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Le seul but de la
ventilation dynamique est de simplifier le travail de l'éleveur et non les
performances du porc". Les propos sont de Jean Callarec, responsable de la
station porcine de Guernévez. Une façon pour ce spécialiste du bâtiment de
revenir sur les principes de base de la ventilation en porcherie. Leçon de
simplicité également face à une légendaire complexité entretenue par la
nécessité commerciale.
CIRCUIT NATUREL DE L'AIR
La ventilation d'un bâtiment consiste à faire rentrer de l'air "neuf" dans
une salle et à évacuer l'air vicié. Cet échange d'air contribue à faire
baisser la température. Sachant que l'air froid est plus lourd que l'air
chaud, ce premier va "couler" du haut vers le bas pendant que l'air chaud
va naturellement monter. Ce principe vieux comme le monde fonctionne sans
recours aux ventilateurs. Cette loi physique est utilisée dans le concept
de la ventilation statique des bâtiments d'élevage : une fenêtre latérale
laisse entrer l'air frais dans le bâtiment et une cheminée installée au
plafond laisse échapper l'air chaud chargé de gaz.
Dans le principe de la ventilation dynamique, ce flux naturel d'air froid
et d'air chaud est canalisé par des ventilateurs. Au lieu d'avoir une
ouverture dans la partie la plus haute de la salle qui laisse
naturellement échapper l'air vicié plus léger, on peut alors avoir une
sortie forcée par le bas, c'est-à-dire généralement en dessous des
caillebotis : on parle alors d'extraction basse quand les ventilateurs
aspirent l'air se trouvant à l'intérieur de la salle. On parle de
surpression quand les ventilateurs placés au-dessus des salles poussent
l'air frais à l'intérieur du bâtiment provoquant par le même temps
l'évacuation d'air vicié par une ouverture qui dans ce cas peut très bien
encore se trouver en dessous des caillebotis ou dans la partie haute de la
salle.
RÉGULER LES FLUX
Au-delà de ce simple principe de renouvellement de l'air, une bonne
ventilation consiste à réguler les flux et les volumes d'air pour
maîtriser la température des salles. On pourrait en effet imaginer créer
de brusques courants d'air capables de renouveler l'air d'une salle
d'engraissement en quelques secondes comme on le fait quelquefois pour
ventiler une pièce de maison en ouvrant deux fenêtres opposées par temps
de grand vent. Les animaux seraient victimes d'un choc thermique
préjudiciable à leur confort et donc à leur croissance. C'est pour cette
raison élémentaire, qu'en ventilation, on cherche à réguler les entrées et
les sorties d'air.
En ventilation statique, ce réglage s'obtient par une ouverture appropriée
des volets. En ventilation dynamique, le réglage des débits passe par le
choix d'une vitesse de rotation des ventilateurs en fonction de leur
diamètre, ce dispositif pouvant également être associé à un volet
réglable. "Si le ventilateur s'emballe lorsque le thermomètre placé
au-dessus du porc indique 26°C, on va créer un courant d'air. Or, chaque
fois que la vitesse de l'air augmente de 10 cm/seconde, la température
baisse de 1°C au niveau de l'animal", insiste Jean Callarec pour bien
montrer l'intérêt d'augmenter progressivement le débit des ventilateurs.
Et de résumer pour le poste d'engraissement : "Le débit de 8m3/h/porc est
idéal jusqu'à 22°C, ensuite les ventilateurs doivent augmenter
linéairement leur débit jusqu'à 40 m3/h/porc sur la plage 22 à 30°. Cette
augmentation de débit contribue à limiter l'augmentation de température
dans la salle".
MAÎTRISER LES CIRCUITS
Le circuit de l'air dans une salle est aussi important que les volumes
échangés. "Il faut faire en sorte que l'air froid arrive chaud sur le dos
de l'animal", résume le responsable de la station EDE-Chambre
d'agriculture. "Donc, pour ne pas dépenser de l'énergie pour chauffer
l'air entrant, il faut "touiller" l'air chaud et l'air froid pour obtenir
de l'air tiédi. Le placement judicieux de déflecteurs permet généralement
de bien faire ce travail". (voir schémas ci-contre). Il ajoute : "Il n'y a
pas de bons et de mauvais systèmes. La laine de roche, qui marche bien
dans les petites salles, diffuse l'air frais dans la boucle d'air chaud.
Même principe pour les plafonds perforés où l'air épouse la boucle. Les
champignons renversés créent une mini-turbulence au plafond. Les parois
qui séparent le couloir des salles peuvent également faire office de
déflecteur lorsque l'air froid descend dans le couloir, etc.".
Enfin, J. Callarec rappelle l'intérêt, dans le cas d'une ventilation
dynamique, d'installer les entrées et les sorties d'air du même côté.
"Sinon, quand le vent souffle fort, le débit des ventilateurs est réduit
de 50%" . Et de conclure : "Aujourd'hui, toutes les innovations qui
apparaissent sur le marché ne visent qu'à corriger des erreurs de
conception incombant à l'oubli des règles de base qui régissent la
circulation de l'air. Sait-on, par exemple, que même la dernière
innovation dans le domaine de la ventilation dynamique, n'explique aucune
amélioration de performance par rapport à une ventilation statique. A
l'heure de la maîtrise des coûts, cela mérite d'être signalé".
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