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Pour une des premières fois de son histoire, le chiffre d'affaires du Sérémor a légèrement fléchi l'an dernier. Sans doute seulement un petit accident de parcours si l'on en juge par la nette reprise pour l'année en cours. Malgré cela, le résultat net comptable est resté légèrement positif mais avec un prix de revient de journée qui a augmenté assez sensiblement (5,6%).
Plus de 17 000 journées
Depuis pratiquement 6 ans, le nombre de journées de remplacement réalisées est relativement stable et fluctue de 17 à 19 000 par an. En 2004, ce sont 17530 journées qui ont été réalisées contre 18 400 l'année précédente.
Pourtant, le Sérémor a répondu totalement à sa vocation première puisque le nombre de journées pour accident-maladie a plutôt augmenté avec 9578, soit largement plus de la moitié de l'activité totale.
La plus grande part de la baisse d'activité provient en fait du remplacement sensiblement moindre pour maternité et paternité (4892 journées contre 5606). Une donnée que le Sérémor ne maîtrise évidemment pas et qui traduit sans doute aussi les effets de la diminution des femmes en agriculture.
Le remplacement pour vacances a été relativement stable (1 360 journées) mais se situe à un niveau plus de deux fois plus faible qu'il n'a été à la fin des années 90. C'est aussi le cas de l'aide complémentaire avec seulement 840 journées. Ces deux points sont très certainement à relier aux difficultés économiques que connaissent les agriculteurs dans pratiquement toutes les productions.
Globalement le remplacement pour accident-maladie et pour maternité-paternité représente 83% de l'activité, ce qui correspond parfaitement à la mission essentielle d'un service de remplacement.
Le rapport sinistres à cotisations pour l'assurance collective (accident-maladie) tend toutefois à se dégrader avec plus de 90%.
Un nombre d'adhérents stable
Depuis 5 ans, le nombre d'adhérents (assurés) au Sérémor est relativement stable, même si la tendance est plutôt à la progression. En 2004 il y avait 2415 assurés pour 1 887 exploitations.
Une stabilisation des assurés est déjà un bon résultat quand on sait que le nombre d'agriculteurs diminue de 3 à 4% par an dans le département. Ce maintien est lié à un effort important de prospection. Il reste encore à progresser puisque le nombre d'exploitations "professionnelles" du département est de l'ordre de 6 000.
Cette situation ne satisfait pas les responsables du Sérémor qui ont décidé d'inciter financièrement l'adhésion des jeunes agriculteurs. Ceux-ci bénéficieront pendant 3 ans d'une réduction d'un tiers de leur cotisation. Ils espèrent également une meilleure information des jeunes agriculteurs, en particulier au cours des stages de préparation à l'installation. Il est au moins aussi important d'assurer les personnes que le matériel !
Diminution du nombre de salariés
La légère diminution d'activité a bien sûr eu des répercussions sur le nombre de salariés, passant de 116 (équivalent temps plein) à 104 en 2004.
On sait que le remplacement est un excellent tremplin pour l'installation et la plupart des salariés qui quittent la structure s'installent effectivement ou deviennent salariés d'exploitation. Mais on sait aussi la difficulté d'installation actuellement et de ce fait l'ancienneté du personnel tend à augmenter, même si elle reste encore très limitée puisque les salariés en production porcine ont une ancienneté moyenne de 2 ans et 8 mois et en production laitière de 2 ans et 4 mois.
Ces salariés qualifiés ne sont pas toujours faciles à trouver. C'est pour cela que le Sérémor forme une partie de ses futurs salariés par alternance. Cette formation ne se fait pas qu'au départ et tout au long de leur carrière dans l'entreprise, le service de remplacement leur assure une formation pour qu'ils puissent s'adapter aux mutations et avoir des compétences reconnues par les adhérents qu'ils remplacent.
Jean Louis Le Rest
Un groupement départemental d'employeurs
Le Sérémor, en tant que service de remplacement, joue d'abord un rôle social en assurant le remplacement lors d'accident, maladie ou maternité-paternité. Il ne peut intervenir que très ponctuellement pour de l'aide complémentaire.
C'est pour résoudre les problèmes de besoin permanent de main-d'oeuvre, mais à temps partiel, sur les exploitations que les organisations agricoles ont donné un petit frère au Sérémor en créant "Solutis Emploi" qui est un groupement d'employeurs départemental. Son but est d'apporter des solutions aux agriculteurs en se partageant un salarié (voir par ailleurs). C'est dans ce cas un rôle économique.
Les président et directeur seront ceux du Sérémor et les taches administratives seront également assurées (au moins dans un premier temps) par les salariés du Sérémor. Cela permettra des synergies importantes entre les deux structures. C'est aussi ce qu'a confirmé le président de la Charente (qui est aussi président des deux), Christophe Hervy, lors de son témoignage à l'assemblée générale du Sérémor. Créé en 2003, le groupement d'employeurs départemental emploie déjà 50% de plus de salariés que le service de remplacement du département.
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