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La viande bovine (à part le veau de boucherie) va bien. Le porc va mieux, même s'il reste de gros trous de trésorerie à boucher. La volaille va moins mal et les producteurs attendent une revalorisation des contrats pour faire face à l'augmentation des charges. Mais, pour cette rentrée, c'est le prix du lait qui devient le problème majeur.
La débandade des prix du lait
Les accords interprofessionnels pour la fixation du prix du lait (voir Paysan Breton de la semaine passée) n'ont pas été respectés par la plupart des transformateurs. Rappelons qu'ils prévoyaient une baisse de prix de 3,53 euros / 1 000 litres plus éventuellement 2,50 euros au titre de la flexibilité pour les entreprises faisant beaucoup de produits industriels.
En pratique, les baisses vont de 3,53 à 13,73 euros. Ce dernier chiffre est surtout vrai pour le Morbihan puisqu'il s'applique à plus de 50% de la collecte du département. On constate aussi des baisses de 12,33 et de 9,50. Des baisses qui, selon les responsables syndicaux, sont totalement injustifiées car déconnectées des réalités du marché.
Face à cette situation de débandade des prix, les syndicalistes souhaiteraient bien sûr que les transformateurs reviennent à la table des négociations avec de meilleures intentions, mais ils ne se font pas beaucoup d'illusions : "Les transformateurs veulent à tout prix récupérer l'aide directe laitière qui est versée aux producteurs".
Aussi, pour le syndicalisme, l'heure de la mobilisation a sonné. Le bureau de la FNPL devait se réunir mercredi dernier. Dans le Morbihan, la FDSEA va organiser des réunions cantonales pour expliquer la situation et motiver les troupes. L'objectif serait d'avoir une stratégie commune sur tout le Grand Ouest pour faire pression sur les entreprises de transformation.
Les producteurs se disent prêts à discuter avec les transformateurs de l'évolution de la filière, mais celle-ci ne doit pas se faire à leur seul détriment.
Satisfaction sur les installations classées
Un décret national du 10 août dernier est venu modifier les tailles d'élevage rentrant dans le cadre des installations classées.
Ainsi désormais en bovins, les étables de moins de 50 vaches sont soumises au règlement sanitaire départemental (au lieu de 40 auparavant). Celles de 50 à 100 (au lieu de 40 à 80 auparavant), sont soumises à déclaration. Et, il faut maintenant plus de 100 vaches (au lieu de 80) pour passer sous le régime de l'autorisation. En volaille également les seuils ont été revus à la hausse.
Ceci peut se traduire par des économies substantielles pour les éleveurs concernés. Ainsi par exemple, un éleveur non soumis à déclaration va économiser 1 500 euros et celui soumis à déclaration au lieu d'autorisation va économiser de l'ordre de 5 000 euros.
Cet assouplissement n'a évidemment pas été du goût de certaines organisations écologistes. La FDSEA rappelle qu'il ne s'agit pas là de laxisme, tout élevage qui augmente ses vaches restant soumis à l'autorisation de la CDOA. D'autre part, les responsables syndicaux rappellent que la qualité de l'eau est liée aux pratiques et non aux tailles d'élevage.
Par contre, le nouveau projet, dans le cadre de la Directive nitrate, pose un grave problème, en particulier au niveau du phosphore. Les syndicalistes espèrent une réponse plus favorable du Premier ministre, M. De Villepin, à l'occasion du Space : "C'est aux politiques de décider et non à la Préfète de Région".
Sécheresse dans l'est et le sud
La récolte de maïs a déjà démarré dans le sud-est du département. C'est dire si les zones est et sud du département sont à nouveau touchées par la sécheresse. Une expertise va dans les prochains jours être réalisée avec l'administration pour estimer s'il y a lieu ou non de faire profiter ces zones de la procédure "Calamités agricoles" pour laquelle une réunion est prévue au ministère le 8 septembre.
Par ailleurs, la FDSEA se déclare favorable au développement des réserves collinaires pour l'irrigation, rappelant au passage à certains que ces réserves ont le double avantage de limiter les inondations l'hiver et de ne pas puiser dans les nappes ou les rivières pour irriguer.
Très cher fuel
Les agriculteurs sont évidemment parmi les professions les plus touchées par la hausse des carburants. Pour cette raison, ils demandent un remboursement plus important de la TIPP.
Par ailleurs, ils sollicitent des aides pour le développement des bio-carburants, qu'il s'agisse de solutions industrielles (comme à Donges) ou de solutions semi-collectives (Cuma ...), telles qu'elles existent de plus en plus, y compris dans le Morbihan.
Jean Louis Le Rest
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