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Bâtiment porc et ventilation
 

VENTILATION
Le B.A.-Ba sans brasser d'air

"Ce boîtier intelligent de régulation modulaire intègre 25 paramètres tenant compte de plages réglables en fonction de la température auxiliaire …". Si ce début d'explication sur la ventilation en porcherie vous laisse pantois, rien d'anormal. Pour bien comprendre la ventilation, rien ne vaut les explications simples.

Le seul but de la ventilation dynamique est de simplifier le travail de l'éleveur et non les performances du porc". Les propos sont de Jean Callarec, responsable de la station porcine de Guernévez. Une façon pour ce spécialiste du bâtiment de revenir sur les principes de base de la ventilation en porcherie. Leçon de simplicité également face à une légendaire complexité entretenue par la nécessité commerciale.

CIRCUIT NATUREL DE L'AIR

La ventilation d'un bâtiment consiste à faire rentrer de l'air "neuf" dans une salle et à évacuer l'air vicié. Cet échange d'air contribue à faire baisser la température. Sachant que l'air froid est plus lourd que l'air chaud, ce premier va "couler" du haut vers le bas pendant que l'air chaud va naturellement monter. Ce principe vieux comme le monde fonctionne sans recours aux ventilateurs. Cette loi physique est utilisée dans le concept de la ventilation statique des bâtiments d'élevage : une fenêtre latérale laisse entrer l'air frais dans le bâtiment et une cheminée installée au plafond laisse échapper l'air chaud chargé de gaz.

Dans le principe de la ventilation dynamique, ce flux naturel d'air froid et d'air chaud est canalisé par des ventilateurs. Au lieu d'avoir une ouverture dans la partie la plus haute de la salle qui laisse naturellement échapper l'air vicié plus léger, on peut alors avoir une sortie forcée par le bas, c'est-à-dire généralement en dessous des caillebotis : on parle alors d'extraction basse quand les ventilateurs aspirent l'air se trouvant à l'intérieur de la salle. On parle de surpression quand les ventilateurs placés au-dessus des salles poussent l'air frais à l'intérieur du bâtiment provoquant par le même temps l'évacuation d'air vicié par une ouverture qui dans ce cas peut très bien encore se trouver en dessous des caillebotis ou dans la partie haute de la salle.

RÉGULER LES FLUX

Au-delà de ce simple principe de renouvellement de l'air, une bonne ventilation consiste à réguler les flux et les volumes d'air pour maîtriser la température des salles. On pourrait en effet imaginer créer de brusques courants d'air capables de renouveler l'air d'une salle d'engraissement en quelques secondes comme on le fait quelquefois pour ventiler une pièce de maison en ouvrant deux fenêtres opposées par temps de grand vent. Les animaux seraient victimes d'un choc thermique préjudiciable à leur confort et donc à leur croissance. C'est pour cette raison élémentaire, qu'en ventilation, on cherche à réguler les entrées et les sorties d'air.

En ventilation statique, ce réglage s'obtient par une ouverture appropriée des volets. En ventilation dynamique, le réglage des débits passe par le choix d'une vitesse de rotation des ventilateurs en fonction de leur diamètre, ce dispositif pouvant également être associé à un volet réglable. "Si le ventilateur s'emballe lorsque le thermomètre placé au-dessus du porc indique 26°C, on va créer un courant d'air. Or, chaque fois que la vitesse de l'air augmente de 10 cm/seconde, la température baisse de 1°C au niveau de l'animal", insiste Jean Callarec pour bien montrer l'intérêt d'augmenter progressivement le débit des ventilateurs. Et de résumer pour le poste d'engraissement : "Le débit de 8m3/h/porc est idéal jusqu'à 22°C, ensuite les ventilateurs doivent augmenter linéairement leur débit jusqu'à 40 m3/h/porc sur la plage 22 à 30°. Cette augmentation de débit contribue à limiter l'augmentation de température dans la salle".

MAÎTRISER LES CIRCUITS

Le circuit de l'air dans une salle est aussi important que les volumes échangés. "Il faut faire en sorte que l'air froid arrive chaud sur le dos de l'animal", résume le responsable de la station EDE-Chambre d'agriculture. "Donc, pour ne pas dépenser de l'énergie pour chauffer l'air entrant, il faut "touiller" l'air chaud et l'air froid pour obtenir de l'air tiédi. Le placement judicieux de déflecteurs permet généralement de bien faire ce travail". (voir schémas ci-contre). Il ajoute : "Il n'y a pas de bons et de mauvais systèmes. La laine de roche, qui marche bien dans les petites salles, diffuse l'air frais dans la boucle d'air chaud. Même principe pour les plafonds perforés où l'air épouse la boucle. Les champignons renversés créent une mini-turbulence au plafond. Les parois qui séparent le couloir des salles peuvent également faire office de déflecteur lorsque l'air froid descend dans le couloir, etc.".

Enfin, J. Callarec rappelle l'intérêt, dans le cas d'une ventilation dynamique, d'installer les entrées et les sorties d'air du même côté. "Sinon, quand le vent souffle fort, le débit des ventilateurs est réduit de 50%" . Et de conclure : "Aujourd'hui, toutes les innovations qui apparaissent sur le marché ne visent qu'à corriger des erreurs de conception incombant à l'oubli des règles de base qui régissent la circulation de l'air. Sait-on, par exemple, que même la dernière innovation dans le domaine de la ventilation dynamique, n'explique aucune amélioration de performance par rapport à une ventilation statique. A l'heure de la maîtrise des coûts, cela mérite d'être signalé".


 

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 8 Décembre 2000
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