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Marché du porc : Confusion autour de la fixation du prix au cadran
 
Détestable, c’est sans doute le qualificatif le mieux adapté à l’ambiance qui règne aujourd’hui entre l’amont et l’aval de la filière porcine autour de la fixation du prix. Certes la tension était perceptible depuis plusieurs mois au MPB, mais ces derniers jours, les événements ont fait monter la tension d’un cran.
Explication : jeudi 1er septembre, lors des discussions d’avant cotation au MPB, les acheteurs ont demandé une baisse de 6,5 centimes, aux motifs que le commerce était difficile, les promotions moins porteuses qu’escomptées; prévoyant en outre une baisse des autres marchés européens, notamment l’Allemagne. Surprise des groupements vendeurs qui estimaient la demande exagérée et prématurée. Après une longue discussion, qualifiée de sereine par le président du MPB, Jean–Jacques Riou, d’un commun accord, vendeurs et acheteurs ont décidé de reporter le marché au vendredi 2 septembre, après-midi, pour mieux évaluer la tendance sur les autres marchés européens.
En fait vendredi, point de marché. Le SNCP (Syndicat national du commerce du porc) a convaincu ses adhérents de ne pas se présenter à la cotation prévue vendredi. Tous les acheteurs ont fait bloc, reniant leur engagement de la veille. Ils ont même pris la décision de fixer un prix de 1,18 euro ( en baisse de 5,2 centimes) pour les porcs achetés en direct le vendredi 2 et le lundi 5 septembre.
Un mauvais coup
Lundi, alors qu’il était constaté que les autres marchés européens avaient réajusté leurs prix à la baisse, les vendeurs devaient se rendre à l’évidence. Mais pour plus de clarté, ils demandaient le déroulement du marché en deux temps, une cotation des 57 647 porcs non commercialisés le jeudi précédent sur la base d’un prix de retrait à – 6,5 centimes et les 15835 porcs du lundi selon les règles du marché à –1,5 centime maxi. Là encore, opposition ferme des acheteurs qui ont imposé une vente de tous les porcs avec un prix de retrait à – 7,2 centimes. La cotation s’est de fait achevée avec un prix en baisse de 6,8 centimes. De fait les porcs reportés, participant à la cotation officielle, se voient pénalisés.
Une attitude qui faisaient dire à certains observateurs que les acheteurs voulaient « faire boire aux vendeurs le calice jusqu’à la lie ». En tout cas, c’est un mauvais coup pour le MPB. « Une brèche inacceptable, car c’est la première fois depuis la mise en place du MPB que les abatteurs définissent seuls la cotation », tempête Jeff Trébaol, président de la section porcine de la FRSEA et vice-président de la FNP.
Il apparaît de plus en plus évident depuis la mise en sommeil de l’UBAP (Union bretonne des abattoirs de porcs) que le SNCP a pris le pouvoir et entend conduire le dialogue avec fermeté et sans concession. Une tentative de « mise au pas » que ne semble cependant pas prêt d’accepter le président du MPB Jean–Jacques Riou. « Jusqu’à présent le SNCP n’a prouvé son efficacité que pour faire des baisses et n’a jamais été capable de faire appliquer des hausses ». Discussions tendues en perspectives.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 16 Septembre 2005
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