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Morbihan (56)
Génétique : Assemblées de sections de la Camia, les éleveurs visitent leur centre d'insémination bovine
 
Pour ses assemblées de section, la Camia a innové cette année en faisant visiter le centre d'insémination. Un événement relativement rare, car les taurelleries sont "fermées" depuis 1992 et il faut une autorisation de la DSV. Celle-ci l'a accordée à condition que la visite se fasse en bus.
176 taureaux en attente ou en production
Les taureaux de l'Oger (ou plutôt à l'avenir de Génoé, voir ci-dessous) arrivent à la Camia vers 14 à 15 mois, après avoir produit leurs doses de semences de testage. Il y a quelques années, on continuait à les faire produire pendant près de 3 ans en attendant leurs résultats de testage puis on détruisait les semences de 90 à 95% lors de la sortie des index.

Maintenant, pour des raisons d'économie, ils ne produisent que 2 000 doses de "réserve génétique", au cas où il arriverait quelque chose à un taureau qui s'avérerait ensuite exceptionnel. En pratique donc, les taureaux restent là en attente (lay off) de l'âge de 14-15 mois à l'âge de 3,5 à 4 ans, le temps d'avoir les indexations. Ils sont logés en boxes collectifs où individuels selon les âges et les comportements

Lorsque l'indexation est connue (3 fois par an), ou dès les premiers résultats s'ils sont prometteurs, les taureaux favorablement indexés seront mis en production intensive et les autres (95 %) prendront le chemin de l'abattoir.

La Camia a actuellement en station 176 taureaux, dont près de la moitié en "lay-off". Les plus nombreux sont bien sûr les Prim'Holstein (154). Les meilleurs taureaux ne sont pas sur le site de la Camia, car les tout meilleurs sont regroupés à Blain (pour des raisons techniques et commerciales).

Les taureaux ont une alimentation sèche à base de foin et de concentrés. Pour les mâles en lay-off : 11 kg de foin et 2 kg de concentrés. Et pour ceux en production : 12 kg de foin, 2 kg de concentré et 2 kg d'avoine.

Les conditions sanitaires sont évidemment très strictes, avec 2 contrôles systématiques par an (1 officiel + 1 supplémentaire), sur le sang et sur le sperme. Les autres soins systématiques sont les traitements parasitaires externes et internes (1 fois par an) et le parage des pieds. Ils sont également pesés une fois par an.
Une grande vigilance sur la qualité des semences
Les taureaux en production sont en général collectés 3 fois par semaine, avec 2 éjaculats à chaque fois. Des bœufs leur servent de boute-en-train. Chaque tube de récolte est identifié par une étiquette générée par un pistolet qui lit la puce dans l'oreille de chaque taureau.

Aussitôt le sperme récolté, chaque éjaculat passe au laboratoire où il subit d'abord un examen microscopique (à l'œil) pour déterminer le % de spermatozoïdes vivants (à moins de 50% il est détruit) et leur mobilité. Une 3ème mesure de la densité de l'éjaculat donne la concentration totale et donc le nombre de doses que l'on pourra fabriquer, sachant que chaque paillette doit contenir au départ de 16 à 20 millions de spermatozoïdes.

Après dilution, la semence est refroidie à 4° (au bain marie avec glaçons). Il ne reste plus qu'à remplir les paillettes (imprimées avec codes barre depuis un an). Elles seront congelées dans des caissons, passant en 7 à 8 minutes de 4° à – 145°. Elles seront ensuite conservées à – 196°. Elles pourront ainsi "dormir", éventuellement pendant des dizaines d'années. Une paillette par éjaculat sera décongelée pour vérifier si le travail a été bien fait, sachant que sur les 20 millions de spermatozoïdes au départ, il doit rester au minimum 8 millions. Sur le plan sanitaire, les semences sont également contrôlées 2 fois par an.

Certaines semences (des tout meilleurs taureaux) peuvent ne pas être congelées mais utilisées en frais, ce qui permet une concentration 4 fois moindre et donc 4 fois plus de doses, mais avec une durée maximun de 48 heures.

En 1984, la Camia produisait 3 millions de doses de semences (dont beaucoup de doses de taureaux de testage qui étaient ensuite détruites). En 2004, elle a produit 774 000 doses.


La naissance de Génoé



Les 4 coopératives de l'Oger (Camia, Ceila, Cadeia et Urco) ont décidé de fusionner pour ne former qu'une seule coopérative, incluant également la création génétique. Elle a été baptisée Génoé. Cette nouvelle coopérative comptera 16 000 adhérents sur 10 départements et 400 salariés. Elle représentera 600 000 inséminations premières. Les éleveurs qui ont participé aux assemblées de secteur ont eu la primeur de l'information et de l'ébauche de la nouvelle organisation. Nous y reviendrons ultérieurement.
Génoé (+ Midatest)va également faire partie, pour le service génétique d'une Union de coopératives (qui n'a pas encore de nom), avec l'Urceo (+ UALC) et Amélis. Cette dernière coopérative (qui travaille sur la Manche, le Calvados, la Mayenne et un peu l'Ille et Vilaine) quitte Unéco pour rejoindre ce nouveau groupe. L'objectif est de mettre en commun tout le travail de création génétique et dans une 2ème étape de mettre en commun les semences produites. Ce sera le 5ème groupe mondial, représentant 1,6 millions d'IAP, dont 1 million en Holstein.



Jean Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Janvier au 3 Février 2006
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