Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°5743 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Morbihan (56)
(56) Les agricultrices revendiquent toute leur place sur l'exploitation
 
Elles sont à peu près 3 500 agricultrices dans le Morbihan. Depuis 20 ans, les statuts des femmes sur l'exploitation ont évolué, mais leur situation réelle a t'elle changé ? Pour le savoir, depuis 5 ans, les conseillères ont réalisé un certain nombre d'enquêtes à la demande des responsables de l'Union des GVA.
Et surtout, cette année elles ont questionné 71 femmes sur leur place réelle et leurs responsabilités sur l'exploitation. Les données recueillies n'ont certes pas de valeur statistique, mais elles donnent cependant une idée assez globale de la situation des femmes.
La restitution de cette étude a été faite récemment à Baud et à Ruffiac. Plus de 120 personnes y ont participé, essentiellement des femmes. Et, pour analyser ces résultats, une sociologue spécialisée en Agriculture leur a apporté son appui (Alice Barthez, chercheuse à l'Inra).
Un statut différent selon l'âge
Les agricultrices enquêtées sont dans l'ensemble plutôt jeunes. Plus des 2/3 ont de 35 à 49 ans. Mais, elles sont 21% à avoir moins de 35 ans et seulement 11% ont plus de 50 ans. La moitié sont en exploitation individuelle (49%), 28% en Earl et 23 % en société (Gaec, SCEA ....).
On constate que le statut des agricultrices est très différent selon leur tranche d'âge. Les jeunes de moins de 35 ans sont très majoritairement associées d'exploitation (60 %), alors qu'elles ne sont que 12 % chez les plus de 50 ans. Celles-ci sont majoritairement conjointes collaboratrices et aussi (près de 1/4) chef d'exploitation. Chez les 35 à 49 ans, la situation est logiquement intermédiaire entre les jeunes et les plus âgées et elles se retrouvent surtout associées d'exploitation et conjoints collaborateurs.
60% de satisfaites
Sur l'ensemble des femmes interrogées, 60 % affirment être satisfaites de leur place sur l'exploitation. Elles sont 31% à n'être pas contente de leur sort et 9 % ne sont pas directement concernées (travail à l'extérieur par exemple).
On constate une fracture assez nette en fonction de l'âge et du statut. Ce sont les plus de 50 ans qui sont le moins satisfaites et aussi très nettement les conjoints collaborateurs. Seulement 20 % des moins de 35 ans disent ne pas être satisfaites contre plus de la moitié des plus de 50 ans. Et moins d'un quart des associées et chefs d'exploitation disent ne pas être satisfaites de leur place alors que les conjoints collaborateurs sont plus de 50 %.
Et, comme il y a une relation assez étroite entre âge et statut, on peut affirmer que :
- les femmes qui n'ont pas trouvé leur place sur l'exploitation sont essentiellement les femmes conjoints collaborateurs de plus de 50 ans.
- celles qui ont bien trouvé leur place sont les associées et chefs d'exploitation de moins de 50 ans.
Avoir un projet professionnel individuel
Dans les deux types de situations, les femmes ont exprimé des raisons, que ce soit dans les entretiens individuels ou lors des réunions de restitution.
Chez celles qui sont plutôt satisfaites, on retrouve souvent la notion de qualité de vie, de disponibilité pour les enfants, mais aussi des raisons purement professionnelles. Elles ont des responsabilités sur l'exploitation, participent aux décisions et aux travaux qui ne sont pas seulement de "basses besognes". En résumé, elles ont un rôle économique sur l'exploitation, parce que c'est un métier qu'elles ont choisi et elles se sont formées pour cela.
Chez celles qui n'ont pas trouvé leur place, le métier est plus souvent subi que choisi, la formation agricole est parfois insuffisante, peuvent se rajouter également des problèmes de relations (souvent avec les beaux-parents) et aussi de revenu.
Pour la sociologue et chercheuse Alice Barthez, les difficultés viennent souvent du fait que, depuis toujours, l'on assimile l'homme à l'aspect professionnel et la femme à la famille : «On a ainsi une permanence des rapports hiérarchisés de l'homme sur la femme. Ne participez pas à la hiérarchie qui tend à vous diminuer. Il faut que les femmes s'habituent à avoir un projet professionnel individuel. Avoir un vrai projet professionnel c'est être capable de dire ce que vous produisez, combien vous gagnez. C'est l'analyse économique qui permet de dire si c'est une vraie profession ou pas. Être agricultrice c'est avoir un projet et un revenu».

Jean Louis Le Rest

Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 16 au 23 Décembre 2005
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)