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Jean-Pierre et Laurent Couapel à Baguer-Morvan, non loin de Dol, associés du Gaec de la Touraude, sont d'abord des producteurs de porcs avec une centaine de truies naisseur-engraisseur. Les Blondes d'Aquitaine ont fait leur entrée en 1993 après élimination des laitières. "Avec des rendements en blé modestes, il était intéressant d'avoir des prairies et du maïs pour assurer une bonne rotation. Nous avons d'abord acheté douze broutardes sans papiers et même pratiqué un moment du croisement avec des Normandes. Avec quelques autres acquisitions, l'objectif était de faire grimper l'effectif par croissance interne", expliquent les deux frères aux adhérents du Syndicat Blond 35. Il est aujourd'hui de 40 (50 droits à prime) avec l'espoir d'arriver à 60. En restant naisseur.
"Nous avons aussi acheté la paratuberculose. À l'époque, il n'était pas conseillé de vérifier sa présence". Résultat, les éleveurs ont mis en place un plan pour éliminer la maladie, mais n'ont pu sélectionner leur troupeau comme ils le souhaitaient. Les vaches ont un gabarit modeste qui se retrouve sur le poids de carcasse (384 kg, R+ ou U-). Pour y remédier, les éleveurs utilisent l'insémination sur les génisses à raison d'une seule IA, les retours étant assurés par le taureau. Le Gaec a aussi fait l'acquisition d'un taureau ayant déjà été utilisé dans un autre élevage pendant quatre ans. "Pas plus cher qu'un jeune". Et pourtant il a été évalué à la station de la race. Ses origines (Hibernatus) vont donner du gabarit au cheptel. Les premiers veaux viennent de naître.
Les vêlages se passent tous à l'étable pour une meilleure surveillance. Ils sont étalés avec une proportion plus grande en fin d'hiver et début du printemps. 87 % ont lieu sans aide ou avec une aide légère. Les éleveurs ont leur recette : "les vaches n'ont que du foin à compter de leur terme". En revanche, l'écart entre vêlages (404 jours pour une moyenne du groupe de 387 jours) pâtit des difficultés existantes entre le 1er et le 2ème vêlage. "Parmi les raisons, l'alimentation n'a pas été suffisante".
Un bâtiment récent
Côté alimentation, le troupeau utilise les 28 ha de ray-grass anglais sur les 60 ha groupés de l'exploitation et seulement une partie des 22 ha de maïs. Le cheptel est divisé en deux lots : vaches + veaux, génisses non pleines et le taureau. Le reste du cheptel dans l'autre lot. Conduite de l'herbe en paddocks avec de 3 à 5 jours de présence. "La formule donne plus d'herbe, les animaux sont plus doux (car manipulés souvent) et elle nous permet d'utiliser le lisier des truies". Les associés préfèrent l'ensilage d'herbe au foin, car il permet de constituer des stocks à la période de pousse de l'herbe. Ils sont d'ailleurs satisfaits de mettre l'ensilage de maïs sur celui d'herbe, la ration d'hiver est ainsi toute faite (avec de la paille). S'il s'agit de finir des animaux au printemps ou en été, c'est une ration sèche avec du mash qui est utilisée, le silo est alors fermé et la finition des animaux "plus rapide".
Un des intérêts de la visite par le groupe d'éleveurs était de montrer un bâtiment réalisé en 2000 pour le troupeau d'allaitantes. Orienté à l'est, il comporte un bande bétonnée qui sert d'auge et facilite le passage de la désileuse et de la pailleuse. Sur toute la longueur, des cornadis permettent de bloquer les animaux. Chaque case comporte une partie bétonnée raclée et une partie paillée à l'arrière. De la paille se trouve au fond. Une fumière a été intégrée dans le bâtiment à une extrémité. Un outil fonctionnel.
Les éleveurs ont rendez-vous à la Foire
de Rennes
Une des principales activité du Syndicat des éleveurs de Blondes d'Aquitaine reste le concours départemental. Il aura lieu le dernier week-end de mars à Rennes. 14 places sont disponibles. Le président Henri Lemoine tient à les remplir, aussi lance-t-il un appel à tous les éleveurs pour qu'ils se déplacent à Rennes avec des animaux. Il s'agit de la promotion de la race et aussi de comparer ses animaux à ceux d'autres élevages.
L'année passée, les éleveurs se sont déplacés en Vendée pour visiter deux élevages. Pour 2006, un autre voyage est prévu en Loire-Atlantique.
Paul Chauvin
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