Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°5529 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Finistère (29)
Mariage vert entre producteurs de porc et légumiers en rupture de ban
 
Des déchets verts de la région brestoise mélangés avec du lisier de porc pour produire un compost qui séduit la zone légumière toute proche. Ce scénario nord-finistérien a tout d'une idylle environnementale : Brest Métropole Océane (BMO) "se débarrasse" de 22 000 tonnes de déchets verts , 12 éleveurs trouvent un débouché pour 22 000 tonnes de lisier qu'ils doivent traiter ; des légumiers en redemandent de ce compost qui réchauffe leurs terres pauvres en matière organique (2,5 % en moyenne). Mais il y a un hic. La réglementation interdit le transfert d'effluents d'élevage de Zes à Zes (zone d'excédent structurel). Ce que ne comprennent pas les protagonistes de l'échange qui rappellent le caractère équilibré du produit en éléments fertilisants et plus particulièrement sa faible teneur en azote (0,85 unité d'azote/100 kg).
"Ce qui nous intéresse, nous légumiers, c'est la matière organique", a rappelé Yvon Guéguen, producteur de chou-fleur, d'artichaut, d'échalote et de céréales sur 26 ha à Tréflaouénan. Un message directement adressé au préfet venu sur le terrain prendre le pouls de cette gestion controversée des co-produits issus du traitement de lisier.
Échange de paysan à paysan
C'est l'intérêt agronomique d'enrichissement des sols de la zone légumière en matière organique qui a conduit huit Cuma locales à signer une convention avec le GIE de co-compostage Menez Avel. Objet de cette convention : un contrat de reprise de 9 000 tonnes de compost produit à partir des 44 000 tonnes de déchets verts et de lisier. "Il s'agit d'un produit normé, tracé et certifié par le Cerafel. Nous respectons un cahier des charges pour l'épandage", a précisé Y. Guéguen, indiquant que des quotas définis ont été alloués à chacune des Cuma signataires.

Reste que "cet échange de paysan à paysan", comme le qualifie Rémi Bodiou, président de la FDCuma, est prohibé par l'administration qui applique, ni plus ni moins, la réglementation applicable en Zes (5 Cuma concernées). Hormis quelques dérogations ponctuelles pour du fumier de bovins, l'importation de matière organique d'origine animale n'est en effet pas autorisée dans les cantons à plus de 140 unités d'azote/ha.

En invitant le préfet et ses administrations sur le terrain, les légumiers et les producteurs de porc espèrent bien une extension des dérogations pour ce type d'échange. Une autorisation que le préfet peut donner après avis du CDH départemental. Avec cette idée sous-jacente : peut-on donner une autorisation pour un type de compost et pas un autre ? Autrement dit, les coproduits issus des stations biologiques pourraient-ils être concernés alors que la pression pour diminuer les apports de phosphore n'a jamais été aussi forte.

Didier Le Du


Économie et environnement à l'unisson


22 000 t de déchets verts + 22 000 t de lisier = 9 000 tonnes de compost. Bizarre ? Pas vraiment, car en fermentant, ce mélange chauffe et dégage de la vapeur d'eau.

Le compost Douar Mad est produit sur 3 plates-formes (Plourin, Ploudalmézeau, Plouarzel) détenues par 3 GIE d'éleveurs (12 éleveurs au total).

Un "super GIE" (Ménez Avel) assure les opérations de compostage (mélange, tamisage…) pour les 3 plates-formes. Ces prestations de service sont financées par BMO, en contrepartie du débouché gratuit que leur assure le GIE Ménez Avel pour 22 000 tonnes de déchets verts.

La charge incombant aux 12 éleveurs se limite donc aux amortissements des installations, plus les frais de comptabilité, d'assurance, d'électricité, etc. : soit 7,60 euros/m3 de lisier composté.

Les Cuma qui reprennent le compost supportent quant à elles le coût du transport du compost de la plate-forme de compostage à la zone légumière, soit 152 euros par camion de 24 tonnes.

Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Octobre 2005
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)