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Des aides directes non équitables, des aides versées aux agriculteurs hors de toute transparence, voilà les reproches souvent faits à la politique agricole européenne. En publiant un rapport réalisé en collaboration avec un centre de recherche de Sciences-po, la Confédération Paysanne met en évidence par quelques chiffres, certaines situations extrêmes. Comme ce riziculteur de Camargue qui aurait bénéficié de plus de 800 000 euros pour 1733 hectares. On sait aussi que des grandes entreprises, propriétaires de terres, perçoivent des aides importantes. Quelques pays européens publient déjà la liste des bénéficiaires des aides Pac, dans un souci de transparence. Et l’on peut penser qu’avec le temps cette possibilité deviendra la règle. Le manque de transparence alimente la suspicion sur la politique agricole européenne. Jean-Michel Lemétayer serait pour sa part favorable à une telle mesure en France. Encore faudrait-il expliquer à nos concitoyens le pourquoi de ces aides dont on oublie souvent l’adjectif qui les qualifie de « compensatoires ». Ces aides, le riziculteur camarguais en a besoin pour couvrir les charges de sa production, comme le céréalier du Bassin parisien ou le producteur de lait en Bretagne. La question qui se pose alors est : le 1733ème hectare de notre riziculteur mérite-t-il d’être aidé comme le 25ème hectare d’un plus petit producteur ? Sur le plan strictement économique la réponse est oui, les mêmes charges s’appliquant (mis à part l’économie d’échelle, si elle existe). Il n’y a donc, de ce seul point de vue économique, aucune raison de plafonner les aides. La réponse est plus complexe et plus syndicale du point de vue de l’éthique et de la solidarité envers ceux qui en ont le plus besoin. Le revenu agricole est de plus en plus dépendant des aides. Cette question comme celle de leur répartition selon le type de production n’a donc pas fini d’alimenter les débats syndicaux.
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