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Faire adhérer l'ensemble des livreurs de lait de l'ex-laiterie Nazart à un projet coopératif. "Cela n'allait pas de soi, nous avons eu des difficultés à regrouper tout le monde. Mais nous n'avions pas le choix, explique Michel Bouvet. Notre objectif a toujours été de s'en sortir tous ensemble pour éviter que seuls quelques-uns trouvent une solution individuelle". La Blanche Hermine collecte depuis le début janvier et la première "paye de lait" s'est faite sur un prix "normal". Le travail d'aujourd'hui est de trouver une meilleure valorisation. "Il nous faut continuer d'avancer et collectivement".
Obligation de traiter le lisier ou de réduire les effectifs et pas de solution technique et économique qui vaille pour un éleveur individuel. Deux groupes sur Vitré-Argentré et Châteaugiron-Janzé ont lancé un projet de compostage de lisier et déchets verts. Un échec puisque les autorisations n'ont pu être obtenues. "On aurait pu tout abandonner, mais le groupe a permis de rebondir et de lancer un plan d'épandage collectif ", précise Marc Touchais. Le dossier du GIE Terre-Eau est en bonne voie. Bonne surprise, le projet a été accueilli positivement par les agriculteurs susceptibles de recevoir du lisier.
La force d'un groupe
De fortes variations des volumes et des prix constituent le lot quotidien des légumiers malouins. "Nous avons besoin de solutions collectives. Terres de Saint-Malo y répond puisque la quasi-totalité des producteurs s'y retrouve", explique Anne-Marie L'Aminot la directrice. Un outil de gestion du marché permet une offre concentrée de la production, de mutualiser, d'orienter la production vers les différents débouchés (frais, transformation).
Faire partie d'un groupe lait, ça apporte quoi ? De se retrouver au-dessus de la moyenne. En mettant en commun chiffres et expériences, on améliore sa compétence et l'on avance plus vite. Telle est l'expérience vécue depuis cinq ans par un groupe lait du Geda de Vitré.
Autre engagement collectif, le remplacement. Une association locale permet de faire bénéficier tous les agriculteurs d'un emploi partagé. Le planning relève des responsables bénévoles locaux, "cela profite à tout le monde", analyse Dominique Trubert. La création d'une fédération départementale a permis de résoudre les questions administratives et de proposer des salariés compétents dans les différentes productions.
Un comice agricole n'intéresse pas les citadins. À Châteaugiron, on en a fait l'expérience. D'où l'idée d'ouvrir la manifestation aux associations locales, le comice est devenu les Terriales et le public est venu. Un exemple de rapprochement. En contrepartie, les concours d'animaux et de labour ne sont là que dans un but pédagogique.
Commentaires de Jean-Luc Fossé : "Avec ces témoignages, on mesure bien que le collectif répond aujourd'hui à des problématiques nouvelles". Et d'ajouter : "C'est dans la difficulté que l'on progresse".
Paul Chauvin
Ils ont dit à l'assemblée de la FDSEA
Joseph Ménard (FDSEA) : La FDSEA doit proposer, agir, faire évoluer. Les restructurations sont difficiles, la Blanche Hermine est là pour le rappeler. Les producteurs sont les moins protégés. On le voit également avec la grippe aviaire, ils subissent des vides sanitaires et l'Europe fait la sourde oreille. Quelles solutions si les marchés se ferment ?
Frédéric Chevalier (JA) : J'ai envie de connaître les règles du jeu avant la fin du match. Il faut retrouver du bon sens dans toute la réglementation.
Michel David (Chambre d'agriculture) : Un travail en profondeur a été fait pour proposer des solutions aux agriculteurs pour les accompagner dans la mutation de l'agriculture. (Michel David a aussi annoncé qu'il s'adressait pour la dernière fois à l'assemblée de la FDSEA en qualité de président de la Chambre d'agriculture).
Dominique Barrau (secrétaire général FNSEA) : Dites-nous ce que vous attendez de la FNSEA. Cela nous permettra d'écrire les axes de la campagne des élections aux Chambres d'agriculture de début 2007. N'oubliez pas que notre représentativité se gagnera sur le terrain.
Jean-Michel Lemétayer (FNSEA) : La grippe aviaire nous plonge dans une situation très grave malgré notre politique sanitaire rigoureuse. Nous sommes des victimes : les stocks maximums et la baisse des exportations vont rallonger les vides sanitaires. Nous négocions des aides avec le gouvernement, mais l'Europe libérale ne nous plait pas quand elle annonce qu'il est trop tôt pour faire jouer la solidarité. N'oublions pas que nous devons tout faire pour garder la confiance des consommateurs. Bonne nouvelle avec le budget de l'Union européenne acté jusqu'en 2013. Mais cela n'empêche pas d'anticiper. En revanche, les négociations à l'Organisation mondiale du commerce se traduisent par un accord déséquilibré avec les autres pays : l'arrêt des subventions en 2013 et surtout les importations sont source d'inquiétude.
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