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Le développement de la région rennaise et des autres centres urbains crée une pression sur le foncier dans pratiquement tout le département. Elle remet en question l’installation et la place de l’agriculture. La surface agricole utile s’est ainsi réduite de 1266 ha entre 2003 et 2004 (source DDAF). Le phénomène va se poursuivre (ligne TGV…). En invitant à son assemblée générale, Yves Léon de l’Inra, membre du groupe prospective Datar 2020, l’Adasea a cherché à appréhender ce que pourrait être demain (dans les 10 à 15 ans) suivant les orientations qui seront prises.
Pour le chercheur, la campagne a trois fonctions complémentaires mais aussi concurrentes. Elle peut être le support d’activités économiques productives, l’agriculture en particulier. Elle peut être considérée comme un cadre de vie pour la résidence et les loisirs. On peut encore lui attribuer une fonction d’espaces réservés à la conservation, la prévention ; c’est la campagne nature.
Quatre pistes
Quatre scénarios ressortent de l’étude. Ils seront plus ou moins probables si certaines conditions sont remplies. Ainsi celui de la campagne résidentielle généralisée suppose une mobilité des personnes avec la poursuite du tout automobile. Elle demande une campagne accueillante, convient aux classes moyennes, est favorisée par un monde libéral avec peu de régulations. Les conséquences se mesureront avec un accroissement de la population, des tensions pour l’usage de l’espace, une certaine délocalisation des activités agricoles et industrielles.
Avec une politique de la ville durable efficace, un recentrage du développement urbain (avec un habitat acceptable), la stigmatisation de l’automobile, le scénario des villes durables et grande agriculture suppose une intervention publique et des pouvoirs renforcés des agglomérations. La priorité est à l’environnement. La campagne devient moins peuplée avec des zones de segmentation de l’espace, notamment pour l’agriculture. On peut aussi imaginer des inflexions entre ces deux premiers scénarios.
Un rural qui produit des biens et des services environnementaux, un peuplement recentré sur une ville écologique et attractive, on va vers une campagne nature. L’environnement devient alors la préoccupation principale dans un contexte international libéral. Tout cela entraîne une nouvelle géographie des zones rurales, une délocalisation des activités agricoles intensives et un affaiblissement du monde agricole.
Etre présent dans les instances
Avec des campagnes industrieuses et concurrentielles, les ruraux vivent et travaillent au pays. Les décisions sont alors prises localement avec des institutions centrales moins puissantes, les collectivités locales soutiennent l’activité. Les métropoles sont alors en crise. L’emploi rural progresse, mais des disparités se développent entre les territoires.
Suivant les lieux, toutes ces tendances sont plus ou moins représentées. En Bretagne, huit bassins de vie sont orientés vers l’agroalimentaire ou la résidence, fait observer Yves Léon. Il y a aussi un maillage important de petites villes. Le chercheur propose de réfléchir à l’étalement de certaines villes, trouve séduisant de vivre et travailler au pays si celui-ci a du potentiel, voit mal le département réserve de la nature. « La politique des villes vis-à-vis de l’agriculture nécessite d’être clarifiée. Aussi conseille-t-il aux agriculteurs de faire le nécessaire pour être présents dans les instances de décisions ».
Le nombre d’installations se stabilise
2005 devrait être une bonne année pour les installations au regard des dossiers acceptés et de ceux en cours. De l’ordre de 180. Le président de l’Adasea estime qu’à l’avenir le nombre devrait tourner autour de 150, un chiffre comparable aux réalisations de 2002, 2003 et 2004 (145 de moyenne). À ce chiffre, il faut ajouter les 73 installations sans aides relevées par la MSA.
L’analyse des dossiers d’installations appelle quelques commentaires de l’Adasea : les trois quarts des installations se font en société. Les coûts restent élevés (212 000 euros). Le lait constitue la production dominante (75 % des dossiers). La fiabilité des études prévisionnelles est bonne, la comparaison prévision-réalisation au bout de trois ans le montre.
Du côté des cédants, la déclaration d’intention de cessation d’activité fonctionne bien. Cependant, les cédants sont de moins en moins attirés par l’installation d’un jeune alors qu’il y a beaucoup de demandes y compris pour des petites structures. Un souci cependant : très peu de jeunes sont intéressés par l’entrée dans une société.
Paul Chauvin
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