Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
(22) Fduma : Echanges entre cuma : Des idées pour contenir les coûts
 
Lors de l’assemblée générale de la Fdcuma des Côtes d’Armor, une table ronde a rassemblé 6 responsables de Cuma qui à leur manière pratiquent avec succès l’inter-cuma.
De l’échange à la fusion
Les Cuma Plouagat et Lanrodec ont commencé par un échange, une tonne à lisier et un épandeur. « Notre cuma principalement constituée d’éleveurs laitiers disposait d’une tonne à lisier de capacité réduite (6000 litres), nos collègues de Lanrodec avec plus de production porcine avaient une plus grosse. Par contre nous disposions d’un épandeur plus récent », explique Bernard Mottais. Les adhérents et les chauffeurs des deux cuma se connaissaient. Ce qui a facilité le démarrage. Une première étape qui a ensuite permis de renforcer les échanges, jusqu’à l’achat d’un cover-crop en commun. «Chaque cuma facture à ses adhérents et nous faisons une mise au point en fin d’année pour ajuster».
Depuis 1989, 3 cuma d’Hillion partagent le même hangar-atelier. Michel Collet, le président de la cuma Hangar précise : « Le garagiste local cessait son activité. Nous avons donc décidé de nous regrouper et avons embauché le mécanicien du garage». La facturation (par une secrétaire à mi-temps) se fait à l’heure, 30 euros de l’heure + les frais de gestion (12 % du coût de la main-d’œuvre et 14 % du prix des pièces). « Le plus délicat est la gestion de la trésorerie en pleine saison. Mais nous avons l’avantage d’avoir un matériel toujours très bien entretenu».
Démarche plus insolite au nord de l’Ille-et Vilaine, où trois cuma viennent de décider de se regrouper : 60 adhérents et 4 salariés et une intercuma. Les 3 structures se connaissaient d’ailleurs au travers de cette intercuma. « La perte de quelques adhérents entraînant un certain déséquilibre pour l’une d’entre elles a poussé à envisager ce rapprochement », souligne Laurent Couapel. Rapidement la fusion s’est imposée. « Nous nous connaissions, ce qui a facilité les discussions ». Pour ne pas trop bousculer les habitudes et ne pas éloigner les adhérents du matériel, 3 pôles ont été préservés dans un premier temps. Une fusion qui s’est aussi traduite par de la revente de matériels.
Avec ou sans chauffeur
Deux autres cuma du département, Le Frémur de Pléboulle (canton de Matignon) et la Cuma de St Glen (canton de Moncontour) pratiquent l’échange de matéreils de récolte avec des cuma de Loire-Atlantique.
La Cuma du Frémur (80 adhérents et 6 salariés) visait à la fois à ne pas augmenter ses tarifs de moisson (5 MB pour 500ha) et à satisfaire au mieux ses adhérents. «Une moissonneuse et son chauffeur descendent début juillet pour une dizaine de jours sur la commune de Puceul (44). L’équipage remonte accompagné d’une machine et d’un chauffeur de la cuma avec laquelle l’échange est réalisé ». 10 ans d’échanges sans histoire. « Chacune facture ses adhérents. Ce qui conduit à très peu de transactions financières ». Le prix moyen de l’ha se situe aux environs de 95 euros. «Des coûts contenus, de la souplesse dans le planning», sont mis en avant par Jean-Charles Lebreton, l’un des responsables.
La cuma de St Glen avait également le souci de ne pas augmenter le coût de la récolte. « La seule solution : trouver du travail à l’extérieur, en décalé par rapport à la récolte sur le secteur », souligne le président Jean-François Cordon. Elle loue une machine sans chauffeur à la cuma de la Chevrolière (Sud 44). Celle-ci possédait 2 machines. Dans un premier temps, elle a revendu une machine, puis la seconde en passant un accord avec une autre cuma de son secteur. « Nous n’avons plus de machines, ce qui n’est pas forcément un objectif à atteindre, mais nous avons fait passer le prix de l’ha récolté de 150 euros il y a 2 ans à 120 euros en 2005», précise néanmoins l’un des responsables de la cuma de La Chevrolière. Les responsables de la cuma de St Glen engagent désormais la réflexion pour réaliser une opération similaire avec leur ensileuse 8 rangs.
Des expériences différentes, des exemples, pour illustrer les possibilités qui peuvent s’offrir aux cuma. Des démarches que doivent aujourd’hui intégrer les responsables car toutes les Cuma sont appelées à évoluer pour s’adapter : moins agriculteurs, la nécessité de disposer de matériels performants et toujours la recherche d’une maîtrise des coûts.

Pierre Dénès





Les Cuma en Côtes d’Armor

- 200 Cuma, 3500 adhérents
- 4 créations en 2005 (Cuma du Talbert à Pleumeur Gautier, Cuma départementale Innov 22, Cuma de la source au Gouray, Cuma du Littoral St-Cast Le Guildo
- 46 Cuma emploient 88 salariés permanents
- 5,5 millions d’euros d’investissements en 2005 : en nette progression par rapport à 2004 (3,8 millions)
- Les principaux investissements (10 tracteurs, 4 ensileuses, 24 épandeurs, 11 tonnes à lisier, 5 remorques, 3 plateaux à paille, 10 semoirs à maïs, 28 round-ballers, 12 débroussailleuses.

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 3 Mars 2006
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