cinq, le lait est présent. Les Jeunes Agriculteurs dans le rapport d'orientation qu'ils présenteront le 9 mars s'interrogent sur cette diversité réduite. Un exemple : seulement cinq installations spécialisées ont été réalisées en viande bovine. Pourquoi ? La reprise est lourde financièrement, la rotation lente, il n'y a pas de volonté sur le terrain pour aider la production, le nombre de primes vaches allaitantes est figé, les aides bovines pourraient baisser à l'avenir, les importations pointent… Il y a pourtant des solutions avec un prêt JA plus conséquent avec un taux moindre, une dotation JA majorée, la mise en place d'une liste d'exploitations à reprendre, une meilleure valorisation des animaux (vente directe)… C'est une question de volonté.
Si la vocation première de l’agriculture est de nourrir les hommes, il n’est pas question de laisser passer les autres opportunités comme celle de fournir de l’énergie. "Le marché ne doit pas nous échapper. C’est aussi une façon de diversifier les productions", estiment les JA.
Au niveau de l’exploitation, les JA mettent aussi en avant le collectif comme le travail dans les groupes (Geda…) pour « être à l’affût » ou au niveau du matériel pour réduire les coûts. Quant aux sociétés, leur intérêt réside surtout dans le côté humain qu’elles permettent. Mais un point ne passe pas chez les jeunes : « Nous subissons un handicap administratif, notamment au regard de l’environnement ». Une commission nationale des JA l’a clairement mis en évidence lors d’une visite dans le département. « Il faut faire plus simple en s’appuyant sur l’agronomie », souligne Frédéric Chevalier, le nouveau président des JA. D’où une proposition : revoir les cantons en zone d’excédents structurels pour tenir compte de la baisse des effectifs bovins et des nouvelles pratiques alimentaires en porc et volaille (biphase…).
Les JA réaffirment aussi leur volonté d’occuper leur place dans les interprofessions. "Il faut pouvoir dialoguer avec l’aval pour sortir par le haut et assurer notre revenu. Cela suppose d’avoir l’œil sur les marchés, de s’organiser pour ne pas subir".
Dialogue
Le dialogue reste aussi à l’ordre du jour dans les rapports avec la FDSEA. Un chantier va s’ouvrir avec la révision du PAD (projet agricole départemental). Bien entendu l’installation doit être confortée car un déficit de candidats est probable dans les années à venir alors que plusieurs exploitants arrivent à l’âge de la retraite. "Il y aura des candidats hors milieu agricole s’ils trouvent un revenu et des conditions de travail acceptables". D’où la notion de revenu souhaitable par UTH comme base de réflexion pour la détermination de la grille du PAD. "Bien entendu, elle résultera d’un équilibre à trouver entre installation et taille suffisante", souligne Thierry Moreau, le secrétaire général.
Le syndicalisme jeune compte aussi sur les collectivités locales pour favoriser l'installation. Il pense à l'établissement de fermes relais, d'achat de sièges d'exploitation, d'une politique foncière notamment autour des agglomérations pour avoir de la lisibilité. Les locations précaires, la perte de surface (avec les DPU correspondants) sont autant de handicaps.
Comme à leur habitude, les JA font et feront des propositions même si parfois elles peuvent déranger ou paraître utopiques. Elles n’excluent pas le bon sens. "Il nous faut un peu d’air, pour changer d’ère". C'est le titre de leur rapport d'activité.
Paul Chauvin
Assemblée générale le 9 mars à 13h30
Les Jeunes Agriculteurs ont invité à leur assemblée générale à la Maison des agriculteurs Jean-Louis Tourenne, le président du Conseil général. Ils lui demanderont quelle est sa vision de l'agriculture départementale, de la relation ville-campagne. Ils l'interrogeront sur la disparition régulière –et trop importante à leurs yeux - de surface agricole. Mais aussi ce que peuvent faire les collectivités locales pour favoriser l'installation, par exemple en périphérie de ville.
Ils recevront aussi Yves Chenedé (Adasea) pour faire le point sur l'installation et Guillaume Prével (Cogédis) qui donnera son avis sur l'efficacité des exploitations avec les limites en termes de volume de production. Le Vendéen Emmanuel Lachaise, membre des JA au niveau national fera une synthèse de l'actualité syndicale et réagira sur les propositions.
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