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Danielle, directrice d’un centre social pendant une vingtaine d’années s’est installée avec son mari en production porcine. Annie a fait le chemin inverse. Elle, et son mari, ont décidé à près de 50 ans de quitter la production laitière. Elle a suivi une formation et est aujourd’hui vacataire à la DSV. Claire a trouvé un nouveau souffle en mettant en place une activité de diversification. Elle a créé un gîte d’enfants. Marie-Christine a donné son exemple dans l’artisanat et Odile, du Finistère, a expliqué comment elle s’est impliquée dans les réseaux (JA, groupes, Comité de développement).
Des expériences et des voies différentes qui ont toutes abouti à des expressions comme, choix personnels, capacité d’adaptation, formation, recherche de qualité de vie, confiance et réalisation de soi, valorisation du travail, nouvelle motivation… Une richesse de propos venus du terrain. L’idéal en fait pour lancer une journée intitulée « Agriculture au féminin », organisée par la Chambre d’agriculture lundi 19 septembre à Plérin et suivie par près de 200 agricultrices. Christiane Lambert, présidente de Vivea et vice-présidente de la FNSEA, ainsi qu’Odile Plan, directrice de recherche pour l’éducation et la prospective sont quant à elles venues apporter leur vision extérieure de la place de l’agricultrice dans une agriculture en mouvement.
Militante et déterminée
Christiane Lambert, connue pour son franc-parler et un dynamisme à toute épreuve, ne se lance pas dans un discours angélique, où tout serait sans nuages. D’ailleurs, ses premières phrases vont pour placer l’agriculture dans un contexte incertain. Elle cite pêle-mêle, « la reprise des négociations sur l’OMC, la Pac qui chamboule tout, la conditionnalité, les obligations environnementales qui s’accumulent, les crises sectorielles du monde de l’élevage ».
Faut-il pour autant se replier sur soi et baisser les bras ? Sa réponse est clairement « Non ». Elle défend l’agriculture comme secteur essentiel de l’économie nationale : « 15 % des emplois (directs et indirects) en France, bien répartis sur le territoire ; + 8 milliards d’euros d’excédents de la balance commerciale ; la garantie d’une alimentation saine, sécurisée, diversifiée … ». Des arguments chocs complétés par une conviction forte : « 70 millions de visiteurs traversent chaque année une France belle, entretenue, jardinée grâce à la présence des agriculteurs ».
Un pragmatisme qui laisse selon elle des perspectives et des marges de manœuvre dans les exploitations. « Elles vont évoluer : certaines voudront s’agrandir, d’autres se diversifier, se regrouper, voire supprimer des ateliers. Pas de modèle unique. Mais toutes devront avoir de la réactivité ».
Reconnaissance et réactivité
Quant à la place des femmes. Elle reconnaît que, jusqu’à présent, une partie de leur fonction, notamment liée aux taches administratives n’est pas reconnue. « On revendique le statut de chef d’entreprise, mais on dénigre le travail administratif. Ce qui est totalement incohérent ». Les mentalités doivent évoluer pour obtenir cette reconnaissance. «C’est un travail qui ne va pas diminuer. Ce ne serait pas rendre service à l’agriculture que de le faire croire. Par contre il faut le faire reconnaître comme dans toute entreprise».Elle n’oublie cependant pas la reconnaissance économique au travers des moyens de production, puisqu’il s’agit aujourd’hui pour toutes ces femmes, d’un métier choisi avec une démarche professionnelle réfléchie.
Elle incite enfin les agricultrices « à prendre toute leur place sur le territoire, à s’impliquer dans les réseaux, dans les associations locales, à rompre les barrières avec les autres professions, et s’ouvrir au maximum vers l’extérieur sans complexe ».
En conclusion de la journée, elle reviendra sur tous ces mots en R : «Reconnaissance par vos pairs, par la société … ; Réseaux pour rompre l’isolement géographique, professionnel, humain ; Rebondir pour que la journée se décline sur le terrain dans les Pays … ; Regrouper car plus d’énergie à plusieurs que seule … ; Réactivité chez elles ou à l’extérieur…» Tout ceci pour plus de « Rayonnement ».
Pierre Dénès
Repères
5539 femmes chefs d’exploitations ou conjoints collaborateurs
26 % des chefs d’exploitation sont des femmes
4508 femmes ont quitté l’agriculture de 1992 à 2002
38 % des installés sont des femmes
Les femmes peu présentes dans les organisations professionnelles : 10,8 % à la Chambre d’agriculture, 24 % au CER, 20 % au contrôle laitier ; 44,8 % à la MSA
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