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Secrétaire général adjoint, Frédéric Chevalier, 33 ans, de Monterfil vient d'être élu à la présidence des Jeunes Agriculteurs d'Ille-et-Vilaine. Il succède à David Buan. Parcours classique d'un jeune agriculteur qui s'est retrouvé à la tête d'une équipe pour préparer une finale de concours de labour sur le canton de Plélan. Le voilà ensuite dans l'équipe départementale en charge du lait. Puis après une petite interruption, il la réintègre en s'occupant du porc.
"J'ai encore des dossiers à approfondir, mais je sais qu'un président n'est pas seul, il dispose d'une équipe. Les décisions se prennent ensemble, elles sont facilitées par l'écoute et le dialogue". Alors, comme à l'habitude, les JA continueront de faire part de leurs attentes, d'être force de proposition pour revenir à du bon sens paysan.
Rigueur
Mais on ne s'engage pas à la légère dans une telle responsabilité. Frédéric Chevalier en a discuté avec son épouse et ses trois autres associés du Gaec de la Chapelle des Trois Monts. Feu vert. "Comme je serai absent assez souvent (il table sur environ trois jours et soirées par semaine), je veux partir l'esprit tranquille en sachant que le travail sera fait. Il prévoit de faire appel à l'association de remplacement". Il ajoute : "Cela nous obligera à être plus rigoureux dans notre organisation du travail".
Le nouveau président est d'abord un agriculteur et entend le rester. Il s'est installé en décembre 1995 dans un Gaec de nature familiale qui comporte aujourd'hui cinq associés : Frédéric Chevalier et son épouse, un frère, une sœur et son mari. Ce Gaec est la résultante d'une fusion-absorption de deux Gaec parents-enfants. Cette solution a été retenue car sur les deux sites existaient à la fois du lait et du porc, mais avec des installations à moderniser. Le naissage (193 truies), les génisses et quelques jeunes bovins ont été regroupés à la Chapelle-Thouarault, le lait (90 vaches), les veaux et l'engraissement de porcs à Monterfil. Aujourd'hui le Gaec compte 200 ha, mais les deux sites ne disposent chacun que de 70 ha assez groupés.
Éleveur
Dans l'organisation du Gaec, Frédéric Chevalier est en charge de l'atelier lait avec son épouse. Si le lait est la priorité, la présence au sein du troupeau d'une trentaine de Montbéliardes avec la présence de mères à taureaux ont amené l'éleveur à s'intéresser de près à la génétique. D'ailleurs trois taureaux sont en cours de testage à Umotest. "La génétique apporte un plus dans le métier", mais pas question s'engager trop loin.
Si les bâtiments bovins sont aux normes pour les animaux, ils ne le sont pas complètement pour les éleveurs. La salle de traite actuelle (2 x 5) demande trop de temps. Un rototandem de 24 postes sera le bienvenu en mai. Côté travail, le Gaec a adhéré à une Cuma pour une distribution de l'alimentation, "on connaît le coût, mais on s'y retrouve, notamment au niveau de la production". Et pour les cultures, les techniques simplifiées ont presque supplanté la charrue. Tel est le cadre de travail du nouveau président des JA par ailleurs titulaire d'un BTS Acse (Lycée du Rheu) et qui a goûté à la vie québécoise dans deux exploitations dont l'une (35 vaches) tirait la moitié de son chiffre d'affaires en vendant de la génétique.
Paul Chauvin
Les priorités du nouveau président
Trois dossiers apparaissent prioritaires aux yeux de Frédéric Chevalier. L'installation continue d'être la préoccupation des Jeunes Agriculteurs. "Les candidats existent, des jeunes ont envie de s'installer, il nous faut leur proposer des solutions". Cela passe par une répartition des moyens de production pas nécessairement aisée à gérer au quotidien.
Autre chantier, la relance des Centres cantonaux (CCJA). "Elle est nécessaire sans quoi la structure départementale n'est rien". Relancer, c'est motiver un groupe autour d'une action pas nécessairement syndicale pour déboucher sur une réflexion qui le sera. L'exemple-type est l'organisation d'un concours de labour qui soude une équipe pour plusieurs années. Les administrateurs départementaux devront prendre son bâton de pèlerin pour convaincre.
"Nous en avons marre de l'administration qui dicte sa loi en matière d'environnement. Il faut revenir à du bon sens". Et de proposer d'être logique et simple en formulant des propositions communes avec la FDSEA. "La reconquête de la qualité de l'eau, nous y tenons", souligne-t-il. Il ne doute pas qu'il se présentera de nouveaux dossiers. De quoi occuper pleinement ses deux années de présidence.
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