|
La septoriose
doit être la cible prioritaire quel que soit le stade de traitement. Elle
est présente tous les ans et sa nuisibilité est élevée. Les autres
maladies du pied (piétin verse) et du feuillage (oïdium) sont secondaires,
et peuvent être raisonnées au cas par cas. La rouille brune peut également
apparaître à l’épiaison sur les variétés sensibles. Mais une lutte
spécifique est rarement nécessaire car les fongicides utilisés contre la
septoriose combattent efficacement cette maladie. Enfin, les traitements
de la fusariose de l’épi sont à raisonner en fonction du risque (pluie à
la floraison, variété sensible, travail simplifié, précédent maïs…).
Coûts des fongicides et variétés
L’approche économique, intégrée dans les essais depuis plusieurs années, a
permis de préciser l’investissement fongicide nécessaire en fonction de la
sensibilité de la variété aux maladies.
Les résultats démontrent que pour les variétés sensibles aux maladies et à
la septoriose en particulier, l’investissement se situent entre 550 et 700
francs. Dans cette plage, il n’y a pas de différence de gain net (produit
brut - coût fongicide). Cette catégorie comprend les principales variétés
cultivées en Bretagne : Altria, Soissons, Tremie, Ritmo, Domino, Hyno-
Seha, Dinghy…
Pour les variétés peu sensibles (Oratorio, Hyno-Santa, Cézanne, Cardos,
Virtuose), le coût peut être plus limité, et l’investissement pourra alors
se situer entre 340 et 600 francs. Ces variétés permettent plus de
souplesse dans la protection au niveau du positionnement et du dosage.
Ainsi, un défaut de conduite aura moins de conséquences que sur variétés
sensibles. Les variétés comme Sponsor, Mercury, Apache ont un comportement
intermédiaire entre ces 2 catégories.
2 ou 3 traitements
L’objectif est de protéger les deux dernières feuilles et l’épi qui
contribuent le plus au rendement. A même dose totale de produit fongicide,
les programmes à 2 ou 3 traitements sont équivalents. Toutefois, la
démultiplication des traitements diminue la variabilité des résultats. De
plus, une stratégie à 3 traitements donne plus de souplesse dans le
positionnement notamment lorsque l’on veut prendre en compte le piétin
verse et la fusariose. Le passage à 3 traitements est dans la plupart des
cas nécessaire pour avoir une protection efficace contre la fusariose.
Une avancée liée aux strobilurines
La mise sur le marché des stobilurines est une avancée technique qui
permet de dégager une meilleure marge à l’hectare. L’approche économique
démontre que leur utilisation permet d’obtenir des gains nets de 2 à 6
q/ha, par rapport à la seule utilisation des triazoles (gain net = gain
brut – coût des produits). Il est donc profitable d’introduire 0.75 à 1l
de strobilurine dans ses traitements, sans dépasser une dose totale de
1.5l lorsque 2 strobilurines sont appliquées.
Les strobilurines présentes sur le marché sont :
- Ogam : en T1 ou T2
- Amistar, Amistar Pro : en T2 et à associer. (ils peuvent s’utiliser
seuls à demi dose en T2, dans un programme à 3 traitements).
Signalons la très récente homologation d’un nouvelle strobilurine : la
trifloxystrobine. Elle sera commercialisée par la société Bayer selon 3
déclinaisons :
- Twist (2l/ha) : trifloxystrobine (125g/l). Assez comparable à l’Amistar.
- Rombus (1l/ha) : trifloxystrobine (125g/l) + Propiconazole (125g/l) Une
nouvelle référence sur orge.
- Sphere (1l/ha) : trifloxystrobine (125g/l) + Cyproconazole (80g/l). Un
comportement proche de l’Ogam, en particulier sur septoriose. En revanche,
son efficacité est plus faible que l’Ogam sur oïdium.
|