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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°5327 |
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Finistère (29)
ed 29 : "Avenir lait 29" livre un autre regard sur l'élevage laitier
 
Livrer un autre regard sur les élevages laitiers. C'est ce que propose "Avenir lait 29", nouvel outil de diagnostic économique et technique de l'exploitation. Encore un service de plus, penseront certains. "Non", répond Alain Hindré, président de l'EDE, qui souligne la singularité d'Avenir lait 29. "Cette méthode doit favoriser une concertation entre les différents partenaires de l'élevage : Contrôle laitier, comptable, banquier, etc.". Autrement dit, ce service vise à offrir une analyse compète de la situation à partir de paramètres déjà existants mais trop rarement mis dans un pot commun pour une analyse globale.
Diagnostic et plan de travail ciblé
Elle est là la nouveauté de ce service qui veut sortir de l'examen saucissonné des critères d'exploitation. "Après diagnostic technico-économique par un expert reconnu et mise en avant des points forts et des points faibles, une table ronde entre les différents conseillers de l'éleveur – comptable, technicien, banquier – est animée par le conseiller spécialisé " «Avenir lait», commente Céline Favé, animatrice de ce service piloté par la Chambre d'agriculture. Et de poursuivre : "À l'issue de cette rencontre, un plan de travail ciblé sur 2 ou 3 actions est mis au point, avec un calendrier, des objectifs et des indicateurs pour le suivi".

Initiée par la Chambre d'agriculture dans un contexte de dégradation importante des résultats économiques des élevages laitiers (6 000 †/UTH), doublé d'une mise en œuvre de la nouvelle Pac, elle-même accompagnée d'une baisse prévisible du prix du lait, cette démarche a pour mission de prévenir les difficultés que pourraient connaître les exploitations laitières.
"Dans une exploitation, on a toujours intérêt à intervenir le plus tôt possible, y compris – surtout – quand il y a un investissement de prévu", insiste Jean-François Tréguer, vice-président de l'EDE et cheville ouvrière de ce projet. "Mais ce n'est pas un accompagnement d'agriculteurs en difficulté, ni un tribunal. C'est bien une démarche préventive qui vise à apporter des solutions pour améliorer les résultats et à s'approprier la gestion de son élevage", complète A. Hindré.
Le financement est une autre particularité de cet outil. Le prix du service de 600 † HT (2 visites et un travail de synthèse) est financé à 50 % par le Conseil général. Les 300 autres euros sont facturés à l'agriculteur qui sollicitera une aide de ses partenaires.


Françoise et Bruno Rannou ont testé

L'exploitation de Françoise et Bruno Rannou, à Briec, fait partie du groupe des 15 élevages laitiers qui ont testé "Avenir lait".
Bruno Rannou s'est installé en 1990, en Gaec avec ses beaux-parents. Au départ en retraite de ces derniers, en 1999, Françoise, son épouse, quitte son emploi chez un expert-comptable pour rejoindre l'exploitation familiale. Après plusieurs évolutions progressives, l'exploitation fait aujourd'hui 64 ha et est entièrement consacrée à l'activité laitière (304 148 litres). Une dizaine de bœufs, produits chaque année, valorise les prairies humides les plus éloignées.
Construction, en 1992, de bâtiments neufs de l'autre côté de la départementale qui traverse l'exploitation ; mise aux normes en 2001 (construction d'une fumière et d'une fosse). La fonctionnalité de l'outil est bonne, mais n'en sollicite pas moins une volonté de mise à plat de la part des éleveurs. "Après mon installation, nous avions été habitués au service "Défi lait", réservé aux jeunes agriculteurs", raconte Françoise. "Aujourd'hui, nous n'avons plus cette analyse globale de l'exploitation. Nous avons construit un outil depuis 15 ans, mais nous ne voyons pas très clair sur l'évolution du prix du lait". Autrement dit, l'outil aujourd'hui peut-il faire vivre le couple et permettre, dans un avenir à moyen terme, de financer les éventuelles études de leurs deux filles ?
Un côté rassurant du "regard extérieur"
Le diagnostic "Avenir lait" a mis en lumière les atouts de l'exploitation (installation fonctionnelle, aux normes environnementales, temps de travail), mais a aussi listé quelques points rouges : parcellaire éclaté, étable limitée en nombre de places, parcelles en périmètre B de captage d'eau.
La synthèse a conclu a la bonne efficacité du système de production. "Aujourd'hui, l'EBE dégagé permet de faire face aux engagements bancaires et satisfait les besoins de la famille. En 2008, les annuités vont diminuer. En mettant en place les marges de progrès et malgré une baisse du prix du lait, les 300 000 L pourront faire vivre la famille", notent les éleveurs qui parlent aussi du côté rassurant que peut apporter "ce regard extérieur".
Une amélioration reste possible sur les frais vétérinaires. "L'objectif est de les diviser par deux à l'horizon de deux ans", indique Bruno Rannou, soulignant des problèmes pulmonaires dus, entre autres, à la circulation de virus propagés par la départementale qui traverse la ferme. "Cela nous oblige à vacciner".


L’AVIS DE
Jean-Luc Fichet,
président de la commission économique du Conseil général
« Un outil
efficace »
Avenir lait" me paraît un bon levier pour repartir du bon pied et d'un bon soutien psychologique. Il fait partie de ce que le Conseil général considère comme un outil efficace en cette période de marasme qui touche l'agriculture. À l'avenir, cet outil pourrait être élargi à d'autres productions.
Ce service permet un décloisonnement entre structures. Autrement dit, jusqu'aujourd'hui, les indicateurs existaient, mais la vision globale manquait.
Le Conseil général a immédiatement adhéré à l'idée de participer au financement de cette action qui intervient très en amont d'éventuelles difficultés. Cette contribution s'inscrit au cœur de la mission économique et sociale du Département qui préfère les actions préventives aux soutiens quand survient la véritable difficulté.
Aujourd'hui, nous avons décidé une participation financière de 300 † par dossier. Notre souhait étant que la part de l'agriculteur soit la plus petite possible. C'est pourquoi nous comptons sur la participation des partenaires des agriculteurs.



D. Le Du




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Date de l'article : semaine du N° du 29 Juillet au 5 Août 2005
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