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L'évolution de la filière de chair ne s'est pas réalisée uniformément dans le temps. La construction de bâtiments s'est développée pendant 10 ans jusqu'à ce qu'apparaisse la surproduction. Deux plans d'aides nationaux ont accompagné les fermetures en 2000 puis en 2003-2004. Ils ont pour un temps amorti les effets de la saturation du marché national et de la réduction des exportations qui ont surgi à cette époque.
Au cours des seules 4 dernières années, le Morbihan a fermé 500 000 m2 de bâtiments de chair et perdu 350 éleveurs. Aujourd'hui, les difficultés de remplissage demeurent alors que les investissements sont limités aux travaux de mises aux normes indispensables et à quelques rénovations.
Le vieillissement du parc de bâtiments s'accélère
Les éleveurs de volailles de chair utilisent 2 092 bâtiments en 2004, soit près de 2 bâtiments par exploitation. Mais, ce qui caractérise le plus le parc est l'ancienneté des constructions avec un âge moyen de 21 ans. 36% ont même plus de 25 ans. Et, puisque seulement 2,6% des bâtiments ont été construits depuis 2000, le vieillissement du parc s'accélère.
La taille moyenne des bâtiments est réduite de 560 m2 pour ceux construits avant 1970. Elle se situe entre 950 et 1 000 m2 pour les bâtiments de 30 à 15 ans mais les plus récents offrent plus de 1 100 m2 de moyenne.
La vague des grandes rénovations avait pris de l'ampleur dans les années 1990. Des rénovations importantes ont été réalisées depuis 2000 sur 35% des bâtiments opérationnels : travaux d'isolation, d'étanchéité, de ventilation, d'abreuvement ou de récupération des déjections. Mais, fin 2004, il reste 22% des bâtiments de plus de 15 ans demeurés en l'état. On sait aussi que ces bâtiments n'offrent que rarement des parcours (moins de 8%) et que l'on a recensé seulement 74 parcours avec abris sans bâtiment en dur.
Forte densité des élevages
La concentration des élevages de chair est bien réelle dans le Morbihan. Les 5 cantons offrant le maximum de surfaces sont St Jean Brévelay et Baud, loin devant Rochefort en Terre, Locminé et Gourin. Avec plus de 100 000 m2 de surface chacun, ces 5 cantons se partagent un tiers de la surface de bâtiments du département.
Viennent ensuite les cantons d'Allaire, Hennebont, Josselin, Guémené/Scorff, Le Faouët et Grand-Champ qui abritent tous plus de 80 000 m2 pour un total de 40% du département.
Les autres cantons du département occupant les 1/3 du territoire se partagent le dernier quart des élevages. Les cantons littoraux abritent très peu de bâtiments avicoles.
La dinde reste la reine du poulailler
Avec 742 éleveurs de dindes pour une production de 19, 6 millions de têtes en 2004, le département occupe une première place qui n'est pas sans risque dans la conjoncture difficile actuelle. Cette production est confrontée à une concurrence croissante des pays voisins ou de façon plus indirecte par le biais des produits saumurés importés.
Les éleveurs sont aussi confrontés à de nouveaux problèmes sanitaires depuis l'interdiction des farines animales et de produits à base de nifursol.
Parfois élevés alternativement avec les dindes, les 66 millions de poulets produits par 539 éleveurs offrent à peine plus de variété. Le poulet standard représente près des 2/3 de la production départementale et le poulet léger, type export, plus du quart. Quelques dizaines d'éleveurs font du poulet certifié, du poulet label, des coquelets ou des chapons.
Outre 63 éleveurs de pintades (de moins en moins nombreux chaque année),on note 115 éleveurs de canards à rôtir pour plus de 5 millions de têtes en 2004 avec 13% de la production nationale, ainsi que quelques nouveaux éleveurs de canards à gaver.
Source Agreste Morbihan, septembre 2005
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