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La Fédération Morbihannaise de Défense contre les Ennemis des Cultures (Fémodec) est une association toute particulière. Elle a un personnel particulièrement restreint, mais plus de 1 000 bénévoles sans qui rien ne serait possible. Ces bénévoles, ce sont des piégeurs agréés qui consacrent une partie de leur temps au piégeage d'animaux nuisibles et cela dans l'intérêt collectif, des agriculteurs bien sûr mais aussi des particuliers et des collectivités. Le rôle essentiel de la Fémodec est de les former, de les motiver et d'organiser les actions collectives. Le budget (modeste avec moins de 100 000 euros)) est en bonne partie assuré par une aide du Conseil Général.
Près de 120 000 ragondins piégés en 10 ans
La lutte contre les ragondins (uniquement par piégeage dans le Morbihan) a été lancée en 1994 dans l'Est du département et a été progressivement étendue vers l'Ouest jusqu'en 1999. Depuis elle est réalisée sur tout le département, sauf une trentaine de communes qui ne veulent pas participer à l'effort collectif.
Depuis le départ, ce sont ainsi près de 120 000 ragondins qui ont été piégés dans des cages posées par les bénévoles. Compte tenu de leur vitesse de multiplication, ce sont ainsi plusieurs millions d'animaux qui n'ont pas vu le jour. Il n'est qu'à imaginer les dégâts que ces millions de ragondins auraient causé sur tout le territoire du département. La partie est du département reste la plus touchée, avec un "réapprovisionnement" des départements voisins, mais tous les secteurs sont infestés.
Si une intervention assez précoce a limité leur développement, la bataille est sans doute encore loin d'être gagnée. Pour preuve, la saison de piégeage intensif de 2004 / 2005 battra tous les records avec plus de 10 000 sur quelques mois, auxquels il faudra rajouter les captures du piégeage "d'entretien". Ce n'est pas un hasard puisque la campagne précédente avait été moins réussie.
Une campagne réussie est liée pour partie au nombre de piégeurs mais aussi à leur motivation, elle même en relation avec la reconnaissance de leur travail par les municipalités.
Des taupes aux phytosanitaires
Si les ragondins constituent l'activité principale de la Fémodec, celle-ci a bien d'autres activités très diverses.
C'est tout d'abord la lutte contre les taupes engagée depuis 1998, sous forme de lutte collective dans les communes. En 2004, 118 communes ont participé et cette année 120 se sont engagées dans la campagne de printemps. Pour réussir ces campagnes, la Fémodec organise régulièrement des actions de formation; plus de 1 000 personnes ont déjà participé.
Les étourneaux sont un réel problème dans certains départements (Côtes d'Armor et Finistère), mais moins dans le Morbihan qui ne compte que quelques petits dortoirs. Globalement la lutte a été efficace en Bretagne où l'on estimait à 20 millions la population d'étourneaux il y a 20 ans et à seulement 1 million actuellement.
Une autre action importante, réalisée par la Fédération régionale, est la collecte des produits phytosanitaires non utilisables (PPNU). En 2004, plus de 300 tonnes ont été collectées en Bretagne dont 70 en Morbihan. Mais, il en resterait encore dans les exploitations (et certaines collectivités) et une autre campagne de collecte (la dernière ?) devrait être menée en 2006.
Le piégeage de la corneille noire est efficace
La corneille noire s'est beaucoup développée en Bretagne ces dernières années, occasionnant par secteurs des dégâts importants dans les maïs, les pois et bien d'autres cultures. Une réflexion a été menée au niveau régional et a abouti à la mise en place d'expérimentation de piégeage collectif. Dans le Morbihan, l'action a porté sur 4 secteurs de 4 à 5 communes.
Pour cela la Fémodec a mis à la disposition de piégeurs des "cages à corvidés" (où l'on met une corneille vivante pour appeler les autres), ces cages passant d'un secteur à l'autre de fin mars à mi-juin. Au total, près de 2 000 corneilles ont ainsi été capturées, soit près de 6 par cage en moyenne.
Le résultat est estimé bon sur les couples de corneilles mais moins bon sur les jeunes qui auraient moins l'esprit "territoire". Cette expérimentation a permis aussi de définir certaines règes pour assurer un bon résultat.
Compte tenu des résultats obtenus cette année, l'opération pourrait être élargie l'an prochain à l'ensemble du département, pour peu que les moyens humains (piégeurs formés) et financiers (cages en particulier) soient réunis. Complément efficace d'autres méthodes de lutte, ce piégeage demandera cependant sans doute quelques années pour avoir un impact significatif.
Jean Louis Le Rest
Déclarer les dégâts en mairie
Pour que des "gibiers" puissent être classés en nuisibles par le Préfet du département (à partir d'une liste nationale), il faut pouvoir démontrer que les dégâts causés sont importants.
Il existe dans le département un observatoire Faune-Dégats, mais qu'il faut alimenter. Si les résultats de piégeages sont bien recensés, il n'en est pas de même pour les dégâts causés. Or, "pas de déclaration = pas de dégâts", donc pas de classement en nuisibles.
C'est en ce sens que la Fémodec insiste pour que toutes les personnes concernées par des dégâts (agriculteurs, particuliers) fassent des déclarations en mairies qui disposent d'imprimés pour cela.
Dans le Morbihan, sont actuellement classés nuisibles le sanglier, le renard, le ragondin, le rat musqué, le vison d'Amérique, la corneille, la pie et l'étourneau. Deux autres vont être prochainement proposés, à savoir la fouine et le pigeon ramier.
Clal-Saint-Yvi privilégie la proximité
Le groupe Clal-St-Yvi a tenu sa première assemblée générale après la fusion de 2004.
Fusion réussie". Ce sont les termes employés par les responsables du groupe Clal-St-Yvi pour qualifier le rapprochement opéré en 2004 entre la coopérative de Rosporden (Coop de St-Yvi) et la coopérative laitière de Lorient (Clal). Aujourd'hui, le nouveau groupe affiche un chiffre d'affaires de 141 millions d'euros et un résultat de 868 K†. "L'équivalent de la moitié du résultat a été reversé aux adhérents", indique Bruno Le Port, directeur général.
Aucune autre alliance ne se profile dans un avenir proche, commentent les dirigeants. "Ce n'est pas une priorité du groupe, mais nous ne sommes pas fermés", poursuit le directeur, déclarant que "la priorité, c'est d'aller chercher les produits qui seront consommés demain". D'où une politique recherche et développement soutenue qui se traduit, entre autres en lait, par une diminution de la fabrication de certains produits plus anciens (ex. : camembert) au profit de produits innovants (briques fromagères, galettes, etc.). Cette orientation s'accompagne d'investissements dans les outils industriels : extension de la fromagerie de Pont-Scorff, bâtiment de conditionnement…). Enfin, à signaler l'offensive commerciale du groupe à l'export (15 % des produits laitiers).
Une enquête des administrateurs
Au cœur des préoccupations du groupe figure l'intérêt de l'adhérent, insistent les gestionnaires. "Les administrateurs ont eux-mêmes enquêté auprès de 117 adhérents. Les agriculteurs ont apprécié cette démarche qui permet de bien exprimer les attentes", explique B. Le Port. Et de citer le premier enseignement de ce travail de terrain : "Les agriculteurs veulent de la proximité. Ils ont peur des grands ensembles".
Cette notion de proximité se retrouve dans la politique d'investissement de la coopérative. "Le groupe, c'est 23 magasins d'appro dont 21 points de collecte de céréales répartis sur le Sud et Centre-Finistère et sur l'Ouest du Morbihan ; 6 sites de stockage de céréales ; 5 séchoirs ; 1 entrepôt central comprenant une plate-forme phytosanitaires et semences ; 8 magasins grand public", énumère Jean-Claude Bideau, président. Cette présence sur le territoire sera confortée en 2005 par l'attribution vers l'activité agricole d'une part des 5 millions d'euros d'investissements programmés pour l'année.
D. Le Du
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