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Le ton est monté d'un cran, dans les rangs des producteurs laitiers, la semaine dernière. Répondant à l'appel de la FNPL (relayé par la FDSEA et les JA du département), 500 à 600 producteurs ont bloqué les départs de camions de huit laiteries du département, le jeudi 1er. Toute la journée, les producteurs ont maintenu le blocus, afin de "faire comprendre aux transformateurs laitiers que leur intérêt n'est pas de pressurer les producteurs".
"Les entreprises ont poussé le bouchon un peu loin", résume Marcel Denieul, président de la section Lait de la FDSEA 35 et de la FRSEA Bretagne-Pays de la Loire, rappelant l'ampleur de la baisse du prix du lait sur les paies de juillet : entre 5 et 12 euros par 1000 litres, tandis que l'accord du 30 mai prévoyait une baisse limitée à 3,53 euros les 1000 litres et 6,03 pour les entreprises très impliquées par le production de beurre et poudre. "Alors que la conjoncture est plutôt favorable, les industriels baissent les prix sans tenir compte de la réalité du marché, poursuit Marcel Denieul. Ce sont des pratiques difficilement compréhensibles pour les producteurs."
Colère et incompréhension
En témoigne la présence, en nombre, de producteurs venus de tout le département pour manifester leur colère. "On a bien d'autre chose à faire aujourd'hui que de venir devant la laiterie durant des heures", explique un manifestant, devant la laiterie Coralis-Agrilait de Cesson-Sévigné. Mais les baisses de prix imposées par les industriels semblent laisser peu d'autre choix.
"Depuis un an et demi, la filière est en crise. Chaque accord obtenu est à peine appliqué qu'il est remis en cause. Il est grand temps de trouver une solution pérenne", insiste Marcel Denieul. Les demandes de la profession sont au nombre de deux : ils appellent tout d'abord à un retour à la table des négociations de tous les intéressés,( à l’heure du bouclage de notre journal, une réunion était en cours à Rennes) afin d'aboutir à une ligne directrice sur le paiement du lait, à long terme cette fois. Enfin, "il y a une vraie nécessité de réfléchir à une réorganisation de la filière", poursuit Marcel Denieul.
D'ici là, la prochaine échéance concerne la paie du mois d'août. Quelle surprise réservera-t-elle ? "Maintenant les laiteries attendent de voir quelle baisse pratiquera sa voisine avant de payer ses propres producteurs, ça devient n'importe quoi…" déplore Marcel Denieul.
Anne-Laure Lussou
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