Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
L’Adasea doit retrouver rapidement un nouveau souffle
 
L’Adasea vit des heures difficiles, comme d’autres Adasea d’ailleurs. Le quasi-retour à l’équilibre financier en 2003 laissait entrevoir des jours meilleurs, mais en 2004 l’association rechute et enregistre un nouveau déficit de son compte d’exploitation de 37 639 euros. Elle voit ainsi fondre 50 % de ses capitaux propres. Le fonds de roulement ne représente plus que 28 jours de fonctionnement
Jean-Claude Briens, trésorier de l’Adasea, n’a évidemment pas manqué de mettre l’accent sur cette situation alarmante et demandé une réaction rapide pour faire face à ce déséquilibre de gestion. Précisant que la structure ne pourrait supporter, sauf à mettre en danger son existence, des résultats aussi mauvais.

La baisse de la mission de service public

Alain Houël, le président de l’Adasea, explique cette mauvaise passe. Diverses raisons sont invoquées : le recul sensible de l’activité de 17 % sur 2 ans. De fait les produits de l’exercice sont en chute de près de 100 000 euros. La baisse est notamment importante au niveau de la subvention du Cnasea, - 99 765 euros sur 2004/2003. (Sur 2003, une subvention exceptionnelle de 35 000 euros avait été accordée pour faire face à des licenciements suite à l’arrêt des CTE). Depuis 2001, la baisse des subventions Cnasea est de 126 000 euros. Les charges ont aussi nettement régressé, notamment au niveau du personnel, mais moins vite que les produits. C’est ce qui explique la situation délicate des comptes.
Marc Leroy, délégué régional, a justifié qu’effectivement la diminution des subventions accordées aux Adasea était liée à la baisse de l’activité de mission de service public, Les chiffres montrent que le département n’échappe pas à la règle. 148 installations en 2004, sans doute moins en 2005 (130 estimées) – bien loin des années fastes à plus de 250, 300 voire 400 installations ; la cacophonie sur les CTE supprimés spontanément en août 2003, et remplacés difficilement par les CAD ; la baisse de l’intérêt porté à certaines actions (seulement 42 PAM en 2004) ; la diminution des dotations pour d’autres, comme la préretraite sociale. Autant d’éléments qui font qu’effectivement l’activité traditionnelle baisse.
L’exercice 2005 s’annoncerait un peu meilleur. « À mi-parcours (fin juin), précise Alain Houël les objectifs sont atteints». Le budget met en évidence une augmentation forte des actions de prestations de services. (Plans d’épandages simplifiés, et Atlas à destination des JA). Le délégué régional souligne que des Adasea rattrapent la baisse des actions traditionnelles par des actions liées à la prestation de services, dans le domaine agricole et parfois au-delà. Avec aussi quelques limites, «car ces actions nous mettent automatiquement en concurrence avec d’autres organisations professionnelles agricoles », note le président.

La place des Adasea en question

En fait derrière ce débat, c’est l’existence et l’avenir des Adasea, qui sont en filigrane. Marc Leroy s’est montré plutôt rassurant. Elles auraient selon lui « un rôle à jouer dans le cadre des actions de développement rural, sans doute au-delà du seul domaine agricole en relation avec les collectivités territoriales, les Pays, les territoires ». En fait, pour le moment rien de très précis, Même s ‘il estime que « l’outil a encore toute sa légitimité, au moins pour les 10 ans à venir, pour faire face aux mutations que va devoir digérer le monde agricole et rural ». « Nous nous préparons à garder les Adasea », à t-il précisé. Encore faudra-il leur donner les moyens de fonctionner. Et sur le sujet, le délégué régional ne s’est pas montré très loquace.
Quant à l’avenir de l’Adasea costarmoricaine, si elle n’est pas menacée dans l’immédiat, l’adaptation paraît inéluctable. Deux pistes ont été évoquées par Marc Leroy : réduire la voilure, avec des conséquences obligatoirement néfastes pour l’emploi ; ou une évolution en augmentant le champ d’activité en concertation avec les autres partenaires agricoles, et les collectivités y compris dans des domaines plus éloignés de l’agriculture tout en restant dans le milieu rural. Là aussi, difficile d’ignorer les risques liés à ces marchés captifs et concurrentiels, dans la gestion du personnel.
Pour l’instant, alors que le président Alain Houël a annoncé qu’il mettrait un terme à ses fonctions en fin 2005, un audit commandé par le Cnasea est en cours. Des conclusions de cet audit devraient découler un certain nombre de décisions. L’avenir dépendra aussi de la volonté politique et de l’ambition que l’ensemble des partenaires agricoles affichera pour l’Adasea.
Pierre Dénès



Quelques chiffres clés de l’activité

Installations
- 148 installations (133 en 2003) : âge moyen 29 ans, 30 % de femmes, 28 % d’installations hors-cadre familial
- 63 % des installations en lait, 13 % en porc, 9 % en viande bovine
- 42 % en Gaec, 23 % en Earl, 30 % en individuel
- Coût moyen de l’installation 212 000 euros
- Les cantons qui ont installé le plus : La Chèze (8), Callac, Plouaret, Moncontour (7), Pléneuf, Matignon, Jugon,

Contrat agriculture durable (CAD)
- 40 CAD en 2004
- 29 en attente de signature dont 3 CAD territoriaux
- 57 dossiers en cours
- Montant moyen d’un CAD : 29 971 euros (89 % du budget est utilisé pour des actions agri-environnementales)

PAM
- 42 dossiers agréés en 2004
- Coût moyen : 249 300 euros

Préretraite sociale : 64 accords définitifs sur 85 décisions

Aide à la reconversion des agriculteurs en difficulté : 188 situations examinées aboutissant à 98 dossiers d’ARP, mais seulement 53 dossiers agréés (restrictions budgétaires)

Répertoire départemental à l’installation
- 53 exploitations inscrites au RDI
- 3 offres d’association
- 103 nouvelles candidatures à l’installation
- 200 mises en relation
- 21 installations réalisées par l’intermédiaire du RDI

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Juillet 2005
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