Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°5672 |
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Finistère (29)
(29) Le vague à l'âme agricole s'épanche à la Chambre
 
Un jeune qui aurait assisté à la dernière session Chambre d'agriculture aurait-il encore envie de s'installer ? Pas si sûr. Car, il faut bien le reconnaître, c'est un tableau noir qui a été dressé, vendredi dernier dans l'enceinte de l'organisme consulaire.
Considérations et rappels à la pelle
"Amertume" sur l'évolution du dossier environnemental ; déstabilisation des marchés avicoles et pouvoir des médias ; déficit de financement du régime agricole "dû surtout à un fort désengagement de l'État" ; "agriculteurs en situation financière difficile s'interrogeant de plus en plus sur leur devenir ; OMC mettant en danger la "survie des agriculteurs" ; inquiétude des familles de l'enseignement agricole du fait des restrictions budgétaires ; hausse des produits pétroliers mettant au plus mal les trésoreries ; situation "catastrophique des producteurs d'endives" , etc. Sans nier les difficultés, il faut reconnaître que les références à ce qui va mal ne manquaient pas dans le discours de Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture.

C'est sans doute le fonctionnement de cette institution qui veut que la salle Jean Mévellec soit, trois fois par an, le lieu où la profession s'épanche sur son propre sort. Avec ce danger qui guette ce genre de réunion : s'en tenir à une litanie de considérations, de rappels, de constats, de demandes, mais très peu de propositions. Ainsi, vendredi dernier, sur les 5 délibérations mises au vote, reprenant pas moins de 93 articles, seulement 2 alinéas se présentaient comme des propositions de la profession.

Pourtant une lueur brillait dans ce catalogue affligé : "Les résultats de la ferme Finistère se sont quelque peu améliorés au moment des clôtures comptables du 1er semestre 2005, puisque le revenu moyen atteint 20 000 euros/UTH, toutes productions confondues, avec une reprise de l'investissement qui atteint, sur 5 ans, 32 000 euros par exploitation", comme l'a dit le président.
L'OMC fait frémir
Inscrites au programme de la session, les futures négociations du commerce (OMC) ont également fait l'objet de nombreuses interventions empreintes d'appréhension.

"La question n'est plus de se poser si on y va, mais quand on y va", a replacé dans le contexte André Sergent, parlant de "compétitivité obligée" alors que des freins comme "la directive nitrates handicapent les éleveurs bretons par rapport aux autres pays". Des propos relayés par Marc Cozien relevant que "des cahiers des charges de plus en plus précis – il cite l'exemple des mycotoxines dans les céréales – faussent le jeu de la concurrence". Il ajoute : "Avec ce que nous prévoit Bruxelles, nos céréales seront sanctionnées, pas celles venant de l'extérieur".

Face à ces nouvelles règles commerciales, Jean-Alain Divanac'h suggère aux commerçants bretons de travailler avec les producteurs bretons. "Un commerce équitable entre Bretons en quelque sorte", illustre-t-il. Idée à laquelle adhère Thierry Merret, mais un brin sceptique quant au succès d'une telle entreprise. "On dit qu'il nous faudrait des alliés, entre autres le consommateur. Mais la partie n'est pas gagnée d'avance", soutient le secrétaire général de la Chambre qui demande également "au Medef, qui reproche à l'agriculture de bloquer les négociations OMC, de revoir sa position. Il ne faut en effet pas penser que la France va importer de la matière première agricole pour la transformer sur place".

Ces interventions empreintes d'inquiétude se sont en tout cas déversées comme du pain béni sur la table de l'UDSEA-Confédération paysanne, si l'on en croit l'intervention de Marcel Brélivet. "Pendant cinq ans, vous nous avez dispensé un discours expansionniste mettant en avant l'exportation, la restructuration nécessaire. Aujourd'hui, vous considérez que l'OMC est un danger", a-t-il lancé en direction de la majorité. À une année des élections Chambre d'agriculture, la campagne semble déjà lancée…

Didier Le Du






En bref…

• Directive nitrates
"C'est avec un profond sentiment d'amertume, de déception et de colère que j'ai appris la signature du 3e arrêté de la directive nitrates, sans amendement significatif ", a déclaré Jacques Jaouen. Et d'ajouter : "la profession a aujourd'hui le sentiment d'avoir été trompée et trahie par le résultat de cette consultation. Quand on nous consulte, on aime bien être écoutés".
Sur "ce sujet qui fâche", le préfet, Gonthier Friederici, a estimé que le président employait "des mots difficiles" à son égard. "On n'a pas pu prendre le contre-plan que vous proposiez, mais malgré tout on a repris quelques amendements".

• Emploi salarié
En parallèle de l'évolution démographique qui conduira à "des tensions de plus en plus vives sur le marché de l'emploi", les élus de la Chambre d'agriculture ont approuvé à l'unanimité "l'enjeu de l'emploi agricole". D'où cette incitation à renforcer la communication, la promotion de l'emploi, la formation, la gestion des ressources humaines, la promotion des salariés.





INTERVENTION


Marie-France Marchal,
présidente de la commission sociale

« Appliquer la compensation démographique»
Depuis le 1er janvier 2005, le FFIPSA a repris les doits et obligations du Bapsa. De ce fait, il enregistre une dette de 3,2 milliards d'euros, vis-à-vis du régime social des non-salariés agricole et devrait enregistrer une créance du même montant sur l'État, la dette étant imputable au Bapsa. Fin 2006, le solde cumulé devrait atteindre près de 7 milliards d'euros, soit 40 % du financement du FFIPSA.
Le FFIPSA n'a plus obligation d'équilibrer le financement du régime chaque année. Le Code rural prévoyant une dotation budgétaire de l'État, destinée le cas échéant, à équilibrer le fonds.
Alors que des systèmes d'équilibre des autres régimes sont mis en place, celui équilibrant le régime MSA des non-salariés agricoles est supprimé… ou son application différée.
Aujourd'hui, on se fait stigmatiser car la MSA est en déficit alors les cotisations sont à parité avec les autres catégories. Le niveau de l'assiette ne permet pas de recettes supplémentaires. La solution réside donc dans la solidarité interprofessionnelle avec modification des règles de calcul de la compensation démographique et intégration financière d'un un seul fonds de financement de l'assurance maladie pour l'ensemble des régimes.
La solidarité nationale devrait assurer l'équité de traitement avec les autres régimes et la mise en place de ressources pérennes.

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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 9 Décembre 2005
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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