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Après une année d'embellie relative, le Morbihan affiche la 3e plus mauvaise évolution annuelle après le département de l'Allier (- 42,2 1/4) et celui des Pyrénées-Orientales (-40,9 %). A elle seule, la filière avicole plombe le résultat de la ferme morbihannaise. La hausse des charges et du coût de l'alimentation affecte la plupart des exploitations, mais surtout les plus dépendantes pour l'alimentation animale et celles ayant des charges fixes élevées.
Au niveau national, le résultat par actif agricole enregistre en 2004 à nouveau une baisse de 1,6 % (-1,l % en 2003). La Bretagne affiche un recul de 18 % : - 8,1 % dans le Finistère,
- 11, 1 % en Ille-et-Vilaine, -23,8 % dans les Côtes d'Armor et -35,6 % dans le Morbihan.
La valeur de la production départementale baisse de 1,4 % en 2004. La ferme morbihannaise réduit sa production de 22 M d'euros après une perte de 8 M d'euros en 2003.
Passée la sécheresse de 2003, l'année 2004 retrouve une climatologie «normale». Le cœur de l'été est frais et arrosé, le dernier trimestre plus clément et plus sec. La production fourragère est bonne en quantité et en qualité. Elle permet de reconstituer le stock de précaution. Les céréales retrouvent leur niveau de production de 2002. La confrontation avec des récoltes abondantes sur les marchés nationaux et internationaux oriente les prix à la baisse en fin d'année. La production légumière retrouve son niveau antérieur avec une progression de 8 M d'euros, et cela malgré la baisse générale du niveau des prix. Au final, l'ensemble de la production végétale s'élève à 350 M d'euros, soit + 2,5 % sur un an.
De meilleures conditions pour les éleveurs...
Le prix moyen du porc sur l'année atteint 1,13 euros le kg à Plérin où l'indice des prix des porcins progresse de 9,8 % sur 12 mois. Malgré une légère baisse de volume produit, les résultats sont meilleurs qu'en 2002 et permettent un gain de 14 M d'euros en porcins sur un an ( +5,8 % entre 2003 et 2004).
La réduction du cheptel bovin se confirme. Heureusement, les prix sont soutenus tout au long de l'année. Ils maintiennent ou améliorent les comptes des éleveurs bovins, surtout ceux spécialisés dans l'élevage des veaux.
La production laitière s'est stabilisée en volume en dessous du quota départemental. La baisse de la rémunération par le marché a été entièrement compensée par l'aide directe laitière.
... sauf pour les aviculteurs de chair et de ponte
Les aviculteurs sont certainement les plus affectés par la conjoncture. Après la reconstitution onéreuse du cheptel de poules pondeuses, l'effondrement du prix des œufs touche les éleveurs de plein fouet. La baisse du cours moyen de 29 % se traduit par une perte de 13 M d'euros par rapport à 2003 qui avait vu, il est vrai, le prix de l'œuf flamber dans un marché où la concurrence a aussi réduit sa production. Chez les éleveurs de volailles de chair, les vides d'élevage se confirment pour les dindes et s'amplifient même durablement pour les poulets. Au final, les produits avicoles perdent globalement 50 M d'euros en 2004, soit moins 13,5 % sur un an.
Finalement, la production totale (au prix de base de 2000) est évaluée à 1543 M d'euros. Les productions animales en constituent l'essentiel: 26,8% de bovins (dont 20,5% pour les seuls produits laitiers), 21,1% de produits avicoles et 16,9% de porcins, soit un total de 70,3% de la production départementale agricole.
Les productions végétales représentent 22,7% de la production morbihannaise, dont 8J % de COP, 4,4 % de légumes et 8,6 % de fourrages.
Un résultat agricole annuel de 10 840 E par actif
Pour parvenir à ce niveau de production, les consommations intermédiaires progressent. L'envolée des prix compense largement la réduction des intrants. L'augmentation de la charge est de l'ordre de 50 M d'euros. La valeur ajoutée brute perd 17,3 % entre 2003 et 2004.
Le résultat agricole annuel est souvent mesuré par actif, salarié ou non, c'est à dire par UTA (Unité de travail). Il se situe provisoirement à 10 840 euros en 2004 contre 16 560 euros en 2003 et 14 460 euros en 2002.
Avec la disparition d'exploitations et le retrait des exploitants enregistrés chaque année, la baisse du résultat par actif est légèrement atténuée. La consommation de capital fixe, évaluée par le comptable à la hausse, ne correspond en fait à aucune dépense effective et encore moins supplémentaire. Elle enregistre la vétusté du matériel qu'il faudra bien remplacer un jour pour maintenir l'outil de travail en état de fonctionner. Cette évolution ne reflète donc pas nécessairement la perception que l'on a sur le terrain. Les revenus distribués aux salariés constituent une charge un peu plus importante cette année en raison de la hausse des bas salaires, tandis que les intérêts et fermages sont stables. La baisse du revenu agricole se répercute essentiellement sur le revenu de l'exploitant qui ne dégage pas en 2004 de moyens propres à investir.
Le revenu net d'entreprise agricole par actif non salarié est le revenu net d'entreprise agricole rapporté au nombre d'actifs non salariés en équivalent temps plein (UTANS). Il atteint seulement 3 060 euros par UTANS en 2004 contre 10 520 euros l'an passé. La reconstitution des stocks n'est pas prise en compte dans ce calcul.
L'adaptation est permanente
L'année 2004 survient après une année de sécheresse. La valorisation de la production végétale retrouve un niveau satisfaisant malgré la baisse relative des prix. Le niveau des subventions n'a pas changé sauf si on inclut la compensation laitière (14,5 M d'euros ) versée en une seule fois au profit de 4 232 livreurs de lait ayant des quotas en 2004.
La désaffection de bâtiments avicoles se poursuit en 2004 dans le cadre du plan de cessation. Mais on repère aussi de nombreuses cessations non aidées et des vides d'élevage prolongés. La contraction des mises en place concerne surtout les poulets et les pintades en 2004. La reconstitution du cheptel de poules pondeuses s'effectue dans l'euphorie de la hausse du prix de l'œuf en 2003. La surproduction contribue au maintien d'un très bas prix de l'œuf tout au long de l'année. Le cours du porc demeure plus élevé que l'année précédente sans affecter profondément le niveau de production.
La concurrence des nouveaux pays de la communauté européenne élargie à 25 s'exerce fortement sur le marché national des céréales et ponctuellement sur le marché du travail saisonnier. La perspective de la mise en place des DPU mobilise la profession sur les contraintes environnementales de la conditionnalité. Non sans interrogations sur leur financement dans la durée et la pérennité des aides.
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