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Après la génétique, l'environnement paysager. Connue de longue date par les concours Prim'Holstein et la vente Kerdanne, l'exploitation laitière de Carole et Daniel Barré vient de se distinguer dans un tout autre registre : le concours "Fleurir la France". Pour sa deuxième participation à ce concours organisé sur l'ensemble du pays, cette exploitation de Langolen vient d'obtenir le premier prix départemental dans la catégorie "exploitations agricoles en activité". Une satisfaction pour ce couple qui a le souci de donner une image de propreté et de modernité de l'agriculture.
Indissociable de la qualité des produits
"Quand vous arrivez dans une entreprise, vous avez des espaces verts, des arbres. C'est une des premières images délivrées par l'entreprise. Une carte de visite en quelque sorte. En agriculture, c'est la même chose. L'impression de départ est importante", observe D. Barré en abordant ce sujet qu'est l'embellissement des exploitations agricoles.
Cet éleveur parle de cette évidence comme d'une exigence pour l'agriculture d'aujourd'hui, et encore plus de demain. "Des clients d'industries agroalimentaires demandent parfois à visiter des élevages. Jusqu'à présent, c'est organisé, les adresses sont soigneusement triées. Mais, qui dit que demain ces derniers ne feront pas un tirage au sort parmi les adhérents d'une coopérative, les agriculteurs-livreurs à une société privée ?" Dans un contexte de sécurité alimentaire exigée par le consommateur, pas question de dévoiler une exploitation crasseuse et «bordélique.» Quelles seraient en effet les réactions d'un distributeur découvrant, au détour d'une tournée d'élevages, du lait de qualité certes irréprochable sur le plan bactériologique mais stocké dans un tank gisant dans un capharnaüm de bric-à-brac.
Au-delà de l'image véhiculée à l'extérieur, l'environnement paysager d'une exploitation sert d'abord les personnes qui y vivent au quotidien. "C'est tellement plus agréable de vivre dans un bel environnement", s'accordent les éleveurs.
Tirer parti de l'existant
Pour autant, sur cette ferme de Langolen, point de fleurs à faire fumier comme on dit. "Nous avons essayé de tirer parti de l'existant notamment des grands arbres qui ont été préservés entre la maison et les bâtiments d'élevage", explique Carole qui a aussi profité des conseils avisés d'un pépiniériste. Ensuite, tout est question d'équilibre entre couleurs, volumes et espaces. "Je plante des fleurs annuelles pour donner des touches de couleur et relever certains parterres. Ce qui compte, c'est l'harmonie d'ensemble. En mettant trop de fleurs, on rompt parfois cet équilibre", note-t-elle.
Reste qu'un tel environnement se mérite. La première étape a consisté à redessiner et retravailler l'espace. "Notamment en habillant un talus, en bordant un parterre de grosses pierres". Pour ce travail, les exploitations agricoles ont la chance de pouvoir disposer d'un matériel à moindre coût. Il faut en profiter.
Puis, il y a les plantations. Cette partie-là, c'est Madame qui s'en charge. "Tout n'a pas été fait la première année. Chaque automne, on ajoute des plants, on en retire. Avec cette précaution de ne pas trop en mettre au risque d'être envahi par des végétaux qui prennent rapidement beaucoup de volume", commente Carole qui ne parle pas de corvée mais de plaisir. "C'est sûr que si l'on n'aime pas le jardinage, ça peut en devenir une". Mais il y a toujours moyen de réduire le travail par des astuces (copeaux) ou en comptant sur la nature (plantes couvrantes). La priorité étant d'abord d'être bien dans son environnement avant de créer une vitrine masquant un asservissement qui empêcherait de profiter sereinement de son cadre de vie…
Didier Le Du
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