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Un certain nombre d'agriculteurs sont lésés par les choix réalisés par l'Etat français dans l'application de la réforme de la Pac". Environ 80 agriculteurs, membres d'Agrobio 35, de la Confédération paysanne 35 et de l'Adage, sont allés manifester à la Direction départementale de l'agriculture d'Ille-et-Vilaine (DDAF 35) pour relancer les discussions sur les règles de gestion des faibles DPU (droits à paiement unique). Ils ont remis une lettre à Sylvie Guichoux-Clément et Pierre Bessin, respectivement directrice déléguée et chef de service économie agricole à la DDAF, qui les ont reçus pendant près de deux heures.
Pénalisés par les choix environnementaux
Dans la lettre et lors de la rencontre, les agriculteurs ont souligné que leur niveau de DPU est significativement inférieur à la moyenne des éleveurs laitiers ou herbivores du département. "Les agriculteurs herbagers et bio se situent en moyenne à 70 euros de moins que la moyenne régionale", précise Joël Restif, président d'Adage.
"Cette différence est liée à nos choix de privilégier une agriculture liée au sol et respectueuse de l'environnement qui laisse une large place à la prairie. Moins de maïs ensilage, moins de cultures de vente, c'est moins de cultures primées et donc moins de DPU basées sur des références historiques", précisent les producteurs en ajoutant : "Ce nouveau système d'aides nous place dans une situation très défavorable vis-à-vis des autres éleveurs qui bénéficient désormais de marges d'adaptation aux évolutions du marché plus importantes".
Jean-Paul Reneault de la Confédération paysanne rappelle par ailleurs la décision du ministre de l'Agriculture de ne pas utiliser l'article 69 du règlement communautaire en France, "malgré nos sollicitations". Cet article vise à favoriser les agricultures protégeant ou améliorant l'environnement.
Revalorisation dès 2006
Les producteurs des trois organisations réclament la revalorisation des faibles DPU au niveau de la moyenne départementale dès 2006. Ils demandent par ailleurs une table ronde régionale rassemblant les organisations professionnelles agricoles, les élus départementaux et régionaux et les associations liées à l'environnement, en présence de la préfète de Bretagne.
"Si les choses ne bougent pas, nous on bougera", ont menacé les producteurs. "Nous lancerons des procédures visant à dénoncer les distorsions de concurrence amenées par les choix français d'application de la réforme de la Pac".
Ils citent l'exemple de groupes d'agriculteurs (Civam, Confédération paysanne, Gab) en Loire-Atlantique. "Avec le soutien de la Chambre d'agriculture et du réseau agriculture durable, ils vont entreprendre des recours contre le principe même des références historiques comme base de calcul des paiements découplés auprès du tribunal administratif". Les DPU n'ont pas fini de faire parler.
Agnès Cussonneau
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