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Ille et Vilaine (35)
(35) Mesurer l’impact des couverts végétaux
 
FDCeta et FDCuma ont mis en place le 8 août dernier à Piré-sur-Seiche huit couverts végétaux différents après un blé. L’objectif est d’améliorer les connaissances sur le comportement futur des cultures au niveau des rendements, de la fertilisation, du désherbage, des ravageurs et des maladies et aussi en fonction des techniques culturales (labour, techniques simplifiées, semis direct). La parcelle sera conduite avec une rotation maïs-blé sur plusieurs années. L’exploitant précise qu’elle dispose d’un bon potentiel (13-14 tonnes de matière sèche en maïs, 90-95 q en blé). Aux Ceta, le suivi cultural, aux Cuma, les aspects matériels.

Des adhérents des Ceta et Cuma ont pu découvrir le 9 novembre les couverts implantés avec un discomulch en un ou deux passages sur des petites parcelles de 120 m de longueur. Première observation : les deux passages le même jour ont asséché davantage la terre jouant ainsi sur la vigueur au démarrage. Un tour des parcelles a permis de comparer l’implantation, la biomasse, la couverture du sol.

Moutarde : L’implantation est facile, la biomasse et le piégeage des nitrates d’un bon niveau, la destruction facile. Le coût est peu élevé (10 euros/ha). Il ne faut attendre d’effet structurant qu’en surface. Elle ne convient pas dans une rotation incluant du colza.

Navette : Les caractéristiques sont voisines de la moutarde avec un bon effet structurant en profondeur, une bonne couverture du sol face aux adventices. La destruction est difficile. Coût : 20 euros/ha.

Phacélie : Elle présente de nombreux points positifs : famille botanique différente, biomasse, piégeage de l’azote, effet structurant, facile à détruire. En revanche, le semis doit être précis et son coût est 2,5 fois celui de la moutarde.

Sarrasin : Ses points forts sont au niveau de l’implantation, de la couverture du sol, de sa destruction (gel). Cependant il égrène vite et relève ensuite. Utilisable en mélange. Coût élevé : 45 euros/ha.

Avoine : Son coût faible (14 euros), l’effet structurant de surface, la destruction chimique facile ne doit faire oublier qu’elle est inadaptée dans un assolement blé-maïs. Elle favorise la rouille et les nématodes.

Avoine + Vesce (en mélange seulement) : Celle-ci permet un apport d’azote. Mais le coût reste élevé (32 euros/ha)

Tournesol + Phacélie : Le mélange couvre bien le sol, est peu sensible au stress hydrique, produit beaucoup de biomasse. Il embellit la parcelle. Inconvénient : le coût : 33 euros/ha.

Tournesol + Phacélie + Vesce + Sarrasin : Dans ce dernier essai, la vesce et le sarrasin se voient peu. L’objectif poursuivi est d’obtenir le maximum de biomasse, de structurer le sol en jouant sur les quatre espèces. Le mélange semé revient à 50 euros/ha.

Différents matériels

La mise en place des couverts végétaux peut s’effectuer avec différents matériels. La FDCuma en a présenté les principales caractéristiques.

Néo-déchaumeur : Avec des dents à ailerons, des disques de nivellement et un rouleau barres, la capacité de nivellement est bonne. Il est utilisable en conditions humides, mais n’est pas adapté aux déchaumages très superficiels. L’entretien est élevé en conditions usantes. 9 euros/ha, matériel seul.

Déchaumeur à disques indépendants : 2 ou 4 rangées de disques de diamètre variable. L’outil est polyvalent, il nécessite une vitesse de travail importante pour un bon mélange (puissance nécessaire :130 cv). Environ 7 euros/ha sans le tracteur.

Centrifuge à petites graines : Performant, convient pour les petites doses, mais n’est pas adapté aux grosses graines (avoine…). La sensibilité au vent, la répartition transversale inégale doivent limiter son usage au semis des couverts exigés par la réglementation.

Semoirs mécaniques : Avec des semoirs spécifiques (moins onéreux qu’un semoir classique), la régularité est bonne pour toutes les graines. Attention cependant aux efforts mécaniques à grande vitesse.
Un semoir classique peut s’adapter sur la déchaumeuse. Il existe des kits d’adaptation. L’offre spécifique des constructeurs reste d’un coût élevé. Ces matériels sont adaptés à l’implantation d’un couvert considéré comme une véritable culture intermédiaire.

Un prochain rendez-vous sera fixé après la destruction des couverts pour observer les différences entre outils.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Novembre au 2 Décembre 2005
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