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Le niveau de DPU (droits à paiement unique) est propre à chaque exploitation, les raisonnements pour gérer seront différents. D'autre part, plus les aides sont découplées, plus il est facile d'agir". Laurent Hirtzmann commence ainsi son intervention devant les adhérents du Cergiv lors d'une réunion locale à Montgermont pour répondre à la question : Comment gérer avec la réforme de la PAC ?
L'analyse est faite à partir du point d'équilibre propre à chaque exploitation. Si le prix perçu est inférieur, la situation de l'exploitation se dégrade. Ainsi en lait, il était en moyenne de 318 euros/1000 litres en 2003-2004. Une baisse de 10 % du prix est globalement compensée par l'aide laitière. Comment réagir sachant que l'aide est maintenant découplée, que sa pérennité au-delà de 2013 n'est pas assurée et qu'elle est soumise à la modulation et à la conditionnalité ? Première solution : optimiser l'existant. Ainsi entre le quart supérieur et la moyenne, l'écart se situe à 26 euros, une part importante de la différence est à rechercher dans les charges opérationnelles.
Une autre formule est d'augmenter la capacité de production. Les chiffres indiquent qu'effectivement le point d'équilibre baisse avec l'augmentation du quota grâce à l'optimisation des outils. S'agrandir en surface doit être étudié dans chaque cas particulier pour en déterminer l'éventuel intérêt. La même démarche vaut pour le regroupement d'exploitations : en plus des questions économiques, il faut analyser les facteurs humains.
Produire reste intéressant
Modifier le point d'équilibre peut s'envisager en intensifiant (en pratique, en augmentant la part de maïs) ou en désintensifiant (plus d'herbe). Sous réserve des conditions de faisabilité, la première formule apparaît la plus efficace. Et puis, il y a la solution de percevoir l'aide laitière sans produire de lait. Sauf s'il y a d'autres activités non agricoles, la solution n'est pas économique viable : l'excédent brut d'exploitation (EBE) est largement inférieur à celui du lait et il est même au-dessous du montant des DPU en ne pratiquant que des cultures de vente. Et si l'on se contente de l'entretien des terres, il ne faut espérer qu'un EBE à peine positif. "Arrêter la production sera très rarement intéressant", souligne le conseiller.
Avec l'engraissement de bovins viande, le découplage se traduit par un nouvel équilibre entre la viande et les céréales. En examinant les données récentes, l'engraissement à partir de veaux nés reste plus intéressant qu'un blé. C'est moins évident avec des broutards achetés. Quant aux cultures, le raisonnement se fera à la culture, voire à la parcelle. Dans un certain nombre de cas, la marge brute dégagée sera inférieure aux charges de structure. Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra bien connaître le point d'équilibre pour gérer encore plus finement, car l'agriculture sera de plus en plus face au marché.
Paul Chauvin
Quelques sujets d'actualité lors des réunions locales
Nouvelle société laitière : Elle permet la mise en commun de cheptel, bâtiments, matériel, main-d'œuvre par des personnes physiques ou morales (sociétés). Avantage : elle permet de n'avoir qu'un seul troupeau et un seul tank et de conserver l'autonomie des exploitations associées. Mais elle doit obtenir l'accord du préfet et il est prévu un prélèvement sur le quota pour une dissolution avant 5 ans.
Contrôle des structures : La loi d'orientation prévoit une simplification avec l'exonération du contrôle de certaines opérations ou encore une procédure simplifiée pour les transmissions familiales.
Bail rural : Un nouveau bail fait son apparition : 18 ans, rédigé par un notaire, avec un loyer majoré, mais sa cessibilité est élargie.
Portail informatique : Il permet, entre autres, aux éleveurs de réaliser toutes les opérations liées à l'identification des animaux et aux employeurs de réaliser les fiches de paie.
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