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Fini l'essor de l'aviculture intensive observé dans la période 1978-1993. "Depuis l'an 2000, il n'a été construit que 39 poulaillers, alors qu'il s'en construisait de 50 à 80 par an au plus fort des années 79-82 et 87-93", observe Yvon Manac'h, technicien agricole au service statistique de l'agriculture (Agreste). Et de commenter : "Le Finistère possède désormais un parc relativement ancien puisque 90 % des poulaillers ont plus de 10 ans d'âge et que plus de 40 % ont plus de 20 ans d'âge. Parmi les poulaillers construits avant 1993, environ 60 % ont cependant fait l'objet de rénovations".
Beaucoup moins d'aviculteurs
Ces chiffres émanent d'une enquête avicole effectuée sur toute la France par les services de la statistique agricole. Sur le Finistère, 900 aviculteurs répondant aux critères de seuil du recensement agricole 2000 ont été ciblés (1). "À la fin 2004, 775 avaient encore une activité", indique Didier Lefèbvre, chef du service statistique 29, rappelant qu'aucune étude de cette envergure n'avait été menée depuis 1993.
Principale information de cette enquête : la baisse de 20 % des surfaces avicoles a entraîné avec elle une chute encore plus importante du nombre d'aviculteurs (- 28 %). "Ce sont les producteurs les plus âgés qui ont le plus diminué", poursuit le statisticien, relevant que l'on retrouve beaucoup de pluriactivité dans ce métier (presque le tiers). À l'opposé, on recense aussi des élevages fortement spécialisés qui vivent à plus de 90 % de la volaille de chair. "45 % des éleveurs spécialisés disposent de 63 % des superficies des bâtiments". L'exploitation agricole moyenne en aviculture de chair se caractérisant par 2,2 bâtiments pour 2 300 m2 au total.
Des secteurs plus ou moins touchés
Le recul de l'aviculture n'a pas affecté uniformément le département. "Depuis plusieurs décennies, il existe un fort ancrage de l'aviculture dans le Poher et la région de Châteaulin. Cette concentration se vérifie encore de nos jours avec 7 cantons qui globalisent plus de 40 % de la surface départementale. Il y a en revanche peu de bâtiments sur les pointes ouest du département ", note D. Lefèbvre, citant le cas du canton de Carhaix qui avec 98 000 m2, représente 8 % des surfaces mais qui a aussi perdu beaucoup ces 4 dernières années (- 39 000 m2).
Des cantons très avicoles comme Briec, Landivisiau, Saint-Thégonnec ont également beaucoup saigné depuis 2000. D'autres cantons avec une aviculture assez présente ont, par contre, été moins affectés : c'est le cas du Huelgoat et de Plouigneau qui, sur 66 000 m2, chacun, n'ont perdu que 6 % de leur superficie. À signaler encore la résistance de l'activité avicole sur les cantons du Faou (- 3 %) et de Rosporden (-1 %) qui se maintiennent bien avec une surface pourtant conséquente (43 000 m2 chacun).
Didier Le Du
(1) Enquête disponible sur demande au service statistiques de la DDAF : tel : 02.98.76.59.33 ou e.mail : sdsa.ddaf29@agriculture.gouv.fr
Peu d'élevages multi-espèces
Près de 500 éleveurs, soit la majorité, ne produisent qu'une espèce. Dans le département, les éleveurs de poulets sont les plus nombreux du fait de l'élevage orienté vers l'export.
Les élevages de dindes sont également bien représentés. En revanche, la production de pintades est en déclin depuis quelques années. Les autres productions de chair concernent les canards pour plus d'un million de têtes et plus confidentiellement les pigeons, les oies.
Quant à la production d'œufs, elle concerne 79 éleveurs produisant 1,15 milliard d'œufs, soit 22,3 % de la production régionale.
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