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Le conflit entre la direction de la Compagnie bretonne de l’artichaut à Plouénan, filiale de la Sica de St Pol de Léon, et une partie des salariés (une soixantaine d’adhérents Force ouvrière, en grève depuis près de 3 semaines) s’est achevé lundi par un accord. Il permet, outre la reprise de l’activité, la mise en place du plan de sauvegarde de l’emploi approuvé après négociation par le syndicat CFDT.
Pierre Bihan-Poudec, président, a expliqué les raisons économiques qui ont conduit à ce plan social « La compagnie spécialisée dans la surgélation des légumes, notamment choux-fleur, brocolis, fonds d’artichaut, a subi le choc de la concurrence des productions des Pays de l’Est et notamment de la Pologne. Des entreprises françaises ou belges n’ont pas hésité à y délocaliser leur production avec des usines en bout de champ et des coûts de main-d’œuvre nettement inférieurs aux nôtres ».
Concrètement son activité qui avait atteint dans les années 1998/2000 plus de 20 000 tonnes de produits finis est retombée entre 12 000 et 15 000 tonnes. Il constitue néanmoins un outil indispensable de gestion de la production de la zone légumière, permettant d’absorber à certains moments de la campagne les excédents de production qui ne trouvent pas place sur le marché du frais.
Rééquilibrer le comptes
Le plan de sauvegarde de l’emploi va se traduire par une sérieuse réduction du personnel, puisque l’entreprise qui employait 186 salariés ne comptera plus que 59 salariés permanents auxquels s’ajouteront 40 postes d’intermittents sur la base 900 heures de travail par an. 7 personnes se voient proposer un reclassement à la Sica de St Pol, 7 à 8 personnes retrouvent un emploi dans le cadre de l’externalisation de certaines tâches (nettoyage, entretien), 27 personnes peuvent faire valoir leurs droits à la retraite. Il reste en fait environ 45 personnes pour lesquelles une solution identifiée n’a pas encore été repérée. Une cellule de reclassement a été mise en place.
Patrick Le Floc’h, le directeur de CBA souligne que cette cellule a à sa disposition 140 offres d’emplois dans des métiers divers de l’agroalimentaire, des services, du commerce ou de l’artisanat. Reste à mettre ces emplois en adéquation avec les personnes concernées. Par ailleurs, les personnes licenciées sont dispensées d’effectuer leurs deux mois de préavis. Ils percevront en outre, au-delà des indemnités conventionnelles l’équivalent de 3 mois de salaires.
A noter que dans le cadre de l’accord de fin de conflit, chaque gréviste percevra une indemnité de 1200 euros. Par contre les jours de grève ne seront pas payés, mais récupérés sur les congés. Un accord par ailleurs conditionné à l’adhésion du syndicat au protocole de modulation du temps de travail et à l’engagement que le plan de sauvegarde de l’emploi ne fera pas l’objet d’attaque devant les tribunaux.
Cet accord permet aussi d’éviter le dépôt de bilan. Il reste désormais à l’entreprise à retrouver son équilibre économique. C’est ce à quoi vont s’employer les dirigeants. « Pour le moment, l’objectif n’est surtout pas la chasse aux volumes, il nous faut d’abord rééquilibrer notre compte d’exploitation, sécuriser nos courants commerciaux », conclut Patrick Le Floc’h.
Pierre Dénès
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