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Pour son assemblée générale, mardi 27 à Plérin, la Confédération Paysanne 22 avait choisi un thème récurrent, celui de l’agrandissement. Ayant déjà travaillé sur ce thème avec le syndicat, le sociologue Jean Pluvinage, de l’Inra de Montpellier, était invité à témoigner. Pour le sociologue plus habitué aux exploitations du Sud, c’était aussi l’occasion de visiter deux « petites » fermes du département, celle d’Alain Posnic, éleveur de porcs à Gomené, et celle de Ludovic Billard, éleveur laitier à Laurenan.
Après avoir travaillé à l’extérieur, Ludovic s’est installé après tiers, en 2003, sur une exploitation de 45 ha avec la volonté d’optimiser l’herbe au maximum. Le quota a été porté à 190 000 litres. Le lien avec les cédants s’est fait par l’intermédiaire de l’Adasea. Ludovic recherchait une exploitation avec un parcellaire regroupé et un prix de reprise raisonnable. Originaire d’Ille-et-Vilaine, il n’a pas hésité à changer de département pour réaliser cette installation qu’il appelle « familiale », au sens où toute la famille a déménagé. « La maison était vide depuis 6 ans et il n’y avait plus d’animaux sur le site. Le fait que nous venions nous installer ici en famille, avec un projet de vie, a beaucoup joué », explique-t-il. L’aspect familial était aussi l’élément moteur pour ce nouvel éleveur. « L’exploitation, c’est, d’abord, un lieu pour y vivre, en famille. » Avec un recul de 2 ans, Ludovic s’estime satisfait du revenu qu’il retire de l’exploitation. Et annonce la couleur, pour la suite : « Si, à l’avenir, il faut que je m’agrandisse, ça me posera la question de savoir si je reste agriculteur ou pas. »
Emplois en jeu
« Un milieu rural et agricole qui tient la route, qui n’est pas condamné à dépérir, c’est possible ! Les choses commencent à évoluer positivement à ce niveau-là », a lancé Jean Pluvinage, prenant appui sur le témoignage de Ludovic Billard et ses différentes études, en France et à l’étranger. « En Ardèche, les filières ne crachent plus sur les petites exploitations. Le maintien de la filière passe par le maintien de chacune des structures. » Pour le sociologue, il est primordial de conserver l’existant au nom de tous les emplois qui sont en jeu. « Dans d’autres pays, on y pense aussi beaucoup. C’est essentiel. »
« Quid de la transmission quand l’exploitation s’agrandit tellement que son prix en devient exorbitant ? Comment réussir à s’occuper de l’environnement de l’exploitation quand on est déjà débordé par le travail courant ? » se sont interrogés les responsables du syndicat, pour lesquels le maître-mot devrait rester : « une installation pour chaque départ ». Ils ont, enfin, insisté sur la possibilité de réaliser la mise aux normes de l’exploitation à moindres frais alors que la tendance actuelle est plutôt aux lourds investissements. Pour Raymond Robic, secrétaire général du syndicat, « la mise aux normes a toujours été un prétexte à la restructuration ».
Quant aux impressions de Jean Pluvinage, sur l’agriculture bretonne, après cette journée de visites, c’est très simple : « la spécificité, ici, c’est qu’il y a encore du monde ! C’est un véritable atout, pour bouger, réfléchir, trouver des solutions. Quand tout cela meurt, on ne rattrape pas le coup. »
Anne-Laure Lussou
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