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Début 2005, la Cuma Innov 35 prenait livraison d’un Terragator, un automoteur destiné à épandre de façon précise du lisier sur céréales, mais aussi sur maïs et prairies. La FDCuma, à l’origine de ce projet, avait fait le constat que l’Ille-et-Vilaine ne disposait que de faibles excédents d’azote dans certaines zones et que des surfaces disponibles existaient à proximité. D’où l’idée d’organiser et de réaliser l’épandage avec un matériel performant. Il s’agit donc de faire de la résorption sans avoir à investir dans des traitements coûteux et en évitant aux agriculteurs receveurs d’acheter des engrais chimiques. Jean-Yves Trubert le président de Cuma Innov 35 a rappelé ces points lors de la réunion qui a examiné la première saison d’utilisation.
Pas de surprise au niveau des comptes, la première année est déficitaire de 57 000 euros amortissements et frais de personnel déduits. Néanmoins la trésorerie reste équilibrée pour l’instant du fait des subventions (investissement et fonctionnement) reçues des différents partenaires de l’opération (collectivités locales, Crédit Agricole). Un souci cependant avec l’Agence de l’eau : le dossier n’a toujours pas été examiné en commission. « Un dossier qui traîne pénalise tout le monde y compris les financeurs qui se sont engagés », fait remarquer Joseph Chabin, le président de la FDCuma. Les responsables vont continuer à se mobiliser.
30 000 m3 en 2006
15 000 m3 de lisier ont été épandus pour la première saison. Du temps a été passé en déplacements, en démonstration (9 au total), dans les comices. Cela s’est ressenti dans l’utilisation. L’épandage sur céréales (8000 m3 dans 34 exploitations, à la dose de 60 m3 pour un prix moyen de 2,85 euros/m3) a satisfait les trois quarts des utilisateurs. Les remarques portent sur le coût, le poids de l’automoteur (sol marqué), une légère perte de rendement (5-7 quintaux) mais sans témoin pour préciser cette appréciation. Des comptages d’épis réalisés par la Chambre d’agriculture font état d’une perte de 6 % du nombre d’épis généralement compensée par plus de grains par épi (sauf quelques variétés). D’où le sentiment de 4 utilisateurs sur 5 pour dire qu’il n’y a pas de perte de rendement. À mettre aussi dans la balance, les conditions climatiques de 2005 : retard de minéralisation, sol soufflé... À l’avenir, les observations seront affinées notamment en fonction de la préparation du sol (labour ou non labour), y compris en intégrant l’aspect économique. Et pourquoi pas, en organisant une visite des parcelles avant récolte pour observer la culture.
Le même enfouisseur (disques) fonctionne sur prairie. 2300 m3 ont ainsi été épandus à la dose de 70 m3/ha et un coût de 2,85 euros/m3. Les 8 utilisateurs ont été satisfaits dans leur ensemble : « le système d’enfouissement ne salit pas l’herbe ».
L’automoteur a aussi été utilisé pour épandre 4300 m3 avant semis de maïs. L’enfouisseur plus simple permet d’abaisser le coût (1,70 euro) et de procéder à la préparation du sol en évitant un passage de vibro. Satisfaction également sur ce plan. Globalement l’image laissée par le Terragator est bonne, même si le système antigouttes fonctionnait mal. Le problème a été résolu depuis.
Il faudrait 30 000 m3 épandus en 2006, toutes cultures confondues y compris le colza. Tout juste la moitié de cet objectif est engagée à l’heure actuelle. « Il ne suffit pas de dire que le système est intéressant, il faut aussi l’utiliser, car faute de volumes suffisants l’expérience ne pourra être reconduite indéfiniment », rappellent les responsables. Ils comptent également sur la mise en route du GIE Terre et Eau qui correspond à un plan d’épandage collectif avec une centaine d’agriculteurs. L’agrément du dossier (complètement nouveau pour l’administration) a pris du retard. L’enquête publique devrait démarrer début 2006, puis il faudra attendre l’avis du Comité départemental d’hygiène. Encore au moins six moins d’attente avant de pouvoir mettre en pratique ce plan d’épandage. Ce qui risque de freiner l’automoteur d’épandage sur les volumes épandus en 2006. Le potentiel d’épandage demeure.
Paul Chauvin
Le Terragator est précis
La Station des Cormiers à Saint-Aubin-du-Cormier a mesuré la répartition longitudinale et transversale des lisiers épandus avec le Terragator. Et ce, à trois niveaux de doses : 40, 20 et 15 m3. La vidange de la cuve s’exécute dans la fourchette de plus ou moins 15 % du volume avec une baisse de 5 % entre le début et la fin. « Les performances sont comparables avec celles qui sont obtenues avec des tonnes classiques », estime Jean-Yves Cosnier de la Station. En répartition transversale, le résultat entre sans aucune difficulté dans les normes pour ce critère. « L’appareil est précis ».
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