|
Ils sont 26 les éleveurs de Volailles Terre d'Emeraude, ils ont mis à peine 2 millions de poulets certifiés en place de septembre 2004 à août 2005. Et probablement moins en 2006. La grippe aviaire plombe la consommation. "On estime la baisse de consommation autour de 15 %", précise Christophe Guérin directeur de la Société Normandie Volailles (SNV) qui achète les poulets de Volailles Terre d'Emeraude. La famille "poulets" est la plus touchée, sachant que les produits élaborés le sont moins. Par ailleurs, la baisse de consommation n'est pas seulement européenne, mais mondiale. Tous les pays ont réagi. Des stocks de poulets congelés se sont constitués.
"Le premier trimestre 2006 sera difficile. Nous n'avons aucune visibilité, alors la prudence se traduit par une réduction des mises en place et donc un allongement des vides sanitaires chez tous les opérateurs", ajoute-t-il. "Cela peut permettre de repartir ensuite. D'ailleurs le groupe LDC, dont la SNV est une filiale, va maintenir son programme d'investissements. Nous croyons en une aviculture française". Mais la crise va sûrement accélérer la restructuration avec des regroupements et des fermetures.
Tenir
Tant que la grippe aviaire fera l'actualité, toute communication pour relancer la consommation est vaine. Ensuite avec des informations comme la découverte de vaccins, le consommateur n'aura plus peur. Les messages devront être constants et répétés. C'est la position du Centre d'information des viandes qui a été rappelé lors de l'assemblée de l'association. Alors pour la filière, pas d'autre solution que de tenir et pour cela être professionnel pour offrir un produit irréprochable. Christophe Guérin souhaite que l'Interprofession avicole "faible aujourd'hui" puisse se renforcer et se faire entendre. De son côté, Jean-Luc Fossé le président de l'association espère que les politiques européens feront les bons choix en matière de politique alimentaire. "Veux-t-on être ou non indépendant des pays tiers pour nos approvisionnements ?"
La crise a déjà eu pour conséquence au niveau de Volailles Terre d'Emeraude une mise à contribution des parties prenantes : couvoir, fabricant d'aliment, éleveurs, abatteur. Un autre aspect pose question à l'association : la certification n'est plus désormais un signe officiel de qualité. Quelles seront les conséquences auprès des distributeurs ? D'autres aspects restent positifs comme la maîtrise des poids, le respect des conditions de bien-être ou encore le maintien de l'utilisation de soja non OGM. De quoi produire un poulet de qualité.
Paul Chauvin
|
|