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C'est l'incompréhension et la colère qui dominent, dans les rangs des responsables professionnels agricoles du Morbihan, à l'issue de la réunion du comité de suivi du programme d'action nitrates. Lundi 18 à la préfecture de Vannes, les différents corps de métiers étaient conviés pour prendre connaissance du troisième programme d'actions directive nitrates, dont l'application est prévue dans deux mois si rien ne bouge. Jugeant le projet inacceptable, les professionnels agricoles ont quitté la réunion au bout d'une demi-heure afin de marquer leur profond désaccord. Le même scénario s'était déroulé la semaine dernière, dans le Finistère et les Côtes d'Armor, lors de réunion de comité de suivi.
Nombreux points de blocage
Le texte était attendu pour l'assouplissement qu'il prévoit en terme de restructuration. Mais pour le reste, c'est le blocage, vis-à-vis d'un texte qui promet un alourdissement de la réglementation. Le premier point de désaccord concerne la complexification des plans de fumure. "L'éleveur en arriverait à utiliser systématiquement un logiciel pour remplir son plan", explique Laurent Kerlir, président de la FDSEA.
Le deuxième différend porte sur l'introduction d'une norme phosphore de 100 kg par hectare, qui impliquerait l'utilisation d'engrais azoté minéral. "Quid du compost?" s'inquiète Laurent Kerlir. Yves Le Gourrierec, président de la Chambre d'agriculture, n'y va pas par quatre chemins : "Cette mesure tue la filière avicole." Le projet d'arrêté comprend également des mesures comme le bâchage des composts de volaille, jugées inutiles et dangereuses par la profession.
Les responsables professionnels sont d'autant plus mécontents qu'ils avaient déjà planché en amont, avec des scientifiques, sur la question du phosphore. Ils avaient proposé un plan d'action qui n'a pas été retenu. Idem pour l'amélioration de la qualité de l'eau : "Ces nouvelles contraintes arrivent alors que l'observatoire de la qualité des eaux indique une amélioration de la situation en Bretagne, poursuit Laurent Kerlir. Il faut laisser les mesures en cours faire leur chemin et reconnaître le travail déjà réalisé par les agriculteurs."
Position radicale
La contestation des professionnels est donc ferme et définitive. "Nous n'imaginons pas que ces textes ne soient pas modifiés, explique Yves Le Gourrierec. Nous attendons qu'ils soient repris avant toute parution et que nos remarques soient prises en compte."
La profession dénonce enfin l'empressement de la préfecture de région pour mettre en application ces mesures. Pour l'heure, une réunion commune aux quatre départements était prévue mardi 19 à Rennes, ainsi qu'un "comité eau et agriculture" mercredi 20, qui devrait étudier les positions des différents corps de métiers.
Anne-Laure Lussou
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