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L'Établissement Départemental de l'Élevage était né en 1966 de la Loi sur l'élevage. Après 39 années d'activités, les responsables ont décidé de le supprimer lors de l'assemblée générale extraordinaire le 6 décembre dernier. Une disparition voulue et programmée, avec des structures qui changent mais des hommes qui restent.
L'ensemble du personnel est en effet repris par la Chambre d'agriculture départementale, mais sera au service d'une structuration régionale de la recherche appliquée et du dispositif d'identification et système génétique.
Cette évolution a été préparée depuis longtemps et se passe dans les meilleures conditions car la situation financière de l'EDE était saine et le transfert du personnel à la Chambre d'agriculture n'a pas posé de problème particulier.
Restructuration régionale
Avec sa densité d'élevage, la Bretagne n'était sans doute pas la région où la restructuration était la plus urgente. Elle sera pourtant la première à le faire de par la seule volonté des responsables agricoles (et particulièrement ceux du Morbihan) qui ont voulu anticiper les difficultés. Le président Jean Paul Huet en résumait ainsi les raisons : "Cette restructuration, nous l'avons voulue pour que nos équipes d'ingénieurs gagnent en efficacité ainsi que les professionnels. Cette dimension régionale est sans conteste la mieux adaptée pour mener un travail de qualité, cohérent et à coût optimisé pour les différentes actions. Ce niveau régional doit également améliorer notre notoriété auprès de divers organismes et instances administratives".
La régionalisation a en fait démarré il y a une dizaine d'année avec celle des stations de recherche des 4 départements. Puis elle s'est poursuivie avec la régionalisation de la recherche appliquée, en place depuis un an. Celle-ci a été organisée en "Pôles régionaux" (Agronomie, Herbivores et Porcs-Aviculture). Chacun de ces pôles est constitué d'un comité professionnel (avec des responsables de chaque département) et d'une équipe d'ingénieurs et techniciens dont font évidemment partie ceux de (l'ex) EDE du Morbihan.
Les missions "obligatoires" de l'EDE (Identification, filiation) sont également régionalisées depuis début 2005 avec la mise en place d'une Fédération des EDE de Bretagne, en attendant sans doute une autre formule en fonction de ce qui sera prévu dans le cadre de la Loi de modernisation. Le directeur de cette fédération est Alain Kergourlay, directeur jusqu'à présent de l'EDE 56.
Cette régionalisation ne devra bien sûr pas d'éloigner du terrain : "Une organisation structurée régionalement imposera de rester proche du terrain au niveau de l'écoute et de la diffusion des références avec les partenaires, les organisations d'élevage. Le concret se décline au plus près de la base. Une coordination de l'élevage, catalyseur des souhaits et demandes des éleveurs devra être maintenue au niveau du département".
Près de 40 ans de profondes mutations
Une partie de l'assemblée a bien sûr été consacrée à une rétrospective sur les presque 40 ans de l'EDE. D'anciens présidents et directeurs en ont témoigné. Rappelons que les EDE avaient été créés en 1966 pour accompagner la Loi sur l'Élevage. Un élevage français largement en retard à l'époque (et sans doute plus encore en Morbihan) et qui est devenu depuis l'un des plus performants au monde. Une évolution où les EDE ont largement apporté leur contribution. "À l'époque, rappelait Jean Craneguy, la sélection bovine se faisait encore sur la couleur de la robe et la forme des cornes ..."
Quelques chiffres permettent de mesurer le chemin parcouru. Un des rares points négatifs est celui du nombre d'exploitations qui est passé de 35 000 en 1966 à moins de 10 000 actuellement.
Le nombre de vaches a lui aussi beaucoup diminué, passant de 263 000 à 156 000. À l'époque, les plus nombreuses étaient encore les Pie Noires Bretonnes (78 000), suivies des Normandes et de l'Armoricaine. Les FFPN n'étaient encore que 22 000. La production moyenne par vache n'était que de 2 000 kg et celle par exploitation de seulement 20 000 litres. Le maïs ne comptait que quelques centaines d'hectares.
Les autres productions ne sont pas en reste puisque le nombre de truies a été multiplié par 2, le nombre de charcutiers par 5, le tonnage de volailles par 12 ....
Les anciens présidents et directeurs ont pu multiplier les exemples d'évolutions (identification, sélection, diffusion ...) dont certaines n'ont pas été faciles à mener et n'ont tenu qu'à la volonté des hommes qui avaient des projets pour l'élevage.
Malgré les évolutions extrêmement importantes, les missions de départ n'ont pas fondamentalement changé. Elle devront simplement se faire maintenant à un autre niveau.
Jean Louis Le Rest
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