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Daniel Laurent a
été sensibilisé à la mise en place de moyens de prévention dans son
exploitation suite à deux coups de foudre subis en 1993 et 1999. Installé
en 1988 à Plouider dans le Nord-Finistère, il a démarré en production
laitière puis il a investi dans deux poulaillers en 1992 et 1994,
consacrés à la production de dindes.
Départs de circuits et sélectivité
La première étape dans l’amélioration des bâtiments existants a consisté à
apporter une protection contre les coupures générales. L’installation
électrique a été revue en 1996 en séparant les départs de circuits et en
mettant en place des sélectivités. Pour Daniel Laurent, «l’objectif est
clair, il s’agit d’éviter une coupure générale dans l’exploitation quand
un problème électrique survient dans l’un des bâtiments.»
Améliorer la fiabilité des installations, c’est aussi les protéger contre
d’éventuelles surtensions. En effet, l’exploitation est située en bout de
ligne sur la hauteur, et est donc sensible à la foudre. Un violent orage
de juin 1993 avait par exemple détruit 9 cartes électroniques sur les 12
dans l’armoire électrique du premier poulailler. La ventilation s’est
arrêtée.
Avant cet épisode de foudre, l’installation élecrique était seulement
protégée par un parafoudre à éclateur. “Ce n’était pas satisfaisant pour
protéger le matériel électrique fragile,» déclare Daniel Laurent. Ce
parafoudre a été changé en 1994. La prise de terre a également été
améliorée en 1996 par la réalisation d’un forage à une profondeur de 26 m
et par un rajout de cuivre en terre sur une longueur de 150 m. «L’idéal
serait d’avoir une prise de terre en forme de patte d’oie de manière à ce
que la surtension s’écoule au plus vite en terre», explique André Paugam,
conseiller prévention de Groupama Bretagne.
Un parafoudre
à cartouches
Pour Daniel Laurent, «la protection contre la foudre est importante, on
peut avoir des dégradations importantes de matériel dans les poulaillers,
(par exemple le transmetteur téléphonique qui est un équipement primordial
mais fragile). On peut aussi avoir des pertes d’animaux»
Un nouveau parafoudre (Fusadee) a été installé. Il réagit beaucoup plus
rapidement aux problèmes de surtension.
En janvier 1999, un autre orage a touché la région mais l’installation
électrique de l’exploitation n’a pas été touchée grâce à la présence du
parafoudre à cartouches.
La visite de l’électricien
Daniel Laurent a voulu aller encore un peu plus loin dans la prévention
des risques et sur les conseils de son assureur, il a opté pour une visite
des installations électrique et de chauffage au gaz par son installateur.
«L’objectif est notamment de vérifier l’état des armoires électriques»,
confie l’éleveur. En effet, un serrage insuffisant des connections est
l’une des causes essentielles d’incendies dûs à l’électricité. Un mauvais
serrage crée un échauffement, la borne noircit et le feu peut se
communiquer à l’ensemble du bâtiment.
«Pour remédier à ce défaut, il existe deux solutions,» explique le
Conseiller de Prévention. On peut vérifier tous les serrages à l’aide d’un
tournevis. C’est une solution simple mais qui demande du temps.
S’il est équipé d’un matéreil spécifique, l’électricien peut utiliser le
procédé de la thermographie. Avec sa caméra infrarouge, il balaye la
surface de l’armoire et peut ainsi détecter d’éventuels échauffements.
La visite de l’électricien permettra également de vérifier l’état des
prises de terre, le bon fonctionnement des différentiels et le bon
fonctionnement des différentes sécurités (alarme...).
Durant sa visite, il contrôle également les installations gaz. Il s’agit
pour lui de vérifier l’étanchéité des circuits et les autres points
faibles dans l’état du matériel. En fonction de ce qu’il observe, il peut
apporter des conseils sur l’entretien général et sur le changement de
pièces défectueuses (tuyau, filtre de radiant...).
Un oeil extérieur
«Le professionnel a l’oeil et détecte très vite les anomalies alors que
l’éleveur qui passe plusieurs fois par jour dans son poulailler s’habitue
à l’état de son matériel et n’a plus le regard critique nécessaire»,
souligne André Paugam.
85 % des sinistres incendie dans l’aviculture surviennent la veille ou le
jour d’arrivée des poussins dans le bâtiment. Par une bonne prévention, on
peut déjà réduire notablement les risques. Dans cette démarche de
prévention, les efforts d’amélioration des bâtiments constituent un
premier axe d’intervention. Mais l’élément central est la sensibilisation
de l’éleveur qui est présent tous les jours dans son bâtiment. «Je profite
de la période de vide sanitaire pour effectuer les vérifications, réparer
ou modifier le matériel si nécessaire», déclare Daniel Laurent.
La visite de l’électricien a été faite en janvier 2000. Elle a demandé une
demi-journée de travail pour le professionnel. Prévue tous les 3 ans, elle
devrait être à nouveau refaite en 2003.
Economie et prévention des risques
La pose d’un parafoudre à cartouches et la visite de l’électricien se sont
traduites pour Daniel Laurent par une réduction de cotisations de 10 %/an
(5 + 5), soit l’équivalent de 2 600 F.
La visite de l’électricien a coûté environ 1 000 F. Si on répartit cette
charge sur trois ans et qu’on la compare à la réduction de cotisation
annuelle de 5 % (1 300 F dans le cas présent). L’économie réalisée est de
l’ordre de 1 000 F par an. Au delà de l’aspect financier, c’est surtout le
sentiment de réduire les risques en ayant des installations aux normes et
une bonne protection contre la foudre qui satisfait Daniel Laurent.
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