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Comme pratiquement chaque année, l'assemblée générale de l'Union des Gva a été une journée bien suivie par les représentants des GVA du département. Une journée organisée autour de différentes visites le matin, puis l'assemblée statutaire l'après midi (nous y reviendrons). Le point fort de cette assemblée a bien sûr été l'intervention de Christiane Lambert, ancienne présidente nationale des Jeunes Agriculteurs et actuellement (entre autres) membre de la Chambre d'agriculture de Maine et Loire, vice présidente de la FNSEA et présidente nationale de Vivea (formation des agriculteurs).
Une morosité regrettable
"Rarement le secteur agricole a connu une telle morosité"; affirme d'emblée Christiane Lambert. Et de l'expliquer par les débats autour de l'OMC où l'agriculture est trop souvent une monnaie d'échange, par la Pac avec ses DPU et la conditionnalité des aides par les contrôles qui indisposent les agriculteurs, ou encore par les crises sectorielles qui secouent certaines productions (lait, aviculture ...).
Mais, plus que sur ce qui ne va pas, elle a voulu insister sur ce qui va bien, en développant un certain nombre de points positifs. Pour elle, l'agriculture est encore un secteur qui compte avec ses 15 % d'actifs (avec l'agroalimentaire), avec ses 8 milliards d'euros d'excédent commercial, ses produits alimentaires sains et sécurisés.
Positif encore, "une France belle et visitée" grâce aux agriculteurs qui ont façonné et entretiennent le paysage. Et aussi une agriculture source de solutions environnementales avec les biocarburants, la biomasse, le bois énergie. "L'agriculture est plus porteuse de solutions que de pollutions", affirme t'elle très fort.
Stratégies d'adaptation
Si bien des choses ne vont pas si mal, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas s'adapter. Faut il agrandir, diversifier, supprimer des ateliers, se regrouper ? "Il n'y a pas de réponse unique et c'est à chacun de faire son plan d'évolution en forgeant son propre itinéraire. Et pour cela la formation initiale et continue et la réflexion en groupe sont les meilleures solutions pour pouvoir s'adapter".
Et surtout, C. Lambert demande aux agriculteurs de se "réapproprier" la gestion de l'exploitation : "On revendique un statut de chef d'entreprise et trop souvent on dénigre l'outil de pilotage car la gestion administrative est considérée comme peu efficace. Pourquoi la profession tend à ne pas reconnaître ce travail administratif qui ne va pourtant pas aller décroissant. Il faut s'organiser pour dominer cette situation. Il est plus logique de faire transporter son lisier que de déléguer les outils de gestion comme la comptabilité, les plans de fertilisation... La partie administrative pure, c'est en fait peu de temps, même si c'est parfois beaucoup de stress".
C. Lambert suggère aussi d'arrêter de gémir en permanence : "Je vois trop de gens qui ont de belles exploitations qui sont de véritables réussites et qui parlent de façon négative de leur métier. L'optimisme ça se cultive et je vois des département dans lesquels l'optimisme est de rigueur et d'autres où c'est le pessimisme. Quand on se plaint tout le temps, on finit par ne plus nous croire". Et de rappeler pour y revenir que nos parents chantaient à la JAC "Sois fier d'être paysan".
Elle affirme encore que le repli sur soi est la pire des solutions et la meilleure le rassemblement au sein de groupes, non seulement pour rester dans la course techniquement, mais aussi pour confronter ses idées en rappelant que "le groupe est plus fort que le plus fort du groupe".
Jean Louis Le Rest
Moins de femmes sur les exploitations
Femme, Christiane Lambert ne pouvait aussi qu'aborder quelques aspects spécifiques des agricultrices.
Tout d'abord pour constater que l'agriculture se masculinise de plus en plus, les femmes travaillant à l'extérieur. Avec pour conséquences une ouverture d'esprit vers l'extérieur mais aussi un repli sur la cellule familiale en particulier le soir, avec des conséquences à tirer sur les habitudes professionnelles de réunions du soir. D'où aussi moins de femmes pour prendre des responsabilités professionnelles en agriculture.
Elle se réjouit par contre des évolutions positives pour la reconnaissance du travail des agricultrices, que ce soit dans la nouvelle loi d'orientation ou dans les projets agricoles départementaux. Elle préconise aussi de maintenir des formations spécifiques féminines car de nombreuses femmes n'ont pas de formation agricole et de les accompagner plus particulièrement dans leur parcours d'installation. Sur ces deux plans, le Morbihan est plutôt bien placé.
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