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Il a fait beau. Trop beau pour les cultures fourragères qui auraient apprécié une quantité raisonnable de pluie. En particulier le maïs. Mais, comme il ne sert à rien d’épiloguer sur la météo, le Contrôle laitier d’Ille-et-Vilaine propose d’anticiper pour limiter l’impact d’un éventuel manque de fourrage.
Premier réflexe : faire un état de lieux avec, d’une part les besoins du cheptel et d’autre part, les stocks disponibles. L’herbe ne pousse plus, on ne pourra espérer qu’une repousse plus ou moins importante à l’automne. En revanche, on peut compter sur les éventuels stocks d’ensilage de maïs 2004, l’ensilage d’herbe, le foin ou l’enrubannage réalisés au printemps. Voire l’ensilage de céréales immatures. Il faut aussi prendre en compte la paille disponible (abondante cette année) et les céréales qu’il est possible de stocker. Elles pourront enrichir les rations. Des dérobées (ray-grass, chou, colza…) peuvent s’envisager s’il pleut. Ensuite, s’il y a un réel déficit, il sera temps de penser à des achats de maïs sur pied (dans certaines zones) ou aux différents produits du commerce (déshydraté, pulpes, drèches…). À l’heure actuelle, une certaine vigilance s’impose.
Si les fourrages sont en quantité limitée, il convient d’éviter le gaspillage. Un exemple : les pertes au silo ont tendance à augmenter (moisissures…) du fait d’un tassement insuffisant à la confection du silo. Suivant l’état d’avancement de la production du quota, il peut s’avérer utile de réformer plus tôt certaines vaches (éventuellement sans les finir) ou d’anticiper la vente de jeunes bovins ou de bœufs. Attention cependant à bien gérer les éventuelles rallonges de quota.
Le maïs pour les vaches en lactation
Le troisième point sera de réserver les fourrages de qualité aux vaches en production. Si le stock de maïs ne peut couvrir que leurs besoins, elles seront prioritaires, les autres animaux pourront bénéficier de rations de substitution. Les rations sèches (paille ou foin + concentrés) donnent de bons résultats avec des génisses ou des jeunes bovins. Le Contrôle laitier dispose de plusieurs types de rations avec différents fourrages et également leur coût. À étudier en fonction de la situation de chacun.
Le maïs reste l’inconnue la plus forte à l’heure actuelle. Le tonnage de matière sèche sera probablement moins bon que l’année passée. La réduction sera plus sensible dans les zones sèches au regard du développement actuel. Une des caractéristiques reste l’hétérogénéité, y compris dans la même parcelle suivant le type de sol. Les niveaux de pluviométrie, très variables d’un point à l’autre, ont accentué les écarts.
Quant à la qualité, elle dépendra de la fécondation de l’épi. Et donc de la pluie qui va tomber dans les 10-15 jours, voire moins dans les zones les plus sèches. Une quantité suffisante permettrait d’obtenir un rapport tige/épi convenable. À ce niveau, rien n’est encore définitivement compromis.
Paul Chauvin
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