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Combien gagne un salarié en production porcine ? Un salarié dans le maraîchage ? Pour la première fois, l'AEF 29 vient de publier des chiffres dûment établis. Une façon de montrer aux demandeurs d'emploi courtisés par les agriculteurs que les salaires pratiqués dans la profession n'ont pas forcément à rougir de ceux pratiqués dans les autres secteurs économiques.
Une photographie par secteur
1 662 † en porc ; 1 507 † en lait ; 1 608 † en système mixte ; 1 369 † en légumes sous serre ; 1 518 † en légumes plein champ. C'est la photographie des salaires moyens bruts mensuels pratiqués dans les principaux secteurs agricoles du département. Des chiffres qui méritent éclaircissement, comme l'a expliqué Gilles Burel, responsable de l'AEF, aux partenaires de l'emploi agricole réunis lors d'une demi-journée "prospective emploi-formation".
"L'AEF a dépouillé près de 1 300 bulletins de salaire de personnes employées à temps plein et en contrat à durée indéterminée (CDI) dans les exploitations agricoles finistériennes. Il s'agit de salariés attachés à la convention collective polyculture-élevage et maraîchage du Finistère" a détaillé G. Burel, précisant qu'ont été exclus "les conjoints d'exploitation salariés" qui pourraient fausser la moyenne.
Les chiffres représentent des salaires bruts (enlever 23 % de charges pour trouver le net). "Ces rémunérations ne tiennent pas compte des éventuelles primes d'intéressement, de la prime de fin d'année, etc. Ce salaire brut tient en revanche compte de l'ancienneté (une dizaine d'années en moyenne : 11 ans en porc ; 9 ans en lait) ". Autre point: les chiffres publiés ne correspondent pas forcément à des durées de travail hebdomadaires de 35 heures. "Dans le total, sont en effet intégrées les éventuelles heures supplémentaires, les astreintes du week-end, etc.". Cette méthode de calcul peut également expliquer certaines différences de salaire observées entre secteurs d'activité. La pratique faisant qu'un salarié fera plutôt 39 heures dans un secteur et plutôt 35 heures dans un autre.
L'effet marché du travail
"Cette enquête nous montre, qu'en moyenne, les salaires pratiqués sont supérieurs aux minimums de la convention collective", commente pour sa part Gilles Tanguy, président de la section employeurs de la FDSEA. Des propos qu'accepte, mais que souhaite nuancer Jean-Louis Spinal, secrétaire général de l'AEF au titre de la CFDT. Rapports de force syndicaux obligent…
Cette "sur-rémunération" par rapport à la grille est certainement à mettre en relation avec le fait que les employeurs finistériens savent reconnaître les compétences de leurs salariés et qu'ils trouvent leur compte à bien payer une main-d'œuvre qualifiée. Elle est aussi à replacer dans un contexte de marché du travail très concurrentiel. Rappelons à ce titre que l'Observatoire départemental de l'emploi salarié agricole (Odesa) a enregistré 2 522 offres en 2004. "Le fort déséquilibre entre offres et demandes observé notamment dans certains bassins d'emploi (Brest, Carhaix)", incite aussi les employeurs à bichonner leurs salariés pour qu'ils ne soient pas tentés d'aller voir ailleurs. C'est ce qu'on appelle la loi du marché…
Didier Le Du
REPÈRES
- 4 000 employeurs de main-d'œuvre dans le secteur de la production agricole
- 21 700 salariés dont 8 250 à temps plein (38 % ETP en moyenne, mais 64 % dans l'élevage de gros animaux et 69 % dans les paysages)
- 8 000 mouvements d'entrées et sorties annuelles de demandeurs d'emploi en 2004
- 56 % de salariés travaillent en cultures spécialisées
- 62 % de salariés ont moins de 35 ans.
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