Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°5527 |
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Côtes d'Armor (22)
Une mise aux normes à un coût raisonnable
 
Georges Etesse s’est installé à Plémy en 1993 à la suite des ses parents en production laitière (40 vaches laitières et un quota de 191 00 litres de lait) et un atelier de 200 places de porcs. Pour la production laitière, il a opté pour une conduite dans un système herbager en maxi-pâturage avec une alimentation hivernale diversifiée à base de maïs, betteraves, céréales et foin.
L’antériorité de l’exploitation (Gaec avec 75 VL) fait qu’il dispose de bâtiments particulièrement spacieux : une aire paillée, deux couloirs d’alimentation et une aire d’exercice découverte de 530 m2. « Une première mise aux normes au moment de mon installation m’avait conduit à augmenter la capacité de stockage » explique l’éleveur. Il avait alors adjoint à la fosse initiale de 130 m3 une autre fosse de 320 m3. Mais comme une majorité de producteurs, il a rapidement été rattrapé par la législation, notamment sur les périodes d’épandage, nécessitant une nouvelle mise aux normes. Le début d’un long parcours.

Le refus de tout chambouler

Intégrable compte tenu de la double production (lait + porcs) au PMPOA 1, son Dexel a été réalisé dès 1998, Un diagnostic qui mettait en évidence l’obligation de trouver de nouvelles solutions pour éviter les épandages en période d’interdiction. « Les solutions proposées à l’époque, consistant notamment à la couverture des aires découvertes, me paraissait inadaptées. Cela conduisait à réorganiser mon système d’alimentation qui me convient parfaitement et surtout m’engageait dans des dépenses (environ 60 000 euros) que je jugeais démesurées».
Il prend connaissance de solutions alternatives et se déplace dans la Manche. «J’ai visité des systèmes (Bassin tampon de sédimentation, lagunage, filtres à paille) qui me sont vite apparus mieux adaptés à ma situation et surtout beaucoup moins onéreux ». Avec cependant la difficulté que ces solutions n’étaient à l’époque pas validées par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et le ministère de l’Agriculture

130 euros par vache

C’est finalement une de ces solutions alternatives qui sera pourtant retenue : le BTS avec épandage des eaux peu chargées par aspersion. La configuration de ses bâtiments lui permettait en effet de conserver l’existant. Le lisier épais de raclage de l’aire d’exercice rejoint la fosse de 320 m3. Les eaux brunes, blanches et vertes moins de 0,5 unité d’azote) vont dans la fosse de 130 m3, qui avec quelques aménagement simples a été transformée en BTS.
Le liquide décanté et peu chargé rejoint ensuite une fosse intermédiaire (type fosse toutes eaux) équipée d’une pompe électrique avant un épandage par asperseur sur des parcelles enherbées situées à proximité des bâtiments. « Le calcul prévoyait 70 ares minimum pour ne pas dépasser un apport de plus de 20 kg d’azote par ha pendant la période du 15 novembre au 15 janvier. Ce sont en fait 2 ha 50 qui peuvent recevoir le liquide épandu par aspersion ».
Au final, c’est pour Georges Etesse la satisfaction d’une mise aux normes simple, réussie et peu coûteuse. « Subventions déduites, le coût de la mise aux normes (aménagement de la fosse en BTS, pompe, système d’arrosage comprenant tuyau et asperseur) dépasse à peine 5000 euros, soit 130 euros par vache. On est donc bien loin des 1500 euros par vache du projet initial avec couverture des aires d’exercice ». Quant au temps de travail supplémentaire lié à cette nouvelle installation, il est également limité. « Depuis le début de l’année, j’ai déplacé l’apserseur 7 fois et il me faut une vingtaine de minutes pour réaliser l’opération ».

Pierre Dénès


Il est impératif de s’engager rapidement


La mise aux normes des bâtiments d’élevages existants, ce n’est pas forcément un investissement lourd. Il existe aujourd’hui pour certaines exploitations des solutions de traitement des eaux brunes, vertes et blanches validées qui offrent de nouvelles possibilités aux éleveurs concernés, en limitant les coûts. Les travaux pouvant, au besoin, être étalés dans le temps sur 3 ou 4 ans.
Par contre les délais pour pouvoir bénéficier des aides PMPOA se resserrent. Il ne faut donc pas tarder à s’engager dans le dispositif en constituant son dossier de mise aux normes et de demande de subventions. Le non-respect de la réglementation aura des conséquences dans le cadre de la nouvelle PAC (éco-conditionnalité) et pourrait venir amputer certaines aides. .Les éleveurs concernés doivent par conséquent prendre contact avec les techniciens dans les organisations (Chambre, Centres comptables, coopératives …) ou auprès des animateurs des bassins-versants. Ils sauront les conseiller et proposer des solutions adaptées à chaque situation, donner des adresses pour des visites de systèmes mis en place par d’autres éleveurs….
S’engager, c’est aussi assurer la pérennité de son exploitation, la rendre transmissible. En sachant qu’au delà des aides liées directement au PMPOA, certains peuvent aussi sous certaines conditions solliciter les mesures d’accompagnement (prêts à taux zéro) mises en place par le Conseil général. De même le plan de modernisation des bâtiments peut venir en parallèle consolider la mise en œuvre d’un projet.

Yvon Boutier,
membre de la Chambre d’agriculture en charge du dossier mise aux normes

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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Octobre 2005
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