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Après avoir été chauffeur de Cuma, Ivonig s'est installé en décembre 2003 après un tiers à Pluvigner. Une exploitation de 35 ha et 259 000 litres de quota. Son épouse Muriel, après avoir été salariée d'exploitation pendant 4 ans, s'installe avec lui quelques mois plus tard, faisant passer l'exploitation à 52 ha et 380 000 litres. Puis récemment, la reprise d'une autre exploitation fera passer la surface à 75 ha avec 416 000 litres de lait (et 700 droits d'engraissement en porc).
Muriel voit Rouge
Lorsqu'il s'est installé, Ivonig avait, logiquement, repris le troupeau d'une trentaine de Prim'Holstein du cédant. Mais, Muriel préférait la Pie Rouge et à son installation elle va l'imposer : "J'avais plutôt la passion de la Pie Rouge car je préférais avoir une race plus mixte, avec plus de conformation et Ivonig a cédé à mon "caprice".
Pour réaliser le quota, ils achètent une quinzaine de vaches en lactation chez deux éleveurs du Morbihan : "Des vaches et non pas des génisses car on avait besoin d'avoir du lait tout de suite et cela nous permettait de connaître le niveau de production et de voir la qualité de la mamelle. Nous recherchions des vaches typées, avec du coffre, une bonne largeur de bassin pour des vêlages faciles, une mamelle fonctionnelle". La réalité est évidemment un peu plus panachée.
Avec l'agrandissement de l'exploitation, il fallait d'autres achats : "On s'est heurté à un manque de disponibilité en Pie Rouge et nous avons dû acheter des Noires dont nous sommes également très contents".
Le troupeau compte actuellement une bonne quinzaine de Pie Rouges : "Progressivement nous allons augmenter la part de Rouges, nous avons eu la chance jusqu'à présent d'avoir une bonne proportion de génisses. Mais, nous n'irons sans doute pas au-delà de 50% car le nombre de places en bâtiment est limité et nous garderons donc les Noires qui font un peu plus de lait".
Garder le type "Pie Rouge"
Si les éleveurs ont décidé d'avoir la moitié de leur troupeau en Pie Rouge, ce n'est évidemment pas pour avoir de la Holstein Rouge : "Nous souhaitons garder les qualités spécifiques de la Pie Rouge, de la solidité avec de la conformation, des vaches "éclatées", une facilité de vêlage, de bons aplombs, une mamelle qui vieillit bien. Nous préférons faire un peu moins de lait et garder de la rusticité".
Et pour l'instant c'est bien ce qui se passe : "Les Rouges font moins de lait et au niveau des taux il y a un petit écart en plus, mais actuellement ce n'est pas spectaculaire. Par contre, nous avons une grande différence au niveau de la fécondité (en faveur des Rouges), des boiteries et des mammites".
Fière de ses Pie Rouges, Muriel l'est assurément et elle n'hésite pas à faire partager sa passion. C'est ainsi que les éleveurs de la race qui participaient à leur assemblée générale ont pu visiter l'élevage.
Toutefois, pour l'instant elle ne les sortira pas sur les concours : "Pour l'instant, ce sont les vaches d'autres éleveurs ; Je ferai les concours avec les animaux que j'aurai élevés moi-même et je serai alors heureuse de montrer des animaux qui seront le fruit de notre travail".
Jean Louis Le Rest
Un élevage de très bon niveau
Compte tenu de la reprise récente et de l'augmentation du troupeau, les références ne sont pas encore très fiables. Avec plus de 9 000 kg de lait, on peut cependant assurer que le troupeau est globalement de bon niveau et l'alimentation bien menée puisque le coût de concentré ne serait que de 25 euros aux 1 000 kg de lait (concentré azoté acheté et céréales produites, broyées à la récolte).
L'herbe est exploitée en paddocks et jusqu'à présent le silo a été fermé de 1,5 à 2,5 mois ces deux dernières années. Les éleveurs se posent cependant la question de conserver un peu de maïs toute l'année.
La ration d'hiver est semi complète, avec du maïs, un peu d'herbe ensilée, de la paille de colza broyée, un correcteur azoté et des céréales pour équilibrer la ration autour de 28 kg. Au-delà, la complémentation se fait au cornadis.
L'exploitation en bref
Main-d'œuvre : Muriel (26 ans) et Ivonig (28 ans).
SAU : 75 ha, dont 20 en céréales, 10 en colza, 20 en maïs ensilage et 20 en herbe RGA essentiellement et RGI pour le foin.
Bâtiments : Stabulation à logettes paillées, avec fumier et lisier. Mise aux normes à faire
Cheptel bovin : Environ 50 VL dont une quinzaine de Pie Rouges. Quota de 416 000 litres. Une trentaine de génisses.
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