Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Une baisse de plus de 23 % du résultat agricole par actif
 
Le bilan de l'année 2004 se traduit par une somme de difficultés. Si les récoltes sont abondantes les prix chutent lourdement. Par contre, le secteur animal voit un maintien des prix mais le volume de production décline légèrement. L'œuf fait exception à cette tendance, après la très bonne année 2003 les cours ont plongé à partir du mois de mars. Avec une production de base de 2 184,97 millions d'euros, le département reste au deuxième rang national derrière la Marne et talonné par la Gironde. Cependant, notre département arrive à la soixante troisième position lorsqu'il s'agit de revenu par unité de travail annuel total (UTAT).

La valeur de la production baisse, les consommations intermédiaires progressent, ce qui amène une diminution du résultat agricole par unité de travail (UTAT) de 23,8 %. Seul le département du Morbihan constate une chute plus importante du revenu agricole, la moyenne bretonne est de - 18 %, celle nationale de - 1,6 %. L'évolution du revenu agricole costarmoricain de ces trois dernières apparaît amplifiée par rapport à celle régionale.
Une récolte abondante peu rémunératrice

Une production végétale importante, qui ne trouve pas des débouchés rémunérateurs. Cependant la valeur de la production céréalière augmente de + 6.6 %. Les aides à la production restent quasiment constantes. La baisse du secteur végétal est plus liée aux crises légumières. Les producteurs d'artichauts, de tomates et enfin de choux-fleurs ont tous éprouvé des réelles difficultés en 2004. La tomate a observé la plus forte baisse des prix (-38.6 %). Même si l'année 2003 avait été particulièrement favorable, les cours se sont très fortement dégradés à partir du second semestre. Après une pause de la progression des surfaces en serre en 2003, huit hectares supplémentaires ont été mis en production en 2004. Les artichauts camus ont connu les cours les plus faibles de ces six dernières années. Enfin les producteurs de choux-fleurs ont observé une diminution des prix d'un tiers.
L 'œuf en début de crise

A l'exception de la filière de l'œuf, les productions animales observent un bilan bien plus positif en matière de prix. Les difficultés de la filière ne font que commencer. En effet, si les prix étaient rémunérateurs lors des premiers mois 2004, ils sont à présent trop bas en 2005. Les mesures concernant la limitation de production définies par l’interprofession ne suffisent pas à enrayer les conséquences d’une surproduction européenne. La très bonne année 2003 a favorisé la relance de la production, la crise actuelle n'étonne pas les spécialistes. Ce type d'évolution semble classique : une très bonne année, suivie d'une relance de la production, puis une surproduction entraînant l'effondrement des cours. En volaille de chair, la production baisse de plus de 2 %, comme l'a démontré l'enquête avicole, avec une perte de surface de bâtiment de 20 % en quatre ans.
Les productions animales baissent

Le prix du porc progresse mais il reste en dessous du niveau espéré. Après avoir atteint un palier ces trois dernières années, la production baisse de près de 2 %. La valeur de la production progresse de 5,5 % par rapport à 2003 grâce aux prix. Cependant, la crise des années 2002-2003 ne doit pas être oubliée. Un tiers des 1 300 naisseurs demeurent encore dans une situation délicate (source CER).

Les prix des bovins apparaissent très intéressants. C'est surtout le cas des vaches de réforme laitières. Les cheptels sont de moins en moins nombreux, d'où un manque d'offre conduisant les cours à progresser.
La valeur de la production laitière baisse dans le département malgré un montant d'ADL de 14,5 M d’euros. La diminution du volume de production de 2.2 % est en premier lieu responsable. Dès 2004, à la fin de la campagne laitière, le département comptabilisait moins de 5 000 exploitations collectées.
Une progression du prix des aliments

Le montant des consommations intermédiaires a progressé de 3.4 % en 2004. Cette tendance est nettement imputable aux prix des aliments achetés. Les cours des céréales ont été particulièrement bas lors de la récolte 2004. Cependant le prix des aliments restait élevé jusqu'en juillet car il se basait sur la campagne céréalière précédente. Les montants des produits pétroliers, des engrais et des semences contribuent aussi à l'augmentation des consommations intermédiaires.

Claude Wilmes


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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 29 Juillet 2005
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