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Ille et Vilaine (35)
(35) « Il n’y a pas d’avenir pour les cultures transgéniques » selon Adage
 
Les cultures transgéniques présentent-elles des risques ? Les réponses données par Christophe Noisette (Inf’OGM) et par Jean-Yves Griot président de Cohérence lors de l’assemblée d’Adage ne laissent guère de doute. Si les agriculteurs américains ont été enthousiastes (simplification des pratiques, gain de temps, réduction de charges), ils le sont moins aujourd’hui. Il leur est plus difficile de vendre un produit OGM. Et surtout ils sont liés par contrat strict à la firme pour les semences (interdiction de ressemer), les produits phytosanitaires. Il leur est difficile d’en sortir. « Le fait d’avoir breveté l’innovation permet à la firme d’exiger des royalties. Les enjeux financiers sont énormes », explique Jean-Yves Griot.
Faute d’études menées jusqu’à leur terme, on ne sait pas grand-chose de l’innocuité sur l’homme de la consommation de cultures OGM (soja par exemple), sur leur devenir lorsqu’ils sont utilisés par les animaux ou encore sur leur action dans le sol. Les choses sont un peu plus précises sur les cultures. Le colza a transmis à une moutarde sa faculté de résister à l’herbicide créant ainsi une super mauvaise herbe. Des insectes sont devenus plus résistants (coton). « On n’a rien résolu, sinon à réintroduire d’autres gènes. Et à amplifier le phénomène à l’avenir », commente Christophe Noisette.

Acheter non OGM

Que peut-on faire pour limiter l’extension de ces cultures ? Le président de Cohérence fait l’analyse suivante : pour le soja, la culture OGM n’apporte pas d’avantages supplémentaires aux producteurs ; la consommation principale vient des animaux ; l’Europe est le principal client des pays d’Amérique du Sud, le Parana, ne veut pas cultiver de soja OGM et il peut satisfaire nos besoins.
« Les agriculteurs doivent exiger un soja non OGM pour contrecarrer l’accroissement des surfaces. Ils peuvent avoir le soutien du consommateur car plus il est informé, moins il en veut. Ils ont aussi le soutien de la Région. Tout cela me fait dire qu’il n’y a pas d’avenir pour les cultures transgéniques ». Problème : le soja non OGM doit être traçé dès la production. Et cela a un coût entre 8 et 18 euros par tonne. Qui plus est : il est supporté par ceux qui n’utilisent pas ces nouvelles variétés ! Les agriculteurs, au moins dans certaines productions, peuvent avoir la possibilité d’être relativement autonomes dans leurs besoins en matières azotées. Ils ne vont alors pas grossir la demande de soja. Les adhérents d’Adage sont sensibles à cet aspect.

Paul Chauvin




OGM : quelques points de repère

Contrairement à la sélection classique qui améliore une espèce, la transgénèse consiste à introduire un ou des gènes d’une espèce dans le patrimoine génétique d’une autre. Toute une construction génétique complexe est à mettre en œuvre. Si dans les laboratoires, il existe plusieurs espèces modifiées génétiquement, sur le terrain, seuls le maïs, le coton, le soja et le colza sont actuellement concernés. Les variétés ainsi modifiées visent à rendre la plante capable d’éliminer certains insectes (pyrale pour le maïs). Elle peut aussi résister à un désherbant. Ce sont les deux seules applications utilisées à grande échelle.
Les superficies concernées sont encore limitées à 1,4 % des surfaces agricoles. On les trouve principalement aux États-Unis, en Argentine, au Canada, au Brésil, en Chine. Et relativement peu en Europe. Cinq sociétés dans le monde sont impliquées dans ces cultures.

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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 30 Septembre 2005
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