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Dans le cadre de la semaine consacrée par le Mené au recyclage des déchets et aux énergies renouvelables, une réunion destinée prioritairement aux agriculteurs s’est déroulée à Langourla autour de la technique de « méthanisation à la ferme ».
Il s’agit en fait d’utiliser les déjections animales, des déchets végétaux (type déchets de légumes ou pelouses de collectivités), des cultures énergétiques, voire des co-produits issus de l’agroalimentaire pour produire du gaz. Armelle Damiano, de l’association Aile* en a présenté les principaux contours techniques et économiques.
Source d’énergie
Le Biogaz est issu de la digestion anaérobie (absence d’oxygène) sous l’influence de bactéries de la matière organique animale ou végétale. La technique consiste d’abord à réceptionner puis homogénéiser les déchets de différentes natures. Ils prennent place ensuite dans un digesteur pour une fermentation pendant environ 40 jours.
On obtiendra d’un côté un produit liquide stabilisé, qui peut être épandu comme un lisier (avec éventuellement une séparation de phase) et de l’autre un gaz appelé Biogaz (mélange de méthane et de gaz carbonique), stocké sous une bâche qui se gonfle en fonction de la quantité de gaz. Ce biogaz peut alors être valorisé soit pour du chauffage ou en électricité.
Plusieurs organisations sont possibles, soit individuellement, soit en partenariat entre deux ou trois exploitations, voire en collectif tel que le projet Géotexia dans le Mené. Ce projet en gestation depuis plusieurs années devrait être finalisé rapidement et les travaux commencer au cours du premier semestre 2006.
Equilibre économique encore précaire
« Les conditions de la réussite d’une unité de méthanisation à la ferme nécessitent néanmoins quelques précautions », souligne Armelle Damiano. Il s’agit d’abord d’optimiser la production de gaz par un système automatisé, la valorisation maximale de l’énergie (électricité + chaleur), l’écoulement des digestats… De même avant la mise en œuvre, il faut prendre en compte la maîtrise des dépenses (investissements, temps de travail, maintenance). Et les recettes possibles (économie d’énergie, vente de l’énergie si cela s’avère possible, redevance pour le traitement de co-produits introduits de l’extérieur).
Un ensemble d’éléments à bien cerner avant de juger de la pertinence d’un investissement, en fonction aussi des capitaux disponibles, de la main–d’œuvre, des besoins en énergie pour l’exploitation et pour la maison. «Pour le moment les conditions de la rentabilité sont encore incertaines. Les investissements sont importants, au minimum 200 000 euros pour la production de 36 KVA, correspondant à l’équivalent de 200 UGB. Le prix du rachat par EDF reste bas (entre 4,8 et 7,7 centimes du KWh), même s’il est annoncé une réévaluation».
Ce qui ne veut pas dire qu’il faut s’en désintéresser. Au contraire, l’augmentation du prix de l’énergie, les aspects réglementaires qui pourraient conduire demain à la taxation de l’ammoniac gazeux à effet de serre, ou encore les possibilités d’intégrer en prestations de services payantes le traitement de déchets de collectivités ou d’entreprises… sont autant d’éléments qui devraient à l’avenir rendre les investissements plus rentables et donner de l’attrait à la démarche. Sans oublier les avantages environnementaux.
Pierre Dénès
* Aile : Association d’intitatives locales pour l’énergie et l’environnement
Quelques avantages de la méthanisation
-Traitement hygiénisé des déchets fermenticides
- Recyclage et restitution des éléments fertilisants aux sols et aux cultures
- Production d’une énergie renouvelable et locale
- Diminution de l’émission de gaz à effet de serre
- Suppression des insectes, des odeurs et des germes pathogènes
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