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La session de la Chambre d'agriculture de la semaine passée a été consacrée pour l'essentiel aux problèmes d'environnement. Un sujet qui n'est pas nouveau et qui durera encore car, même si des progrès sont réalisés, rien n'est encore gagné.
Légère tendance à la baisse des nitrates
La qualité de l'eau est définie en particulier à partir des teneurs en nitrates (et aussi phytosanitaires). Des notions qui ont le mérite d'être simples et mesurables. Mais sûrement trop simples puisque de plus en plus on parle de "bon état écologique". Une approche qui prend en compte l'ensemble des éléments tels que nitrates, phosphore, phytosanitaires, matière organique et bien d'autres éléments encore plus ou moins mesurable. Avec l'objectif d'arriver à ce "bon état écologique" en 2015. Une eau classée bonne en nitrates peut ainsi être mauvaise avec cette notion nouvelle. Et c'est celle-ci qui est prise en compte dans l'établissement des SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux).
Pour ce qui est des nitrates, la tendance globale est plutôt à l'amélioration. Ainsi, la teneur moyenne sur le département (115 points de mesure) était de 29,2 mg en 2004 (contre 37 mg en 99. Une amélioration que l'on peut qualifier de fragile, même si la tendance favorable semble se poursuivre en 2005. On constate aussi une différence importante entre l'est et l'ouest du département. À l'est en particulier, les variations et les pics sont beaucoup plus élevés.
Cette tendance à l'amélioration ne sera sans doute pas suffisante pour arriver à un "bon état écologique" en 2015. Une étude prospective montre que près de la moitié des "masses d'eau" du département n'y arriveraient pas à cette date.
Moins d'azote organique et minéral
La tendance à l'amélioration des teneurs des eaux en nitrates est sans doute pour partie à relier à l'amélioration des pratiques des agriculteurs, mais aussi à la diminution des déjections animales et des achats d'azote minéral. L'Observatoire de l'azote mis en place dans le département permet de mesurer les évolutions.
Pour l'azote organique, la production a baissé de 3,5% en 2004 (44 870 tonnes contre 46 502 en 2003). Et, la baisse est réelle dans toutes les productions animales. Elle est énorme en aviculture depuis quelques années, certains cantons ayant même perdu plus de 40% des surfaces en poulaillers en 4 ans. Elle est aussi réelle en porcs et bovins, même si pour ces productions la diminution des effectifs est compensée par une amélioration de la productivité. En 2004, les bovins représentaient 50% de l'azote, les porcs 24% et la volaille (chair et pondeuses) 23%. Cette dernière était à 30% il y a quelques années.
Tout ceci fait que plusieurs cantons ne devraient plus être en ZES en fonction de la production actuelle d'azote organique par ha épandable (Gourin, Plouay, Questembert, Allaire ...). Il ne resterait plus que 11 cantons à plus de 170 kg / ha.
Dans le même temps, les apports d'azote minéral ont sensiblement diminué, passant de 31 000 tonnes dans les années 80 et 90 à moins de 24 000 tonnes actuellement, soit moins de 60 kg par ha de SAU.
Problème de délai pour le PMPOA 2
Il y a bien longtemps que l'on disait aux éleveurs de s'engager rapidement dans la mise aux normes, sous peine de prendre un risque avec le délai du 31 décembre. C'est ce qui va arriver.
Sur les 4 515 DIE , seulement 1 261 dossiers avaient été déposés au 1er septembre. Sur les 3 254 autres dossiers, 1 560 ont commandé une étude ou vont le faire. Soit au total 62% que l'on peut considérer comme engagés. Il en reste près de 1 700 parmi lesquels 428 sont inéligibles (arrêt d'élevage ...) et 562 seraient aux normes (encore faut-il le faire savoir). Et surtout 560 ne veulent pas s'engager et 140 sont indécis. Pour ces 2 dernières catégories, la pérennité de l'élevage n'est pas assurée. Ce qui n'est pas trop grave pour les plus de 55 ans, mais beaucoup plus gênant pour les 220 qui ont moins de 55 ans.
Ce qu'il y a de sûr, c'est que de toutes manières l'ensemble des dossiers ne sera pas réalisé d'ici la fin de l'année malgré l'augmentation des moyens humains. D'où le souci d'orienter vers les pré-études ceux qui sont en conformité ou ont de petits travaux à faire. Et surtout la profession demande un délai supplémentaire à l'administration. Reste à voir si elle l'obtiendra.
Jean Louis Le Rest
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