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SOMMAIRE :
LES TRUIES GROUPE POUR UN MEILLEUR BIEN-ETRE
Les questions qu'on se pose…
Conduite de groupe individuelle avec le Dac
"On se fait peur pour rien"
"Ne pas faire d'économies sur le dos des conditions de travail"
"D'abord un choix personnel"
Le passage aux truie en groupe nécessite un temps d’adaptation
Les truies en groupe pour un meilleur bien-être
Un arrêté ministériel prévoit l'obligation de mise en groupe des truies gestantes avant le 1er janvier 2013.
Le passage se fera progressivement en fonction de la rénovation des bâtiments.
L'arrêté du Ministre de l'Agriculture du 16 janvier 2003 détaille l'obligation qu'ont les producteurs de porcs de mettre leurs truies en groupe avant 2013. Cet arrêté s'intègre dans la réglementation bien-être qui établit les normes minimales relatives à la protection des porcs. Tour d'horizon de la réglementation avec Jean-Yves Jégou, conseiller du pôle porc des Chambres d'agriculture de Bretagne.
L'arrêté confirme d'abord les surfaces minimales (connues depuis 1991) à respecter pour les porcelets et charcutiers. Elles varient de 0,15 m2 pour les porcelets de moins de 10 kg à 0,65 m2 pour les charcutiers jusqu'à 110 kg. Au-delà de ce poids, la surface minimale devrait être de 1 m2 par porc. Les porcs de 30 à 50 kg doivent disposer de 0,40 m2, ce qui peut poser problème dans les élevages où les porcelets restent plus longtemps en post-sevrage. L'essentiel de l'arrêté concerne la mise des truies en groupes.
Quand s'applique ce nouvel arrêté ?
Les constructions neuves et toutes les rénovations (nécessitant permis de construire ou autorisation d'exploiter) sont soumises à l'arrêté depuis 2003. Les élevages Label sont concernés dès 2007. Tous les élevages de porcs seront soumis à cet arrêté à partir du 1er janvier 2013. Jusqu'à cette date, les truies peuvent être bloquées, ce qui laisse 7 années pour amortir les installations existantes.
Que prévoit cet arrêté ?
Les truies et les cochettes devront être en groupe de la 5ème semaine de gestation jusqu'à 1 semaine avant la mise-bas. L'objectif principal est de leur donner une liberté de mouvement et la possibilité de se retourner.
Quelle surface faut-il prévoir par animal ?
Chaque cochette doit disposer de 1,64 m2 et chaque truie de 2,25 m2. Lorsque les truies cohabitent en groupe de moins de 6 animaux, cette surface doit être augmentée de 10 %. Par contre, elle peut être diminuée de 10 % si la taille du groupe dépasse 39 individus. S'il y a des cochettes et des truies dans une même case, la surface à prévoir est de 2,25 m2 par animal. Pour les verrats (sur caillebotis), la surface minimale est de 6 m2, ou 10 m2 si la saillie s'effectue dans la case. Sur litière, la réglementation ne prévoit pas de surface minimum, la préconisation est de 3,50 m2 par truie.
Les cases doivent-elles avoir des dimensions minimales ?
La longueur des côtés de la case doit être au minimum de 2,80 m, qu'il y ait un bat-flanc ou un réfectoire. Dans la réalité, avec un réfectoire, il faut plus de surface que celle prévue dans la réglementation. En effet, 2,40 m à 2,50 m sont nécessaires au-delà du réfectoire, pour ne pas avoir de problèmes de comportement des truies.
Y-a-t-il des contraintes à respecter pour le sol ?
Les caillebotis doivent avoir au minimum une largeur de latte de 80 mm et une fente de 20 mm maximum
Que faire des truies à isoler ?
La truie qui ne supporte pas le groupe doit être isolée. On ne peut pas la bloquer dans un réfectoire, elle doit avoir la possibilité de se retourner.
L'arrêté comporte-t-il d'autres points ?
Les truies doivent avoir accès à une matière manipulable comme la paille ou la sciure. Des matériaux sont en cours de test à l'ITP et cette disposition n'est pas appliquée pour le moment. Un éclairage doit être maintenu pendant un minimum de 8 heures avec une luminosité d'au moins 40 lux. D'autres dispositions obligeront certains éleveurs à modifier leur conduite d'élevage : la castration et la section de la queue doivent être réalisées avant 7 jours sinon il faut une anesthésie par vétérinaire.
Quelle pourrait être l'incidence économique de la mise en groupe ?
Cet arrêté augmente la surface par truie de 58 % par rapport aux anciennes pratiques, il y a aura donc des coûts de bâtiment supplémentaires. En fait, l'incidence sera variable d'une exploitation à l'autre. Dans certains élevages, la surface sera suffisante pour modifier le bâtiment et loger toutes les truies. Dans d'autres cas, il faudra construire un bâtiment neuf pour disposer des places nécessaires et conserver de bonnes conditions de travail.
La conduite d'élevage sera-t-elle modifiée ?
Il sera plus difficile d'atteindre un taux d'occupation des places de 100 %. Faut-il faire un seul groupe de truies ou des petits groupes de 6 à 8 truies pour tenir compte du poids, du rang de portée ? L'éleveur devra s'adapter à cette nouvelle conduite. Il devra choisir le moment ou il mettra ses truies en groupe (dès le sevrage ou 4 semaines après l'IA). L'alimentation pouvait jusqu'à présent être individualisée, ce sera moins facile dans un groupe. La surveillance des avortements demandera plus de vigilance, notamment lorsque les seules traces indicatrices de l'avortement seront sur le sol. Les conditions de vaccination et donc les techniques vont changer. L'éleveur aura tout intérêt à développer une relation de confiance avec ses truies.
Propos recueillis par Patrick Bégos
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