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Vendredi 9 et samedi 10 septembre, Marcel Corman a ouvert grandes les portes de son exploitation porcine du Haut-Corlay. Organisée sur deux jours, afin de différencier la journée professionnelle et la journée grand-public, la manifestation a rassemblé au total près de 1000 personnes.
"Nous tenions à ouvrir les portes de l'exploitation au public afin de recréer des liens qui, autrefois, paraissaient naturels, entre agriculteurs et citadins", s'est expliqué Marcel Corman lors de l'accueil des invités. Outre la présentation de la production porcine, deux éléments lui avaient donné l'occasion d'organiser ces journées : la mise en fonctionnement de la station de traitement des lisiers, fin 2004, et la restauration récente d'un sentier de randonnée sur les terres de l'exploitation.
"Cette journée a permis de faire sauter les préjugés dans la tête des consommateurs, s'est réjoui Marcel Corman. Ils ne demandent qu'à connaître l'élevage, ses produits, comment ils sont faits." Pour les visites de l'élevage (naissage-engraissage partiel), une vingtaine d'éleveurs étaient venus prêter main-forte à l'exploitant et ses 4 salariés.
Dialogue sur l'avenir
"Une main tendue des agriculteurs pour venir découvrir ce qu'est une exploitation moderne, voilà quelle est, pour moi, la signification d'une telle journée", s'est exprimé Jean Salmon, président des Chambres d'agriculture des Côtes d'Armor et de Bretagne. Avant de poursuivre : "c'est un acte de foi face à l'avenir", en référence aux négociations prochaines de l'OMC. "Elles pourraient entraîner un véritable tsunami. J'en appelle aux responsables politiques". Plusieurs d'entre eux avaient justement fait le déplacement. "Il faudra se montrer unis", a réagi Ambroise Guellec, président du comité de bassin Loire-Bretagne mais aussi député européen.
Les questions environnementales ont été plus développées que le problème de l'OMC. "Je voudrais qu'on ait conscience que la surcharge réglementaire pourrait tuer l'agriculture", avait prévenu Jean Salmon. Bertrand Guizard, représentant la préfecture de région, n'est pas revenu sur l'avenir réservé à la norme phosphore. Il a en revanche félicité les producteurs pour tous les efforts réalisés jusqu'à présents. 198 élevages costarmoricains traitent désormais leur lisier, ce qui représente 800 000 m3 de lisier traité par an et 16 000 ha d'épandage en moins.
Enfin, l'aménagement du sentier, montrant l'intégration de l'élevage dans son environnement, a été particulièrement apprécié des élus, qui ont même bénéficié d'une petite randonnée.
Anne-Laure Lussou
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