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Des agriculteurs sont demandeurs de déjections animales, d'autres en disposent. En pratique, la plupart ne connaissent pas bien les préoccupations des autres en la matière, surtout s'ils sont un peu éloignés. L'idée est de faire diminuer les quantités d'engrais minéral achetées et de trouver des solutions aux excédents de certains éleveurs", analyse Bertrand Le Bris conseiller porc à la Chambre d'agriculture. D'où l'idée de créer un service gratuit de mise en relation au niveau départemental. Il a déjà un nom : Ferti-échange et un numéro de téléphone : 02 23 48 26 70.
Le service mettra en relation les agriculteurs qui se seront fait connaître : besoin en quantité (l'unité sera le kilo d'azote), type de déjections (lisier de porc, mais aussi fumier de volaille, compost essentiellement), période de l'année, distance maximum, modalité d'épandage. Il est aussi possible dans ce cadre d'échanger des fertilisants. Exemple : un agriculteur dispose de fumier de volaille, mais souhaite épandre du lisier de porc sur céréales plutôt que de l'ammonitrate. L'échange va permettre au fournisseur de lisier de bénéficier de fumier pour son maïs.
Relation durable
Autre exemple : épandre sur un îlot de terre éloigné coûte en transport et en temps. Un éleveur proche peut être preneur surtout s'il a lui-même des surfaces d'épandage à proximité du premier. On évitera ainsi que les tonnes et les épandeurs se croisent. L'échange permet d'optimiser les surfaces d'épandage, de limiter les frais de transport. C'est aussi un moyen de pallier le départ de prêteurs de terre qui remettent en cause les plans d'épandage.
Les déjections existent, le matériel d'épandage aussi. La mise en relation étant faite, il appartient aux deux agriculteurs concernés de définir entre eux les quantités avec la valeur en kilos d'azote des effluents, les périodes de fourniture, les modalités d'épandage : qui ? avec quel matériel ? "L'objectif est aussi de mettre en place une relation durable entre les parties. Elle se concrétisera par une convention et surtout par une régularisation du plan d'épandage. Ce qui sécurisera les deux parties", ajoute Bertrand Le Bris. Cette facilité des échanges aura aussi l'avantage d'éviter aux éleveurs excédentaires (souvent d'assez peu) de recourir à des formules coûteuses de traitement. Au final un gain pour tous et pour la qualité de l'eau.
Paul Chauvin
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