|
Apprendre le métier d'agricultrice à 32 ans, pour s'installer avec son mari, alors qu'on n'a jamais travaillé dans le milieu et qu'on a deux jeunes enfants, ce n'est pas insurmontable. Mireille Danion en est la preuve vivante. Après avoir exercé dans le commerce et la grande distribution, Mireille a décidé de se lancer dans l'aventure. Première étape : la formation.
"Lorsque j'ai commencé à me renseigner sur ce qui existait, je comptais m'orienter vers une formation en continu, raconte-t-elle. Puis j'ai pris connaissance du brevet professionnel "à temps partagé", dispensé par la Chambre d'Agriculture à Kerguéhennec, près de Locminé. Cette solution convenait mieux à notre vie de famille, avec nos deux enfants en bas âge. Je me voyais mal tout mener de front." C'est justement l'atout de la formation "à temps partagé" : deux jours de formation par semaine, cela permet de concilier vie professionnelle et vie familiale.
Retour sur les bancs de l'école
Huit ans après avoir obtenu un BTS en commerce, Mireille, alors en congé parental, retourne sur les bancs de l'école avec 17 autres candidates au diplôme. "Comme j'aime bien les études, le démarrage n'a pas été trop difficile. Et surtout, la formation est vraiment très appliquée."
Cours de biologie, vaches laitières, compta, gestion, ou encore juridique se sont donc enchaînés tout naturellement. "Le rythme nous laissait le temps de bien assimiler les choses, d'une semaine à l'autre." C'était aussi l'occasion de comparer avec ce qui se faisait chez soi. Denis, le mari de Mireille, a été sollicité durant les deux années de formation… "Très souvent, il fallait se baser sur le cas de l'exploitation, confirme Mireille. Lorsqu'il a fallu prévoir son projet, j'ai étudié le rachat de parts d'exploitation de mes beaux-parents." Autrement dit, une préparation au projet grandeur réelle qui se réalisera en 2007…
Un projet confirmé
Car pour Mireille, la formation a permis de confirmer son souhait d'installation, au sein de l'exploitation laitière de son mari, actuellement en Gaec avec ses parents à Arzal. "En 2007, je prendrai la suite de ses parents, qui partiront en retraite. Denis n'est pas vraiment axé salariat. De mon côté, j'ai pu me rendre compte, au cours des deux ans, que je me plaisais à travailler sur l'exploitation."
Le diplôme tout juste en poche, Mireille a repris son emploi en grande surface. Elle s'occupe de la traite un week-end sur deux, pour "ne pas perdre la main". Ses inquiétudes sur l'avenir? L'évolution du contexte agricole et le maintien de temps libre, lorsqu'elle sera installée. "On s'arrangera bien", sourit Mireille, qui n'exclut pas des projets de développement de l'exploitation liés au tourisme, une fois que les choses seront bien calées. C'est comme si la formation lui avait donné des ailes…
L’AVIS DE
Pascale Guillermic, conseillère-animatrice à la Chambre d'agriculture du Morbihan,
"Un système
spécialement adapté"
"Le brevet professionnel agricultrice a été créé en 1986 à l'initiative de l'union des GVA. Cette année, sa domination est devenue "brevet professionnel à temps partagé". Ce système est spécialement adapté aux femmes qui veulent suivre une formation tout en conciliant leur vie familiale et professionnelle.
Depuis 1986, 236 femmes ont suivi la formation et obtenu le diplôme. Certaines étaient en congé parental, d'autres travaillaient sur l'exploitation, ou en dehors. La formation est également ouverte aux hommes qui souhaitent suivre ce rythme. Enfin, tous les stagiaires ne comptent pas forcément obtenir le diplôme. Certains choisissent de venir simplement pour acquérir une meilleure connaissance de la profession. Il est aussi possible de ne suivre que certains modules."
REPERES
- Le brevet professionnel se décline différemment selon que l'on soit né avant 1971 (BPA obligatoire) ou après 1971 (BPREA obligatoire).
- 2 à 5 ans : c'est le temps dont disposent les candidats pour valider l'ensemble des modules nécessaires à l'obtention de leur diplôme.
- Combien coûte la formation ? En 2004-2005, elle coûtait 1238 euros pour deux ans pour le BPA, 1745 euros pour le BPREA, soit environ 10 euros par jour. Du nouveau, pour la période de septembre à décembre 2005 : ce coût sera ramené à 7 euros (repas compris) suite à un accord obtenu auprès du Vivéa. Le conseil régional et la Chambre d'Agriculture financent également une partie de la formation.
- Où se renseigner ? Pascale Guillermic (02 97 74 12 73) ou Alexandra Simon (02 97 46 73 12) à la Chambre d'Agriculture. Une réunion d'information est aussi prévue le vendredi 9 septembre.
Anne-Laure Lussou
|
|