Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Un bâtiment de qualité grâce à une bonne collaboration entre éleveurs et prestataires
 
À la ferme de la Barre, à Lourmais, (35), les vaches laitières apprécient la litière de paille fraîche. Depuis quelques jours, elles ont rejoint la nouvelle stabulation, au grand soulagement de Jean-Paul et Jocelyne Souquet. "Notre ancienne stabulation date de 1989. Le bâtiment est mal orienté, avec insuffisamment de surface par vache, la ventilation est inexistante, d'où les problèmes de qualité du lait".
Des contraintes techniques
En plus de la mauvaise ambiance dans la stabulation, Jean-Paul et Jocelyne étaient confrontés à la mise aux normes environnementale et souhaitaient regrouper les 50 vaches et les 50 génisses sur un seul site pour faciliter le travail. Dès 2003, ils ont contacté leur laiterie, la CLE PS de St Brice-en-Coglès, qui adhère à la Charte de conception bâtiments d'élevage, (voir hors-texte).
"Dans le projet, nous souhaitions maintenir la salle de traite et construire une aire paillée neuve avec fumière couverte (intérêt agronomique du fumier). Il était souhaitable d'avoir le logement des animaux de niveau avec le bâtiment de traite, or le terrain était en déclivité". La Charte a d'abord favorisé une synergie entre le concepteur et le terrassier. "Nous avons pu tirer parti de la déclivité du terrain en construisant l'aire paillée de niveau avec le bloc traite et en prévoyant la fumière ainsi que la fosse, en contrebas de 2,50 m", souligne Michel Truet, technicien bâtiment de la CLE PS.
Un projet cohérent
Les discussions ont également permis d'orienter le bâtiment à l'Est, en semi-ouvert, ce qui réduit le bardage. Après plusieurs mois d'échanges, le plan a été déposé en juillet 2004, en tenant compte des contraintes d'élevage, des bâtiments existants, des souhaits de l'éleveur et de la faisabilité du projet. "La synergie entre les partenaires nous a mené vers un projet cohérent" déclare Jean-Paul.
Quelques observations ont été faites par la DDE sur l'intégration du bâtiment dans le paysage. Une rencontre entre l'éleveur, la DDE, le service bâtiment de la laiterie et l'architecte-conseil a abouti à un compromis tenant compte des contraintes techniques et environnementales. Le bâtiment a été légèrement rabaissé et un aménagement paysager est prévu.
Rencontre avant chantier
Après obtention du permis, la charte prévoit une autre étape : la rencontre sur site avant l'ouverture de chantier entre le concepteur, les artisans (T. Hubert, terrassier, la société Froc maçonnerie, A. Daniel, charpentier et la société Tardif-Vassal pour le matériel). "Nous avons passé en revue chaque poste, redéfini les niveaux, validé la position des réseaux. Les artisans ont pu se caler. Nous avons prévu un calendrier de travaux, par semaine. C'est une étape importante car chaque artisan a ses propres méthodes et chacun est tributaire du travail des autres", déclare M. Truet. Le chantier de construction s'est bien déroulé, aboutissant à un bâtiment clair, fonctionnel et de qualité. Seul bémol, un léger dérapage dans les délais de finition. Néanmoins, le troupeau a pu rentrer dans la stabulation dans les premiers jours de novembre.
Le budget global de 175 000 euros HT que s'était fixé Jean-Paul sera respecté, ce qui est important aux yeux de l'éleveur. Le bâtiment évolutif (possiblité de logettes) devrait plaire aux laitières et à toute la famille Souquet. Les deux fils, actuellement en école d'agriculture, viendront, sans doute, dans quelques années, prêter main forte aux parents. Ils ne seront pas insensibles à la qualité du bâtiment et à l'amélioration des conditions de travail.

Plus de 400 projets par an
Constitué en 1992, au sein du GIE Lait-Viande, le Comité régional bâtiment est composé de producteurs, d’entreprises laitières et de constructeurs. Son objectif était, au départ, de résoudre les problèmes de qualité du lait liés à une mauvaise ambiance dans les bâtiments. Les Chartes ont été mises en place suite à la collaboration entre concepteurs et charpentiers, ce qui a permis de proposer des solutions techniques. Puis, les autres corps de métiers se sont intégrés dans la démarche. Actuellement, 27 bureaux d'études (56 conseillers) se sont engagés dans la Charte de conception (479 projets en 2004). La Charte de construction regroupe 79 entreprises de terrassement, de maçonnerie et de charpente (424 bâtiments bovins en 2004).

OPINION
Oliver Rosat,
animateur bâtiment GIE Lait-Viande de Bretagne.
« Un engagement fort des
prestataires ».
Au travers des chartes, les concepteurs et les constructeurs s'engagent sur la qualité de leurs prestations. La phase de conception intègre les aspects zootechniques et économiques, l'environnement, l'organisation du travail, la fonctionnalité du bâtiment et son évolution. De même, en signant la Charte, les constructeurs s'engagent, à apporter des garanties sur la fiabilité du bâtiment dans le temps. Tous ces prestataires se rencontrent régulièrement, participent à des formations et reçoivent des documents techniques. L'optimisation des coûts de construction et l'obtention d'un bâtiment fonctionnel constituent leur objectif commun. La démarche est reconnue par les interlocuteurs, notamment par le Conseil régional de Bretagne, qui alloue une aide de 400 euros par projet.

Patrick Bégos

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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Novembre 2005
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